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Du blé plus robuste grâce au silicium ?

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Le silicium (Si) est présent dans les sols sous forme de SiO © Cédric Faimlali

Cet élément chimique semble présenter un intérêt pour lutter contre

«Le rôle du silicium (Si) en agriculture est encore un sujet mal connu, mais les résultats des recherches récentes sont prometteurs », estime Jean-Dominique Meunier, chercheur au Centre national de la recherche scientifque (CNRS). Il semble en effet que le Si jouerait un rôle dans la résistance des cultures à la sécheresse, comme le blé. « Une expérience en hydroponie (1) montre que le blé résiste mieux à un stress hydrique en présence de silicium, explique-t-il. Ces résultats sont en bon accord avec d’autres études qui mènent à la conclusion que le silicium aurait un effet bénéfique pour les plantes lorsque celles-ci sont en état de stress biotiques et abiotiques. » Dans un contexte où les sécheresses sont amenées à devenir plus fréquentes, le chercheur recommande de davantage prendre en compte cet élément chimique en France et en Europe : « Les recherches doivent se poursuivre, notamment pour mieux comprendre les mécanismes mis en jeu. »

Une hypothèse affirme qu’en cas de stress hydrique, le silicium empêcherait l’évaporation de l’eau. Par ailleurs, il jouerait un rôle dans le processus de défense des plantes face à une attaque biotique (de champignons, par exemple­). Une étude a montré que la piriculariose se développait moins sur les feuilles de riz dans un milieu riche en silicium.

Il est également nécessaire de mieux estimer les besoins des cultures. Il n’existe pas, pour l’heure, de courbe de réponse de rendement pour le blé, donc pas de seuil critique établi. Les études montrent que la grande majorité du silicium est absorbé par les plantes via les ra­cines. La possibilité d’absorption par la voie foliaire ne fait pas l’unanimité. Pourtant, différents produits contenant de la silice existent sur le marché (davantage utilisés en bio ou en biodynamie), avec des apports à réaliser au sol ou sur le feuillage. « On ne peut pas dire qu’apporter du silicium en surface n’a pas d’effet sur les plantes, car certains essais de pulvérisation le montrent, précise l’expert. En revanche, les mécanismes ne sont pour l’instant pas connus. »

Cartes de France

Des cartographies ont été réalisées pour mieux appréhender la disponi­bilité du silicium dans les sols français. Plusieurs zones sont identifiées comme pauvres en Si (la Cham­pagne), d’autres comme très riches (les Landes). Mais attention, le silicium n’est pas forcément disponible pour les plantes : dans les Landes, le sol est riche en quartz (SiO2), forme dans laquelle le silicium est « bloqué ». La carte qui rend compte du Si absor­bable par les plantes met en évidence, elle, des zones peu favorables, notamment en Normandie, Bretagne et Pays de la Loire.

Hélène Parisot

(1) Hors sol, expérience en laboratoire.

Concentration foliaire

Une fois pompé par les racines, le silicium présent dans le sol est ensuite transloqué dans les parties supérieures de la plante. « Avec l’évapotranspiration, il se concentre et précipite,sous forme de phytolithes, des particules de silice amorphes, explique Jean-Dominique Meunier. Sur le blé, le silicium est présent sur les feuilles, et préférentiellement sur les nervures. » Les trichomes (poils) en sont également riches.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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