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Des cochons génétiquement modifiés autorisés aux États-Unis

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Le porc GalSafe est la première biotechnologie animale à obtenir une autorisation à la fois à des fins médicales et pour l’alimentation. © A. Cardinaux

Les porcs GalSafe, transgéniques et hypoallergéniques, sont approuvés outre-Atlantique depuis décembre 2020.

«La toute première approbation d’une biotechnologie animale à la fois pour l’alimentation et comme source potentielle d’utilisation biomédicale représente une étape importante pour l’innovation scientifique », a commenté Stephen Hahn, le commissaire de la FDA (1), lors de l’annonce du feu vert pour les porcs GalSafe en décembre 2020. Ces animaux sont modifiés génétiquement pour ne pas produire le sucre alpha-gal dans leurs cellules.

Éviter un sucre indésirable

Car une allergie rare, mais violente, à la viande de porc s’est développée ces dernières années. Son apparition est presque toujours corrélée avec la morsure des personnes concernées par une tique. Des scientifiques ont émis l’hypothèse qu’un composé particulier contenu dans la salive de cette dernière puisse induire la production des anticorps anti-alpha-gal et donc provoquer l’allergie. La modification génétique devrait donc permettre aux patients souffrants de cette allergie de consommer ces cochons sans être malades. La société qui les produit a annoncé avoir l’intention de les vendre par correspondance, plutôt que dans les supermarchés.

Réussir les greffes

Deux autres applications potentielles de ces animaux ont trait au domaine médical. La première concerne l’héparine, un anticoagulant très employé à l’hôpital. Elle est quasi exclusivement produite à partir d’intestins de porcs. La deuxième concerne les xénogreffes, c’est-à-dire lorsque le donneur d’organe ou de tissus n’est pas humain. Ces greffes pourraient permettre de pallier le manque d’organes disponibles. Et le porc est l’un des meilleurs animaux donneurs d’organes pour l’humain, en raison notamment de sa disponibilité et de la taille de ses organes. Par ailleurs, il existe déjà des implantations de valvules porcines. Mais un problème de rejet des organes (le système immunitaire attaque l’organe qu’il ne reconnaît pas) persiste. Les sucres alpha-gal, présents dans les tissus des cochons, sont suspectés d’être la principale cause du rejet des xénogreffes. Leur suppression pourrait donc aider à leur réussite. Les développeurs qui souhaitent utiliser les porcs GalSafe à des fins thérapeutiques comme les greffes devront toutefois demander l’approbation de la FDA, car l’autorisation actuelle ne couvre pas cet aspect.

De nombreuses autres recherches sont en cours sur des porcs génétiquement modifiés. Celles-ci visent plutôt à accélérer leur croissance ou les rendre résistants à certains virus.

Léna Hespel

(1) Food and Drug Administration, autorité des denrées alimentaires et des médicaments des États-Unis.

Quatre espèces validées

Si les animaux OGM sont moins fréquents que les plantes ou les micro-organismes, quatre espèces ont déjà été validées par les autorités américaines. Trois ont reçu une approbation pour la production de médicaments : dès 2009 pour le lait de chèvre, puis pour les œufs de poule et le lait de lapin. Une seule avait reçu une validation pour l’alimentation : le célèbre – et controversé – saumon transgénique AquAdvantage, mis au point par AquaBounty, approuvé en 2015. En mai 2016, sa commercialisation a également été autorisée au Canada.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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