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De l’huile de palme synthétique

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Il n’est pas toujours possible de remplacer l’huile de palme par d’autres huiles (de colza par exemple) en termes de composition, mais aussi au niveau de la quantité produite pour une surface donnée. © J.- M. Nossant

En alternative à la production d’huile de palme, responsable de déforestation en Asie du Sud-Est, plusieurs start-up et équipes de recherche tentent d’en reproduire en laboratoire.

Biscuits, gâteaux, plats cuisinés… Elle se cache dans de nombreux produits de notre alimentation, mais également dans des produits ménagers comme le gel douche ou le maquillage. L’huile de palme représenterait une industrie mondiale de 61 Mds$.

Mais la consommation massive de cette huile, qui ne peut être cultivée que dans certaines régions du monde, est synonyme de destruction de la forêt tropicale. Si elle continue à être utilisée en grande quantité, c’est parce que les palmiers à huile sont très efficaces du point de vue de l’exploitation des terres : chacun donne 40 kg d’huile chaque année, et, ce, pendant vingt-cinq ans. De plus, l’huile de palme a d’autres avantages. Son point de fusion est exceptionnellement haut et elle présente des niveaux de saturation très élevés.

Produite par des levures

Depuis de nombreuses années, entreprises et scientifiques s’attellent à développer des alternatives plus durables. Parmi celles-ci, la production d’une huile similaire par des levures. Le projet de la start-up américaine C16 Biosciences fait partie des plus avancés. La société passe par un processus de fermentation, à l’instar de la culture de viande in vitro, pour faire produire à des levures génétiquement modifiées l’huile souhaitée. C16 Biosciences ne détaille pas son procédé de fabrication, ni les levures dont elle s’est servie.

Ce n’est pas le cas de Chris Chuck et de son équipe de l’université de Bath (Royaume-Uni), qui travaille depuis de nombreuses années sur le sujet. La levure Metschnikowia pulcherrima, historiquement connue pour son usage dans l’industrie du vin en Afrique du Sud, a été employée pour obtenir de l’huile. En 2015, ils estimaient, d’après leurs premiers tests en laboratoire, que ce micro-organisme pouvait donner des produits de meilleure qualité, et que la surface utilisée pourrait être 10 à 100 fois moins importante que pour l’huile de palme.

Cependant, le fait que le procédé ait recours à des levures modifiées génétiquement poserait un problème d’acceptation de la part des consommateurs. L’entreprise C16 prévoit donc de s’attaquer d’abord à l’emploi de cette huile dans les produits d’hygiène et de soin.

Faisabilité économique

Outre le problème d’acceptation, reste celui du prix. L’huile de palme naturelle est extrêmement bon marché, rendant difficile la concurrence par une alternative synthétique. Dans une étude, publiée en janvier 2021 sur la plateforme Research Square, les chercheurs de l’université de Bath se sont penchés sur la question. Ils concluent qu’il est théoriquement possible de produire de l’huile de palme de cette façon à faible coût, toutefois avec des conditions idéales qui ne sont pas encore atteintes aujourd’hui. La recherche doit encore avancer avant de pouvoir concurrencer l’huile de palme.

Léna Hespel

Des palmiers nains pour limiter la déforestation ?

La Malaisie a annoncé, en 2019, avoir mis au point des palmiers nains, dont la taille est environ 30 % plus petite que la variété la plus courante. Un plus grand nombre d’arbres peut aussi être planté sur la même surface, et leur rendement de 37,5 t/ha de fruits est le double de la moyenne du secteur, explique l’agence gouvernementale dédiée à la culture de l’huile de palme. Mais leur prix trop élevé freine, pour le moment, leur adoption à grande échelle.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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