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Cultiver sous terre

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Installer des fermes urbaines sous terre permettrait de cultiver à grande échelle, sans utiliser de surface au sol. © GreenForges

La start-up canadienne GreenForges parie sur le concept de ferme souterraine en ville, mais aussi dans des milieux extrêmes, voire en milieu rural.

Sur les toits, les terrasses et les balcons, dans les bâtiments…, l’agriculture essaye d’investir tous les espaces de la ville. Et pourquoi ne pas cultiver également sous nos pieds ?

C’est l’idée qu’a eue le Canadien Philipe Labrie il y a quelques années. Installer des fermes urbaines sous terre permettrait de cultiver à grande échelle, sans utiliser de surface au sol, au plus proche des consommateurs. Créée en septembre 2019, la start-up GreenForges a imaginé un système de culture en hydroponie pouvant tenir dans un tunnel de la taille de deux pneus de camion.

Température constante

Au départ prévue pour le printemps 2022, la première ferme pilote, à Montréal, devrait être lancée cet automne. GreenForges travaille sur des fermes allant jusqu’à 30 m de profondeur, mais les premières se limiteront à 15 m.

En plus de libérer de la surface au sol pour d’autres activités, l’agriculture souterraine bénéficie d’une température constante. L’un des plus gros coûts énergétiques des fermes verticales aériennes est en effet le système de ventilation, allumé en permanence à cause des changements de température et des conditions extérieures. Sous terre, la température se stabilise autour de 5 à 10 m de profondeur, quelle que soit la saison. Le chauffage se fait de manière continue et non en pic et en creux.

En périphérie des villes

Toutefois, le modèle se heurte à quelques limites. Il n’est, par exemple, pas possible d’installer ces fermes dans les bâtiments déjà existants. Elles pourront donc être implantées surtout en périphéries des villes, lors de la conception de nouveaux immeubles. Autre défi sous terre : l’humidité.

Quant à la diversité de plantes qui peuvent y être cultivées, c’est une limite partagée par tous les types d’agriculture urbaine. Certaines cultures, comme les céréales, se prêtent mal à ces espaces restreints. L’agriculture urbaine se limite généralement aux légumes feuilles, le reste étant moins rentable. Mais les fondateurs de la start-up envisagent de faire pousser un jour des variétés jusqu’ici inaccessibles à la culture verticale, tels le blé et le soja.

Cette agriculture souterraine a d’abord été pensée pour la ville. Mais elle pourrait être déployée dans d’autres environnements : en milieu rural (lire l’encadré) ou dans certaines conditions climatiques extrêmes. Les pays froids, comme le Canada, ne disposent que de courtes fenêtres de temps pour cultiver en plein air. Les serres chauffées sont une alternative pour cultiver des produits tout au long de l’année. Mais la facture d’électricité peut vite monter. La température sous la terre étant stable et plus élevée, l’agriculture souterraine permettrait de réaliser des économies d’énergie.

Si l’entreprise, basée au Canada, a d’abord pensé à une application pour les pays froids, rien n’empêche d’imaginer un déploiement dans les pays très chauds.

Léna Hespel

Aussi en milieu rural

GreenForges estime que son modèle de fermes souterraines, avec une profondeur de 60 m, peut produire environ 240 fois plus de laitues que les fermes de plein champ californiennes pour une même surface. Quant au besoin en main-d’œuvre, il est réduit car tout est automatisé. Les agriculteurs pourraient bénéficier d’un revenu 377 fois plus élevé que celui de la culture en plein champ. Mais ce type d’agriculture exige un capital initial relativement important. Elle nécessite aussi plus d’énergie que le plein champ à cause de l’éclairage artificiel.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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