«Les plaquettes de bois n’acidifient pas les sols, si – et seulement si – elles ont été fabriquées à partir des branches d’arbres de bois foncé ou des essences de bois blanc », explique Sylvie Monier, de la Mission haies Auvergne-Rhône-Alpes. L’affirmation n’est pas vraie quand les plaquettes sont issues des troncs d’arbres à bois foncé, comme le chêne, le châtaigner, les résineux en général, ou l’acacia…, en raison de la teneur en tannins du bois de cœur de ces essences. « Ce sont des composés aux vertus fongicides, qui limitent la vie dans les sols pendant les dix-huit mois qui suivent l’épandage du fumier à base de ces plaquettes, explique la spécialiste. Il y a un bémol, toutefois : ce phénomène ne se produit pas si l’effluent est composté. »

Le bois blanc riche en minéraux

Les tannins sont beaucoup moins présents dans les plaquettes issues des branches, car la proportion de bois de cœur est beaucoup plus faible. Les branches sont essentiellement constituées de bois d’aubier, zone où circule la sève, exempte de tannins. Dans le cas des essences de bois blanc, le tronc comme les branches sont pauvres en tannins, et conviennent donc toutes à la fabrication de plaquettes destinées à la litière. « D’où l’intérêt de trier les arbres et les branches de l’exploitation, souligne Sylvie Monier. Par ailleurs, certaines espèces, comme le saule ou le peuplier, trouvent peu d’utilisations en dehors de la litière. Elles encrassent les chaudières, car elles produisent beaucoup plus de cendres que le bois foncé, par exemple. Utilisées à la place de la paille, en revanche, elles ont un effet positif sur le sol. Des essais conduits au lycée agricole de Montluçon-Larequille ont montré qu’elles améliorent la productivité de la prairie, car elles sont riches en minéraux. »

M.-F. Malterre