Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Produire plus de lait en émettant moins de gaz

réservé aux abonnés

 - -->
La coriandre est reconnue pour ses propriétés toniques et anti-inflammatoires, notamment au niveau digestif. © Pixabay

La société suisse Agolin a conçu un additif alimentaire permettant de réduire les émissions de méthane entérique des ruminants.

«Les émissions de méthane correspondent à une perte d’énergie. Améliorer l’indice de conversion alimentaire, c’est améliorer la santé et, de fait, la production laitière, tout en préservant l’environnement », affirme Kurt Schaller, président-directeur général d’Agolin. La société, basée en région lémanique en Suisse, a mis au point un additif alimentaire destiné aux ruminants, visant à réduire les émissions de méthane entérique. « Il est, à ce jour, vendu à une centaine d’industriels, dont 70 % en Europe », poursuit-il.

Extraits de plantes

Cet additif est un mélange d’extraits de plantes et d’épices, parmi lesquelles figurent la coriandre, le clou de girofle et la carotte sauvage. « L’absence de risque au niveau de la toxicité, l’odeur et le goût pour l’appétence, et l’absence de résidus dans le lait ont été autant de critères retenus lors de la formulation. Leur action sur la flore microbienne du rumen (antibactérien, anti-inflammatoire) ne doit pas être la seule considération », estime le directeur. Des essais réalisés in vivo, après une période d’adaptation d’environ trois semaines, ont montré que l’utilisation de l’additif, à raison d’un gramme par vache et par jour, permet de réduire la population de protozoaires et d’augmenter celle des bactéries dans le rumen. « Le nombre de bactéries méthanogènes reste stable, précise Kurt Schaller. C’est la diminution du nombre de protozoaires qui est à l’origine de la réduction de la production de méthane entérique. Le mode d’action précis reste difficile à décrire, car les interactions au niveau du rumen sont complexes et la flore encore majoritairement inconnue. »

Stimulateur digestif

L’action globale de l’additif sur la flore microbienne permettrait une meilleure valorisation de la ration, induisant une réduction de la production de méthane entérique, et une amélioration du rendement en lait.

Selon la FAO (1), l’élevage des vaches laitières et des bovins à l’engraissement est responsable d’environ 10 % des émissions de gaz à effet de serre issues de l’activité humaine, dont 40 % sous forme de méthane entérique. D’après une étude de l’Inra (2), l’additif permet de réduire la production de méthane entérique de l’ordre de 30 % en six semaines chez la vache laitière. Une seconde étude, portée par l’IRTA (3) en Espagne, a conclu sur une augmentation de la production laitière de plus de 5 % en quatre semaines, après adaptation.

« Améliorer la digestion, c’est améliorer la santé générale de l’animal, avance Kurt Schaller. Nous participons à un projet européen baptisé RuMeClean, afin d’inclure l’additif à des programmes de compensation pour les éleveurs. Le défi c’est de convaincre toute la chaîne, du producteur au consommateur, afin que le lait produit durablement soit valorisé. »

Alexandra Courty

(1) Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

(2) Institut national de la recherche agronomique.

(3) Institute of Agrifood Research and Technology.

L’additif alimentaire Agolin a reçu la certification « Carbon Trust » en mai 2018, attestant de l’efficacité du produit à réduire les émissions de méthane. Son coût est d’environ 3 centimes par jour pour une vache laitière. © C. Faimali
Un laser détecteur de méthane

L’institut de l’élevage (Idele) et le Scotland’s Rural College (SRUC) travaillent depuis quatre ans sur la valorisation d’un capteur de méthane issu de l’industrie pétrolière dans les élevages laitiers. Tenant dans les mains et indolore pour les animaux, le Laser methane detector (LMD) permet de connaître la concentration en méthane dans un espace donné grâce à l’émission d’une longueur d’onde spécifique. « L’objectif est d’estimer les émissions à partir de quatre minutes de mesures par jour, pour des considérations environnementales mais aussi pour évaluer l’efficience alimentaire, possible critère de sélection génétique à l’avenir », explique Benoît Rouillé, de l’Idele.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !