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Une forte productivitédu travail en bovins viande

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Ouverture.Laurent est toujours à la recherche de nouvelles idées. « Il faut tout prendre, mais pas tout retenir », explique-t-il. © V. Scarlakens

Laurent Perelade innove en permanence pour améliorer la rentabilité de son système de polyculture élevage, tout en simplifiant le travail.

«Travailler moins pour gagner plus ! » Telle pourrait être la devise, un brin provocatrice, de Laurent Perelade, un agriculteur gersois installé à Bassoues, dans le Gers, à la tête d’un troupeau de 156 blondes d’Aquitaine. L’exploitation affiche une très bonne productivité de la main-d’œuvre, de 45 200 kg de viande vive/UMO (unité de main-d’œuvre). « Mon système repose sur la règle de productivité : un veau ou une carcasse par vache et par an, du bon sens, et une recherche constante d’évolution », résume Laurent.

Depuis son installation en 1999, il n’a eu de cesse de faire évoluer son exploitation, passant du système classique maïs irrigué/ray-grass d’Italie (en dérobée) à un élevage basé sur des prairies multi-espèces et des légumineuses. L’augmentation du cheptel, toujours en cours, se fait de façon progressive. « Je sais ce que chaque décision me coûte et me rapporte. Je raisonne en termes de coût à l’hectare, à l’UGB (unité de gros bétail), à la botte ou à l’heure, mais aussi en termes de temps de travail pour concilier vie professionnelle et vie personnelle. Je délègue les travaux qui ne sont pas rentables pour mon exploitation. »

L’âge à la vente des broutards est fonction des cours du marché. En 2017, les mâles sont partis à neuf mois et 370 kg pour 1 170 € en moyenne. En 2018, ils ont été vendus 1 080 €, à sept mois et 280 kg. « Le kilo de croît supplémentaire me revient à 1 € environ, je n’avais donc certainement pas intérêt à les repousser de 100 kg supplémentaires cette année. »

Maîtrise technique

La première décision de Laurent a été de regrouper les vêlages sur la période automnale. « J’ai davantage de temps à consacrer aux animaux à ce moment-là, et le fait qu’ils soient en bâtiment durant l’hiver facilite la gestion de la reproduction. Par contre, il ne faut prendre aucun risque sur le plan sanitaire. »

Les vaches sont donc vaccinées systématiquement pour prévenir les diarrhées néonatales, et les veaux sont vaccinés contre la grippe. Ils sont également déparasités contre les poux, et ingèrent un anticoccidien trois semaines après leur naissance. La mortalité est maîtrisée, à 5 % pour la campagne 2017-2018. « La fouille des vaches une semaine avant le vêlage est très simple à mettre en œuvre et m’autorise à me lever uniquement lorsque la mise bas s’annonce difficile, c’est-à-dire quand le veau n’est pas bien positionné », précise l’éleveur.

Laurent insémine et réalise les échographies (lire encadré). Il a recours à des spirales vaginales pour synchroniser les vaches et à un taureau souffleur pour détecter les chaleurs des génisses. Un taux de renouvellement de 32 % lui permet de sélectionner une génétique adaptée au terroir. « Je cherche avant tout des blondes d’Aquitaine rentables, et non des bêtes de concours. »

La chasse aux UGB improductifs est permanente. « Si je sais qu’une vache va être réformée, je n’attends pas le sevrage du veau pour débuter l’engraissement. L’échographie systématique est d’une grande aide dans la prise de décision. » L’élevage affiche ainsi un excellent taux de productivité globale (1) de 114 %.

Arrêt du maïs irrigué

Côté culture, Laurent s’efforce de tirer le meilleur de ses sols. À son installation, il constate leur érosion et leur appauvrissement en matière organique. Il choisit donc d’arrêter la culture de maïs irrigué, au profit d’un système fourrager plus diversifié. Il implante des légumineuses et des prairies multi-espèces. Ces dernières ne reçoivent ni engrais, ni produits phytosanitaires. Curieux, il n’hésite pas à expérimenter de nouvelles associations et à se tenir au courant des initiatives d’autres éleveurs. Il a entamé la conversion en bio des surfaces en 2010 et pratique le pâturage tournant depuis 2014.

« Le système d’alimentation est assez simple », considère l’éleveur. Tous les animaux sont logés dans le même bâtiment. Le foin est distribué à volonté deux fois par semaine, et l’enrubannage de trèfle ou de méteil est déroulé tous les matins pour les vaches et génisses mises à la reproduction. Le maïs grain et le complément azoté sont achetés et apportés à volonté aux réformes et aux broutards uniquement. Ces derniers restent en bâtiment de la naissance à la vente.

En moyenne, Laurent travaille 42 heures hebdomadaires et s’accorde trois semaines de vacances par an. Il consacre quinze jours par an à des formations. « Toutes mes décisions naissent d’échanges amicaux, familiaux ou professionnels, explique-t-il. Avec deux autres éleveurs du coin, nous discutons très régulièrement, jusqu’à partager nos résultats comptables. »

Valérie Scarlakens

(1) Nombre de veaux produits/nombre de vaches présentes.

Le contexte

Laurent Perelade est éleveur et cultivateur à Bassoues (Gers). Il emploie 1 salarié à trois quarts temps. Son père retraité l’aide ponctuellement.

Troupeau : 156 blondes d’Aquitaine. Vente de broutards et de réformes grasses.

220 ha de SAU en bio, dont 70 ha de cultures de vente, 15 ha de méteil, 30 ha de trèfle violet, 80 ha de prairies temporaires et 15 hade prairies permanentes. Coteaux secs.

Quinze jours de formation par an et échanges très fréquents avec deux autres éleveurs.

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Ressemis. Laurent (à droite, accompagné de son salarié) ressème des légumineuses sur les prairies temporaires dégradées. © l. perelade
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Réaliser soi-même les échographies et les inséminations

Laurent Perelade a suivi une formation de trois jours pour apprendre à inséminer ses vaches.

« Je réalise 10 IA/heure, ce qui me fait économiser environ 200 €/heure », calcule-t-il.

Avec deux autres éleveurs, il a ensuite appris à se servir d’un échographe. « J’avais déjà quelques connaissances suite à la formation sur l’insémination, explique-t-il. Nous avons complété avec des livres et internet, qui est une mine d’informations. » Les éleveurs ont investi 1 375 € dans un échographe et l’utilisent toujours au même stade de gestation, quarante jours après l’insémination. Le fœtus mesure alors autour de 23 mm. « Il est préférable d’apprendre à le repérer à un stade précis, pour que l’œil soit plus aiguisé », conseille Laurent.

Le récap
Les points positifs
  • Bonnes performances technico-économiques

  • Éleveur innovant et salarié motivé

  • Échanges constants avec d’autres éleveurs

  • Parcellaire adapté au pâturage

Les points négatifs
  • Manque d’autonomie fourragère

  • Sols sensibles à la sécheresseet peu porteurs

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Cet article est paru dans La France Agricole

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