Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Une croissance soutenue des génisses de boucherie

réservé aux abonnés

 - -->
Engraissement. « Nous aimons finir nos animaux », affirment Maurice (à g.) et Julien Lapierre,

Le Gaec Lapierre approvisionne la filière IGP Fleur d’Aubrac avec des femelles croisées d’une qualité régulière.

En 2016-2017, le Gaec Lapierre a engraissé dix-sept génisses croisées pour la filière IGP Fleur d’Aubrac. Le prix de vente moyen a atteint 2 195 € par tête. « Dans cette filière de qualité, nous arrivons à valoriser toutes nos femelles croisées en choisissant bien les taureaux charolais, pour amener de la conformation et en évitant que la croissance ne fléchisse entre le sevrage et la finition », souligne Maurice Lapierre. Il s’est engagé dans la filière en 2000, après la crise de la vache folle. « J’avais assez de ressources fourragères pour nourrir les animaux plus longtemps et j’avais envie de les finir moi-même, plutôt que de les vendre en maigre », explique l’éleveur, qui a été boucher avant de reprendre l’exploitation familiale.

Les 70 vaches aubracs vêlent en majorité en décembre et janvier. Une trentaine sont menées en croisement. « Nous choisissons des taureaux dans le catalogue Charolais excellence , et nous réalisons nous-mêmes les inséminations », précise Julien, qui a rejoint son père en 2005. Les deux éleveurs ont mis quelques années avant de trouver le bon compromis entre conformation, potentiel de croissance et facilité de vêla ge. « Notre objectif est d’obtenir des carcasses de plus de 400 kg avant l’âge de trois ans, poursuit-il. Aujourd’hui, nous y parvenons en ayant seulement quelques vaches à aider au vêlage. »

Pour assurer un bon démarrage de la croissance, Maurice et Julien surveillent la tétée des veaux (lire l’encadré). Après le sevrage, en septembre, ils complètent le lot de femelles croisées avec quelques génisses achetées par l’intermédiaire de la coopérative Celia. Durant le premier hiver, leur ration est constituée de foin et de céréales (orge et triticale). « Depuis l’an dernier, nous la complétons avec 1 kg/j de correcteur à 18 % de protéines. Cela améliore leur développement », souligne Julien. À partir de mai, les agriculteurs suppriment le correcteur et font tourner les génisses sur de bons parcours. À l’automne, ils les amènent sur des regains.

Finies en stabulation

Durant le deuxième hiver, le concentré est augmenté progressivement, afin d’atteindre le niveau nécessaire pour la finition, qui démarre en mai. « Jusqu’en 2016, nous réservions à ces génisses une bonne pâture, où nous amenions des balles de foin ou d’enrubanné, ainsi que le concentré. Mais cela faisait beaucoup de travail. Cet été, nous les avons finies en stabulation », explique Maurice. Les éleveurs en ont profité pour recaler la ration. « Nous avons essayé un méteil, avec une association de triticale, blé, avoine, pois et vesce, précise-t-il. Nous l’avons fait analyser et nous avons choisi, avec le technicien, un mash à 19 % de protéines, qui équilibre bien ce fourrage ». En matière sèche par génisse, la ration journalière comprend désormais 3,6 kg d’enrubannage de méteil, 1,74 kg de foin, 1,73 kg d’orge et 5,6 kg de mash.

« Avec le correcteur azoté du commerce que nous utilisions avant, les bouses étaient très liquides, ce qui indique un problème d’assimilation », note Julien. Avec ce mash, la consistance des bouses s’est améliorée. « Cette ration nous revient un peu plus cher, mais elle devrait être mieux assimilée ». La finition dure six à huit mois. L’état d’engraissement est suivi de près. « Nos clients bouchers recherchent du persillé, mais sans excès de gras », note Céline Cros, l’animatrice de la filière. Les ventes, étalées de fin août à début décembre, ont lieu à une période où la demande est soutenue.

Objectif : 450 kg de carcasse

Avec une conformation en U -, U = et U +, et une note d’engraissement de 3, toutes les génisses croisées du Gaec rentrent dans le cahier des charges de l’IGP. Leur poids de carcasse va de 400 à 460 kg. « Nous voudrions l’augmenter encore un peu, pour arriver à une moyenne de 450 kg », précise Maurice. Les prix, fixés en fonction du classement de la carcasse, fluctuent nettement moins que sur le marché standard. Négociés collectivement entre les producteurs et les bouchers partenaires de la filière, ils sont revalorisés régulièrement, pour tenir compte de la hausse des coûts. « C’est sécurisant pour nous », apprécient les deux éleveurs, qui envisagent d’engraisser quelques génisses en plus dans les années à venir. Et 45 hectares de terres repris il y a peu leur apporteront plus de marge pour faire face aux sécheresses. « Cet été, il y a eu moins d’herbe, confient-ils. Nous avons dû entamer les stocks plus tôt  »

Ils engraissent également des vaches, valorisées dans la filière Bœuf fermier aubrac, ainsi que des génisses aubracs. « Nous trions notre renouvellement à la saillie, vers 27 mois. Et nous finissons celles que nous ne gardons pas, avant de commercialiser leur viande en vente directe », précise Maurice. Les broutards, eux, sont alourdis et vendus à dix mois par Célia sur le marché italien. En misant sur plusieurs débouchés bien valorisés, les Lapierre obtiennent un excédent brut d’exploitation de 550 €/UGB.

Frédérique Ehrhard
Croissance.Ces génisses croisées de deux ans ont passé l’été sur une pâture de qualité.
©
Le contexte

Aux Bondons, en Lozère, Maurice et Julien Lapierre élèvent 70 vaches aubracs, dont 30 sont conduites en croisement avec du charolais.

Débouchés : les mâles sont vendus en broutards, les génisses croisées dans la filière IGP Fleur d’Aubrac et les vaches dans la filière label rouge Bœuf fermier aubrac.

SAU de 480 ha : 20 ha d’orge et de triticale, 35 ha de luzerne-dactyle, 33 ha de prés de fauche et 390 ha de pâtures et de landes.

©
Un bon démarrage au lait

Depuis trois ans, les veaux sont élevés dans des cases collectives. Ils ne rejoignent les mères que deux fois par jour pour la tétée à 7 h et à 17 h. « S’ils restent tout le temps avec les mères, les plus gros ou les plus dégourdis volent le lait des plus petits. À deux, nous surveillons la tétée et veillons à ce que chacun ait bien bu. Ils profitent mieux du potentiel laitier des mères, et le démarrage de la croissance est plus homogène au sein du lot », constate Maurice. Pour les primipares, conduites à part, chaque veau est amené à sa mère. « Notre présence quotidienne au milieu du troupeau améliore aussi la docilité des mères et des veaux ».

Le récap
Les points positifs
  • Bonne valorisation dans une filière de qualité

  • Grille de prix connue à l’avance

  • Produit fini avec une identité

Les points négatifs
  • Travail supplémentaire pour la finition, au moment des foins

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Le recul de l’offre s’accentue

Dans le domaine des races à viande de qualité, le commerce est très calme face au recul des ventes dans la boucherie traditionnelle, mais les faibles disponibilités se montrent favorables à la fermeté des prix. En réformes laitières, la décapitalisation commence à impacter sérieusement l’activité des industriels de la viande. La concurrence entre les abattoirs joue en faveur de la montée des prix.
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !