Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Un troupeau de brebis conduit en deux lots

réservé aux abonnés

Système de production - Un troupeau de brebis conduit en deux lots
Baptiste Barrère (en photo, au premier plan son aîné Tom, et le petit Gaspard) a amélioré la ventilation naturelle dans sa bergerie. L’été, la température reste ainsi supportable pour l’agnelage de contre-saison. © Frédérique Ehrhard

Avec une bergerie fonctionnelle ainsi que des chiens efficaces, Baptiste Barrère arrive à élever seul ses 300 brebis blanches du Massif central, qu’il désaisonne pour moitié.

À la mi-août, l’agnelage d’été se termine chez Baptiste Barrère. « Produire à contre-saison n’est pas facile. Je dois assurer en même temps les foins. Mais c’est nécessaire pour avoir des agneaux prêts à l’automne, à un moment où la filière en manque », affirme le jeune éleveur. Installé à Chirac, en Lozère, il élève seul 300 brebis blanches du Massif central sur 150 ha. En 2016, à la reprise de l’exploitation, il a dû rénover la bergerie. « J’ai refait des bardages en bois et j’en ai profité pour ajouter des ouvrants », note-t-il. L’air entre ainsi par les quatre côtés et repart par un lanterneau au faîtage. L’été, la température reste supportable pour les brebis comme pour l’éleveur.

Agnelages en deux périodes

Baptiste conduit son troupeau en deux lots. L’un agnelle en décembre, l’autre en juillet et août. « Je réserve la bergerie principale à l’agnelage et à l’allaitement. Sur 500 m2, j’y loge sans problème un lot de 150 brebis avec leurs 200 agneaux », explique-t-il. La place est suffisante pour installer 20 cases individuelles. Celles-ci lui permettent de bien surveiller les nouveau-nés et de vérifier qu’ils tètent rapidement le colostrum. Le jeune agriculteur a installé trois auges qui divisent l’espace en quatre travées. « Je sépare les brebis qui ont deux agneaux de celles qui n’en ont qu’un, tout en tenant compte de la date d’agnelage. Je constitue ainsi quatre lots homogènes et j’ajuste la ration des mères. » Afin d’accueillir le deuxième lot, en gestation pendant que le premier agnelle, il a aménagé une zone de 300 m2 dans la grange attenante. « Dans le but de faire de la place, j’ai déplacé le stockage des fourrages sous deux tunnels. »

« Mes chiens m’aident au quotidien, ce sont mes associés ! »

Avec ces deux périodes d’agnelage, Baptiste étale sa production et réduit les pics de travail, avec 150 brebis à surveiller à la fois. Chacune d’elles n’agnelle qu’une fois par an. « Je n’ai pas assez de ressources fourragères pour accélérer le rythme », indique l’éleveur, qui tient à rester autonome pour contenir les charges.

Autonomie alimentaire

La moitié des 60 ha de près de fauche est semée en sainfoin ou luzerne. « Je réserve leur foin à la préparation de l’agnelage et à la lactation. Depuis trois ans, je n’ai plus besoin d’acheter de tourteau », annonce-t-il. Ces deux légumineuses sont cultivées en rotation avec 8 ha d’orge. Cette céréale lui offre la possibilité de complémenter ses brebis. Le surplus est échangé contre de l’aliment pour agneau, ce qui réduit le coût de celui-ci. « Pour la préparation à l’agnelage, je fais également pâturer du colza fourrager en dérobée. »

Les brebis restent en bergerie du 15 décembre au 1er avril, de même que quelques semaines l’été pour le lot qui agnelle à ce moment-là. Le reste de l’année, elles pâturent sur les regains et les parcours. Ces derniers sont en partie clôturés. « Sur l’autre partie, je garde les brebis. Avec l’aide de mes chiens, j’arrive à leur faire utiliser toutes les surfaces », révèle Baptiste.

Travaillant seul, il apprécie d’autant plus la présence des chiens. « Ils m’aident au quotidien, pour les déplacements en extérieur comme en bergerie. » Il fait, par exemple, appel à eux pour pousser les agneaux dans leur parc au moment où il distribue la ration des mères. « Celles-ci mangent plus tranquillement. Il n’y a plus d’agneaux qui profitent qu’elles soient bloquées au cornadis pour venir voler du lait. J’ai donc moins de problèmes de pis à soigner. »

Alléger la charge de travail

Au champ, Baptiste a fait le choix de déléguer la plupart des travaux, foins mis à part. « Cela me coûte moins cher car je n’ai pas assez de surface pour amortir du matériel. Le travail est bien fait avec des outils performants et je libère du temps que je consacre au troupeau », détaille-t-il. En 2020, avec un EBE (1) de 50 000 €, il a dégagé un revenu correct. Il lui reste à conforter son système et à alléger un peu le travail en gagnant encore en expérience. « Je continue à apprendre en échangeant avec les techniciens et les autres éleveurs. »

Frédérique Ehrhard

(1) Excédent brut d’exploitation.

Des agneaux sous signe de qualité

Créée en 1990, la filière qualité lozérienne bénéficie de l’IGP Agneau de Lozère-Elovel depuis 2008. Elle rassemble, aujourd’hui, une soixantaine d’éleveurs. Pour bénéficier du label, les agneaux doivent être de race pure blanche du Massif central. Nés, élevés et abattus dans le département, ils sont finis avec des aliments agréés et commercialisés principalement auprès de bouchers. « Nous avons de bons retours sur leur qualité, c’est une satisfaction ! », note Baptiste, qui apprécie aussi que les débouchés aient bien résisté malgré la Covid. En 2020, le prix de vente moyen de ses agneaux s’est établi à 7,40 €/kg, auquel s’ajoute une prime de désaisonnement de 5 à 20 €/tête pour le lot né l’été.

Le contexte

Baptiste Barrère élève seul 300 brebis blanches du Massif central à Chirac, en Lozère.

Production d’agneaux de bergerie pour la filière IGP Agneau de Lozère-Elovel, collectés par la coopérative Célia et commercialisés par Languedoc Lozère Viande.

SAU (surface agricole utile) de 150 ha, dont 8 ha d’orge, 14 ha de sainfoin, 14 ha de luzerne, 32 ha de prairies naturelles et 82 ha de parcours, auxquels s’ajoutent 3 ha de colza fourrager en dérobée.

Le récap
Les points positifs
  • Une race rustique adaptée à son environnement.

  • Une bonne autonomie en fourrages, en protéines et en paille.

  • Des agneaux valorisés sous signe de qualité.

Les points négatifs
  • Une charge de travail qui reste importante.

Plus d'infos sur le sujet

La bergerie principale, réservée à l’agnelage et à l’allaitement, est partagée en quatre travées. © Frédérique Ehrhard
La bergerie principale, réservée à l’agnelage et à l’allaitement, est partagée en quatre travées. © Frédérique Ehrhard
Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !