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Un troupeau allaitant de haut niveau génétique à moindre coût

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Sélection - Un troupeau allaitant de haut niveau génétique à moindre coût
Alexandre Barge au sein d’un lot de vaches parmi lesquelles figure Juanita, fille de Fabuleux avec son veau né en mars, petit-fils d’Impérial. © Anne Bréhier

Depuis vingt-cinq ans, le Gaec Barge-Federici acquiert une partiede ses taureaux en commun via l’association Charolais Évaluation 71.

Au cœur du Charolais, Alexandre Barge, 35 ans, et son cousin Thibault Federici, 37 ans, exploitent 300 ha, dont 40 ha de cultures implantées sur des parcelles drainées. Les produits des 160 vaches charolaises inscrites sont vendus à la reproduction ou en gras. « Ici rien ne part en maigre », souligne Alexandre. Malgré la charge de travail, les abords de la ferme tout comme les trente kilomètres de haies sont soigneusement entretenus. Chaque année, 400 m3 de plaquettes forestières sont épandus sur les litières.

Outre ses qualités morphologiques, son pedigree original et de très bons index, Réglisse est indemne du gène de l’ataxie. © Association Charolais Evaluation 71

Vente de reproducteurs

Dans cet élevage, les mâles sont valorisés majoritairement en reproducteurs (10 veaux et une vingtaine de taureaux de 18 mois) ou finis en babys. Ces derniers sont engraissés avec une ration mélangée composée de céréales et de luzerne-trèfle violet en foin ou en enrubannage très sec. Les futurs reproducteurs passent leur première saison au pré avant d’être soignés en bâtiment. Quarante d’entre eux sont remis l’année suivante sur des pâtures de qualité avec un niveau de complémentation modéré (2 à 5 kg de mélange fermier). « Élevés sans excès de soin, les taureaux de 18 mois sont près à l’emploi, note l’exploitant. Une ligne de conduite qui convient à nos clients. Ce sont des éleveurs recherchant un bon compromis entre le développement, la viande et les qualités d’élevage. Ils obtiennent des veaux vigoureux qu’il n’est pas nécessaire de faire téter et des vaches maternelles qui produisent du lait. »

« Nos clients éleveurs recherchent le bon compromis entre développement, viande et qualités d’élevage. »

Autrefois exportées, les femelles n’étant pas gardées pour le renouvellement sont désormais engraissées et vendues en label rouge dans le cadre d’une filière locale (45 bêtes par an dans un Super U). Les génisses de trois ans sont en partie engraissées à l’herbe avec une petite complémentation d’aliment en finition. L’objectif des associés est d’obtenir un gain de poids à moindre coût en valorisant leurs herbages de qualité supérieure (50 ha). Sur les sols argileux et limono-argileux productifs de l’exploitation, il est possible en année normale de récolter 6 voire 7 tonnes de MS/ha avec seulement un peu de fumier des bovins au printemps. Grâce aux 40 ha de cultures, l’exploitation est autonome en énergie. Seul le complément azoté, fabriqué à la carte par la coopérative, est acheté.

Cette année à Vaudebarrier, contrairement aux années précédentes très sèches, il pleut et il y a de l’herbe. Après les 30 ha d’ensilage et les 20 ha d’enrubannés récoltés ce printemps, 50 ha de foin ont été rentrés fin juillet. De quoi remplir les granges à nouveau et de voir les prochains mois plus sereinement.

Quatre-vingts produits issus de onze taureaux

Année fourragère favorable, 2021 est également prometteuse en termes de sélection. En décembre, naîtront dans l’élevage les premiers veaux de Réglisse, un taureau acheté collectivement avec 62 autres éleveurs dans le cadre de Charolais Évaluation 71, une association à laquelle l’exploitation adhère depuis vingt-cinq ans. « Avec son pedigree hors norme et ses qualités exceptionnelles (photo ci-dessus), Réglisse apportera de la viande sans les contraintes, pointe Alexandre. Lors de l’hiver 2020-2021, une douzaine de doses ont été mises sur des bonnes vaches du troupeau, de types différents pour voir comment le croisement va s’effectuer. »

Dans l’élevage, quatre-vingts produits sont issus de onze taureaux acquis via Charolais Évaluation 71. Des taureaux tels que Fondateur, Impérial et Bobino ont marqué. Introduit en 2006 lorsque le père d’Alexandre et son oncle dirigeaient l’exploitation, ce dernier a donné de très bonnes vaches (gros bassins, bons aplombs, belles mamelles) et des veaux supérieurs.

Anne Bréhier

Le récap
Les points positifs
  • Génétique supérieure économiquement accessible.

  • Animaux vendus en gras ou en reproducteurs.

  • Autonomie énergétique et bonne valorisation des herbages.

Les points négatifs
  • Charge de travail importante.

  • Parcellaire éclaté en dehors des 30 ha autour des bâtiments.

Le contexte

• À Vaudebarrier, dans la Saône-et-Loire, Alexandre Barge et Thibault Federici élèvent 160 charolaises inscrites au herd-book charolais. Les vaches sont inséminées en bâtiment par Alexandre. Les génisses sont inséminées ou saillies par l’un des huit taureaux de l’élevage.

• La SAU est de 300 ha : 25 ha de céréales à paille, 15 ha de maïs (derrière RGI), 5 ha de luzerne-trèfle violet, 15 ha de prairies temporaires, le reste en prairies permanentes.

Les atouts du collectif

L’adhésion à l’association a permis aux jeunes éleveurs de travailler avec une génétique amélioratrice à un prix peu élevé. Cela a été déterminant dans les premières années de leur installation où investir individuellement dans des reproducteurs « supérieurs » était difficile, puis dans les années de crise de l’élevage. Participer au collectif est aussi enrichissant humainement. En tant que membre de la commission d’achat, Alexandre visite des élevages dans différents départements où il n’aurait jamais mis les pieds seul. « En se frottant aux avis des collègues, de bons sélectionneurs, on élargit sa vision d’éleveur, souligne ce dernier. Cela nous tire vers le haut. Sur les concours, on s’entraide. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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