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Semence sexée ou croisement, selon la valeur génétique

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Schéma Forteresse, une fille d’Urbaniste, a été repérée dès sa naissance par Umotest, pour être mère à taureaux.

Au Gaec du Plateau de Montfert, toutes les génisses sont génotypées. Les meilleures seront inséminées en race montbéliarde, les autres en races allaitantes.

Une petite génisse bondit dans la case de la nurserie. Elle se prénomme Latine. Gérard Blain attend avec impatience les résultats de son génotypage. Peut-être va-t-elle intégrer le schéma de sélection de l’entreprise Umotest ? Au sein du Gaec du Plateau de Montfert, à Morette (Isère), c’est lui qui s’occupe du suivi des quarante-neuf montbéliardes et des génisses de renouvellement. Son associé, Lionel Carlin, qui est chargé des cultures et du matériel, lui laisse la main là-dessus. Comme son père et son grand-père avant lui, Gérard suit de près la génétique des animaux. « C’est ce qui m’intéresse le plus. J’ai commencé à utiliser la semence sexée et le génotypage dès qu’Umotest les a proposés. Sur la ferme, la première vache inséminée en semence sexée, c’était Altesse, en 2008. » Depuis 2011, le génotypage est réalisé sur presque toutes les femelles de l’exploitation, dans les jours qui suivent leur naissance. « Plus le prélèvement - à l’oreille - est réalisé tôt, plus c’est facile, explique Gérard. Les résultats arrivent en quelques semaines. Avant ce génotypage, je raisonnais les accouplements selon les défauts de la mère, en utilisant les taureaux pour les corriger. » L’éleveur inséminait tout le troupeau avec de la semence montbéliarde, soit 60 IA par an environ, sur une quarantaine de vaches et une vingtaine de génisses. Il vendait tous les mâles, à trois semaines, à un négociant, et les quatre ou cinq dernières femelles nées dans la saison à des éleveurs laitiers.

Le génotypage
a tout changé

« Le génotypage en routine de la voie femelle a tout changé, s’enthousiasme Gérard. Désormais, je destine la semence sexée aux meilleures femelles. Je fais deux, voire trois IA en sexé, puis je passe en conventionnel si besoin. » Tous les trois mois, Willy Quiron-Blondin, technicien de la coopérative d’IA Eliacoop, donne les résultats des génotypages, avec un classement des animaux de l’exploitation. Les éleveurs peuvent également accéder aux résultats et suivre leurs animaux rentrés en station, via leur espace personnel sur un site internet mis en place par Umotest, My Umo. Dans le Gaec, les accouplements sont décidés en concertation entre les éleveurs, le technicien d’Eliacoop et celui d’Umotest. Une dizaine de femelles intègrent le schéma de sélection d’Umotest, qui décide de leurs accouplements. Trois quarts sont accouplées en semence sexée et un quart en conventionnelle. Les premières, si elles sont pressenties pour être mères à génisses, et les secondes en tant qu’éventuelles mères à taureaux.

Gérard sélectionne ensuite les vingt meilleures femelles. « Dans le choix des taureaux, je fais attention à la ligne de dos, la production de lait et l’équilibre de la mamelle. J’élimine mes génisses selon ce dernier critère. » Les résultats de génotypage des génisses montrent de très bons résultats pour tous les postes morphologiques de la mamelle. Enfin, les trente dernières femelles sont inséminées avec des doses de taureaux allaitants.

Repérer de nouvelles
souches

« Grâce au génotypage, nous repérons dans les élevages un certain nombre de montages génétiques originaux, explique Willy Quiron-Blondin. Chaque année, 10 % des génisses génotypées intègrent le schéma de sélection. On trouve des femelles intéressantes chez tous les éleveurs. Avec l’évaluation par pointage, on ne repérait pas les vaches dont la génétique était bonne, mais qui ne pouvaient pas l’exprimer, du fait de conditions de milieu défavorables. Aujourd’hui, ces animaux, on les identifie. Au Gaec du Planteau de Montfert, nous avons repéré Duchesse, une Rai sur Altesse. Les premiers résultats génomiques ont fait apparaître une petite perle, avec de très bons index morphologiques et du potentiel laitier. » Ses trois sœurs, des filles de Ralban, Urbaniste et Triomphe, ont aussi été génotypées : elles se sont révélées très complètes. « Elles sont intéressantes et leur descendance aussi. Ce qui avait été annoncé par génotypage correspond à la réalité. L’une d’elles, Forteresse, a été repérée dès la naissance comme étant une ''petite bombe' '. C’est elle qui a représenté les filles d’Urbaniste en 2013, lors de l’exposition annuelle d’Umotest. Cette souche ''Altesse'', on la travaille. » Depuis un an, c’est Impératrice, une fille de Duchesse x Bigmac, qui est à la station de collecte d’embryons d’Umotest en tant que mère à taureaux. Et Latine ? « C’est une fille de Gandine x Hitchi x Disoni, apprécie Willy Quiron-Blondin. Vu l’originalité du montage et son niveau d’indexation, elle sera au moins suivie pour un accouplement... »

Elsa Casalegno
l’exploitation

Située à Morette (Isère), au pied du massif du Vercors.

SAU : 127 ha , dont 22 ha de maïs ensilage, 5 ha de luzerne 25 ha de noyer (AOP noix de Grenoble) et 75 ha de prairies permanentes.

Effectif : 49 vaches laitières montbéliardes et les génisses de renouvellement.

Production : 8400 l/VL à 34g/kg de TP
et 38,5 g/kg de TB. Total : 405 000 l livrés
à l’Etoile du Vercors (Lactalis) en IGP Saint-Marcellin.

Croisement viande pour la moitié
des femelles.

Le croisement viande pour les moins bonnes femelles

La deuxième partie du troupeau, soit les trente femelles qui correspondent moins aux objectifs de Gérard et Lionel, sont inséminées avec des semences conventionnelles de taureaux allaitants, pour du croisement industriel, les vaches en charolais et les génisses en limousin. « Le critère principal dans le choix des taureaux est la facilité de vêlage, précise Gérard. Effectivement, ça ne vêle pas trop mal ! » Les veaux charolais sont vendus à quatre semaines et les limousins à deux ou trois semaines, à un négociant local.

© E. C.   
AccouplementsGérard Blain, Willy Quiron-Blondin et Lionel Carlin (de g. à d.) font le point tous les trois à quatre mois sur les résultats de génotypage et les accouplements à venir.
Le récap
Les points positifs
  • Accouplements mieux raisonnés

  • Semence sexée pour les meilleures vaches et croisement viande pour les autres

  • Découverte de lignées intéressantes

Les points négatifs
  • Coût du génotypage

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Cet article est paru dans La France Agricole

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