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Réorganiser son élevage pour davantage de biosécurité

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Porcs - Réorganiser son élevage pour davantage de biosécurité
« L’audit m’a permis d’avoir un œil extérieur sur mes pratiques », explique Clémence Hillion. © Hillion

À la suite de l’audit Porcprotect, Clémence Hillion s’est engagée dans une démarche de progrès au sein de son atelier porcin.

«Tout n’est pas parfait. J’ai encore beaucoup de choses à faire, mais j’avance pas à pas, en me fixant des objectifs atteignables », résume Clémence Hillion, productrice de porcs à Plouvara, dans les Côtes-d’Armor.

Revoir les pratiques

Il faut dire que tout est allé vite pour la jeune femme. En juillet 2012, à vingt-quatre ans, elle a repris l’élevage porcin et laitier familial après le décès de son père, alors qu’elle venait de démarrer sa vie active comme comptable. Clémence s’est alors pleinement engagée dans son projet en cessant l’activité laitière et en se concentrant sur l’élevage de porcs. « J’ai commencé par construire une verraterie gestante aux normes bien-être, et l’ancien bâtiment a été converti en salle d’engraissement », raconte-t-elle.

L’élevage datant des années 1980-1990, le post-sevrage a été rasé et reconstruit. Les silos à maïs et la fumière ont été remplacés par le local machine à soupe et le stockage des céréales. Fin 2015, la productrice a repris un élevage porcin voisin, qu’elle a transformé en site d’engraissement. Les derniers gros travaux en date concernent la rénovation de la quarantaine.

« Chaque secteur de l’élevage dispose de tenues et d’équipements spécifiques. »

Au début de 2019, Clémence a suivi la formation obligatoire de biosécurité dans le cadre de la prévention de la peste porcine africaine. Elle a décidé d’aller plus loin, en faisant un audit via l’outil Porcprotect, développé par l’Institut du porc (Ifip) et réalisé par Evel’Up, son groupement de producteurs (lire l’encadré ci-dessous). « Après la réorganisation de l’élevage, j’avais besoin de faire un point sur mes pratiques », explique l’éleveuse.

La gestion de l’équarrissage est ressortie en rouge. « Ce n’est pas une surprise, poursuit-elle. Le camion venait au pied du bureau et manœuvrait à proximité des ventilateurs des salles d’engraissement. » La priorité a été de déplacer l’aire d’équarissage au pignon du hangar à matériel avec un accès direct du camion depuis la route. À l’autre bout de la plateforme, un local avec la réception des colis, d’un côté, et l’enlèvement des déchets, de l’autre, va être créé pour éviter l’entrée des livreurs. Le sas d’entrée est en cours d’aménagement, afin de délimiter une zone d’accueil pour les personnes n’ayant pas à entrer, et une zone d’élevage avec équipements (tenues) et sanitaires (douche, lavabo).

Définir les zonages

Sur son plan de biosécurité, Clémence a dessiné les différents zonages de son exploitation (zones publique, professionnelle et d’élevage). Il ne reste plus qu’à installer les signalisations et des panneaux pleins le long des couloirs extérieurs, pour éviter les contacts avec des animaux étrangers. La cour va être fermée par des barrières à chaque extrémité. Cette réflexion a été menée avec les chauffeurs.

Travaillant essentiellement seule sur l’élevage, Clémence pensait que la biosécurité interne n’était pas faite pour elle. « J’imaginais passer mon temps à changer de tenue, et que ces pratiques étaient plutôt réservées aux grandes structures avec des salariés, confie-t-elle. Au final, avec Evel’Up, nous avons réfléchi à une réorganisation du travail et de la circulation pour limiter cette contrainte. »

Points faibles de l’élevage : le sas sanitaire donne directement dans le couloir des engraissements et un autre couloir est commun à la maternité et le postsevrage (PS). Le problème sera résolu lors de la construction d’une nouvelle maternité, prévue à l’horizon 2022. Clémence a investi dans des tenues et des bottes différenciées par secteur : vertes pour les truies et rouges en PS et engraissement. De la même façon, chaque secteur dispose d’un chariot avec le matériel nécessaire (seringues, pelle, seau…) du même code couleur que la tenue. Elle a également prévu d’installer un poste de lavage des mains et chaussures entre la maternité et le PS.

Les choses avancent petit à petit, car la charge de travail est importante.

Cyril, le conjoint de Clémence, réalise la plupart des travaux. Le coût total des aménagements – aire bétonnée – et équipements est estimé entre 10 000 et 12 000 euros. « Mon objectif est de refaire un bilan, en espérant que la plupart des points rouges auront disparu », confie la jeune éleveuse.

Isabelle Lejas

Le contexte

L’EARL du Pont Lay est située à Plouvara (Côtes-d’Armor). Clémence Hillion est associée unique. Son conjoint Cyril est salarié.

L’élevage porcin label rouge compte 170 truies (7 bandes), 800 places de postsevrage et 1 366 d’engraissement.

142 ha de SAU, dont 60 ha de blé, 50 ha de maïs, 20 ha de colza, le reste en herbe.

Les aliments sont fabriqués partiellement à la ferme.

20 génisses à l’engrais pour l’entretien des prairies.

Un site d’exploitation repensé

Le bac d’équarrissage a été installé au bout du bâtiment, pour éviter la ligne électrique à proximité. Le fossé a été busé. © Hillion
Hiérarchiser les priorités

L’outil Porcprotect est un service d’audit en 300 questions pour évaluer la biosécurité interne et externe de l’élevage, complet et exhaustif.

Les résultats sont présentés sous forme de scores – bon, moyen, à revoir – avec la possibilité de se comparer avec les autres élevages de la base. Une présentation graphique permet de visualiser les points forts et les axes de progrès. « Lors du compte rendu, en concertation avec l’éleveur, nous hiérarchisons les actions entre celles à mettre en place en priorité (en jaune), facilement (en vert) ou à moyen/long terme (en bleu) », expliquent Guillaume Jousset et Sarah Heugebaert, d’Evel’Up, qui ont réalisé l’audit chez Clémence Hillion.

Un autodiagnostic simplifié est accessible librement sur www.porcprotect.ifip.asso.fr

Le récap
Les points positifs
  • Quarantaine isolée.

  • Zone d’équarrissage éloignée.

Les points négatifs
  • Charge et temps de travail.

  • Couloir commun entre maternité et postsevrage.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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