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De meilleurs résultats techniques grâce à la biosécurité

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« Nous avons choisi des mesures de biosécurité faciles à mettre en œuvre et à moindre coût », reconnaît Arnaud Lidurin (à droite), en compagnie de son frère Sébastien (au milieu) et de Christophe, le salarié de l’élevage. © I. Lejas

À l’aide de nombreuses mesures faciles à mettre en œuvre, Arnaud et Sébastien Lidurin ont amélioré l’état sanitaire de leur atelier porcin.

Pour entrer dans l’élevage, le passage par le sas sanitaire est obligatoire afin de revêtir une combinaison, une charlotte, des bottes et se laver les mains. On ne déroge pas à la règle ! Le Gaec de Kerbohec n’a pas attendu l’arrêté biosécurité d’octobre 2018 pour prendre le sujet à bras-le-corps. Arnaud et Sébastien Lidurin ont commencé à s’y intéresser en 2012, après le passage du post-sevrage (PS) sur paille en caillebotis avec la volonté d’arrêter les antibiotiques à ce stade. « Nous avions profité des travaux pour procéder à un nettoyage complet à l’extérieur des bâtiments et limiter la prolifération des rongeurs, explique Arnaud. En 2014, nous avons eu des soucis sanitaires sur une partie de l’engraissement, avec des mortalités importantes de l’ordre de 10 %. »

Cette fois, les deux frères ont décidé de mettre en place un véritable protocole de biosécurité. Ils ont été épaulés par leur groupement de producteurs de porcs Evel’Up et le cabinet vétérinaire Breizhpig Scop SAS (lire ci-dessous).

Définir des priorités

Le principe de base est la marche en avant. « Nous nous sommes fixé des priorités à mettre en place facilement sur l’élevage », explique Stéphane Bastier, vétérinaire. Le lavage et la désinfection des salles après chaque départ de lot, du quai d’embarquement et des couloirs après chaque passage d’animaux sont devenus systématiques. « Nous avons acheté des tenues (combinaison, bottes) distinctes pour la partie réservée aux truies, et pour le PS et l’engraissement. Des points d’eau pour laver les bottes, ainsi que des pédiluves ont été disposés à plusieurs endroits. »

Pour gagner du temps, ils ont investi dans un nettoyeur à haute pression en poste fixe pour la section des porcelets et des porcs charcutiers. Son coût s’élève à 6 000 € HT. La disposition des bâtiments ne permet pas un accès direct entre la maternité et le PS. Les porcelets sont donc transportés dans une benne. Les éleveurs y ont délimité trois compartiments pour ne plus les mélanger. Le transit des animaux a été revu avec l’ajout de couloirs, notamment entre les lieux d’engraissement et l’infirmerie.

Sur le plan sanitaire, la situation s’est particulièrement améliorée après la construction d’un nouveau bâtiment d’engraissement en 2018. « Les aménagements effectués nous ont donné de la souplesse pour accroître la superficie par animal PS de 0,30 à 0,35 m² et de 0,65 à 0,75 m2 en engraissement. Le résultat a été flagrant sur le taux de mortalité en PS dès le premier lot (1,6 % contre 2,5 %). » La quarantaine a été déplacée à l’entrée de la zone d’élevage avec un quai spécifique. Sa durée est passée de sept à onze semaines. Un salarié a été embauché, ce qui participe à une meilleure organisation du travail.

Trois sas sanitaires

Ces interventions, réalisées en amont, ont permis aux associés d’établir leur plan de biosécurité, imposé par la réglementation dans le cadre de la peste porcine africaine. Après sa participation à la journée de formation exigée, Arnaud a délimité trois zones (publique, professionnelle et d’élevage) par des panneaux signalétiques. Compte tenu de la configuration de l’élevage, trois sas sanitaires ont été installés. « Nous disposons d’un point principal obligatoire pour changer de vêtements. Deux autres, plus petits, et avec une tenue adaptée, ont été mis en place pour l’espace des truies, et celui du PS et l’engraissement. Leur coût est de 5 000 €. »

Pour le Gaec de Kerbohec, le bilan est positif. Les taux de perte en engraissement et post-sevrage ont diminué, tout comme les dépenses de santé. Depuis début 2018, une partie des porcs est valorisée en filière sans antibiotiques. « Ces bons résultats ont été obtenus grâce aux rencontres régulières avec tous les intervenants de l’élevage (salarié, vétérinaires, techniciens, chauffeurs), qui ont permis de nourrir notre réflexion et d’avancer », soulignent les éleveurs.

Isabelle Lejas

Le sas sanitaire principal comprend un point d’eau, une zone professionnelle avec les tenues propres à l’élevage, et une autre pour celles destinées à l’extérieur. © I. Lejas
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Le contexte

Le Gaec de Kerbohec est situé à Baud, dans le Morbihan. Il est composé de deux frères associés (Arnaud et Sébastien Lidurin), et d’un salarié.

L’élevage naisseur-engraisseur compte 380 truies et 4 800 places d’engraissement.

SAU : 260 ha, dont 120 hade maïs, 70 ha de blé,30 ha d’orge, 20 hade haricots, 20 ha de pois.

Fabrication d’aliments (partielle) à la ferme.

Le récap
Les points positifs
  • Meilleures performances technico-économiques.

  • Environnement et confort de travail.

  • Amélioration de la situation sanitaire.

Les points négatifs
  • Temps de travail, notamment pour le lavage.

  • Vigilance permanente.

« Prévenir plutôt que guérir »

« Miser sur la biosécurité et la prévention est plus gratifiant que de gérer des situations d’urgence qui se répètent dans le temps. Nous travaillons sur le long terme, dans l’objectif de stabiliser la situation sanitaire d’un élevage. La biosécurité n’induit pas nécessairement de gros investissements. Des choses simples peuvent être mises en place. Au sein de l’élevage d’Arnaud et Sébastien Lidurin, nous avons travaillé à deux vétérinaires de façon à avoir deux regards pour nous remettre en cause et chercher des solutions. Cela nous a permis d’avancer rapidement. »

Stéphane

Bastier et

Harmonie

Lamarque, vétérinaires

Breizhpig scop

SAS

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Cet article est paru dans La France Agricole

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