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Opter pour des vaches laitières de race mixte

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« J’ai beaucoup travaillésur la sélection pour arriver à une production moyenne de 7 200 litres de laitpar vache et par an », indique Laurent Colombat. © Camile Penet

En quelques années, Laurent Colombat a complètement modifié son troupeauen remplaçant ses vaches prim’holsteins par des simmentals. Une race peu répandue, qui lui donne de bons résultats en lait avec une bonne valorisation de la viande.

En 2004, au départ à la retraite de ses parents, Laurent Colombat décide d’introduire des vaches de la race simmental dans son troupeau de prim’holsteins. L’éleveur, installé depuis 1995 à Cremeaux, dans la Loire, voit dans la race son potentiel boucher et sa rusticité. « Ce sont des vaches solides avec une mixité intéressante : des aptitudes laitières grâce à une bonne mamelle et une morphologie qui se rapproche des races à viande. » Les problèmes de fertilité et de cellules, fréquents à l’époque, appuient sa décision. « J’avais besoin d’une bête robuste, qui s’adapte mieux à mon système d’exploitation. Je donne peu de maïs dans la ration, ce qui ne convient pas forcément à la prim’holstein », explique-t-il.

Il démarre la première année avec un lot de quatre vaches et dix génisses. La constitution du troupeau se fait ensuite progressivement, avec l’achat de lots dans différents élevages de la région. Aujourd’hui, le troupeau est composé de cinquante simmentals pour une référence laitière de 340 000 litres. Le renouvellement de l’effectif en production est désormais assuré, avec un taux de 25 %. « L’année dernière, j’ai acheté un petit lot d’été de cinq montbéliardes prêtes à vêler. Cela m’a coûté moins cher qu’un lot de simmentals. Mais mon but reste de travailler majoritairement avec cette race. » Sur les soixante inséminations qu’il réalise par an, dix le sont en semences sexées afin d’assurer le renouvellement du troupeau.

« Du lait et du muscle »

Les résultats de l’exploitation sont intéressants : 7 200 litres en moyenne par vache (6 500 litres pour la moyenne nationale de la race), avec un très bon rapport TB/TP (35 de TP et 42 de TB). « En conservant la même alimentation, j’ai réussi à gagner deux points sur les taux grâce aux simmentals », indique Laurent Colombat. Arriver à ce niveau de performances exige toutefois un travail sur le long cours. « Au départ, la production moyenne du troupeau avoisinait 6 200 litres par vache. J’ai beaucoup travaillé sur la sélection, avec une attention particulière sur le lait. Mon objectif est d’atteindre une moyenne de 7 500 litres par vache et par an. » La mamelle et les pattes comptent également parmi les critères importants aux yeux de l’éleveur.

Miser sur la viande

Le maintien du potentiel boucher est aussi déterminant. « Même si c’est un peu moins le cas actuellement, la vente des veaux de lait est une bonne source de revenu complémentaire. » Les veaux, issus d’un croisement simmental et charolais ou blanc bleu, sont globalement mieux valorisés que ceux issus d’un croisement prim’holstein. Leur prix moyen est de 240 €. Idem pour les vaches de réforme. Elles atteignent un poids de carcasse de l’ordre de 350 à 450 kg et sont valorisées en moyenne 2,90 €/kg, contre 2,50 € pour les prim’holsteins. « La simmental a tendance à maintenir sa note d’état corporelle pendant la lactation. Elle est donc plus facile à engraisser », poursuit l’éleveur. Pour lui, ces qualités bouchères sont loin d’être négligeables. « Elles permettent de mieux passer la crise du lait, d’autant plus que les dépenses vétérinaires sont réduites. Sur mes soixante vêlages annuels, j’interviens au maximum cinq fois et le vétérinaire fait en moyenne un vêlage par an. »

Laurent Colombat parvient à maintenir un intervalle moyen entre deux vêlages de trois cent quatre-vingts jours en moyenne. « Les simmentals produisent un peu moins de lait que les autres races laitières, notamment la prim’holstein. Mais le fait d’obtenir un veau par vache et par an compense largement. »

Camille Penet

Le contexte

lLaurent Colombatest installé à Cremeaux,dans la Loire.

lIl élève 50 simmentalset 5 montbéliardes et livre 340 000 litres de laità Sodiaal.

lIl commercialiseune dizaine de veauxde lait sous l’appellation « veaux du Velay ».

lSa SAU est de 78 ha,dont 8 ha de maïs, 9 ha de céréales, 20 ha de prairies temporaires, le resteen prairies permanentes.

La simmental est une vache musclée et facile à engraisser. © Camile Penet
Un attrait croissant en élevage

L’exploitation de Laurent Colombat fait partie des cinq élevages de la Loire comptant uniquement des simmentals. « C’est une race encore peu connue dans notre département. Mais au niveau national, elle intéresse de plus en plus, notamment en Bretagne et dans le périmètre de l’AOC Laguiole. Sa mixité lait-viande est un atout apprécié. De nombreux éleveurs se tournent également vers cette vache pour répondre aux problèmes de cellules ou de fertilité, parfois rencontrés avec les races laitières spécialisées. » L’éleveur n’hésite pas à participer à des concours locaux « pour la faire connaître ». Au 1er janvier 2018, on comptait 40 000 femelles simmentals dans toute la France. Les effectifs ont progressé de 26 % en dix ans (chiffres Simmental France).

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Cet article est paru dans La France Agricole

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