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Maximiser le pâturage pourles génisses laitières

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« Selon la date d’entrée du lot, les génisses peuvent démarrer au pâturage dès l’âge de 6 mois » explique Stéphane Brizard. © Photos : I. Lejas

Chez Stéphane Brizard, spécialisé dans l’élevage de génisses, le pâturage rime avec d’excellentes performances techniques.

Un âge moyen au vêlage de 24 mois toutes races confondues, un poids de plus de 570 kg à 21 mois et un temps de pâturage moyen de dix mois sur la période d’élevage de la génisse. Les bonnes performances obtenues par Stéphane Brizard sont liées à une conduite rigoureuse par lots.

Après avoir cessé la production laitière, Stéphane s’est spécialisé dans l’élevage des génisses en 2015, au travers du contrat « déleg’géniss » d’Eilyps (conseil en élevage). Les élèves arrivent à 35 jours par lot de 32, toutes races confondues (holsteins, normandes, montbéliardes…). Elles repartent chez les naisseurs un mois avant le vêlage à 570 kg.

Alimentation, gestion du pâturage, sanitaire, reproduction : la stratégie de l’éleveur est de travailler par lot pour rationaliser le travail et être plus efficace. Sept lots cohabitent sur l’exploitation : lot nurserie (35 jours-2,5 mois), lot post-sevrage (2,5 - 6 mois), lot 6-9 mois, lot 9-12 mois, lot IA (12-15 mois), et deux lots des gestantes (15-18 mois) et (18-21 mois) « Le stade 0-6 mois est une période clé pour la croissance, explique Stéphane. Mon objectif est d’atteindre 200 kg à 6 mois. » Les génisses sont pesées à leur arrivée. « En général, elles ont 15 à 20 kg de retard à 35 jours. » En nurserie, elles reçoivent un repas de poudre de lait par jour et des concentrés en granulés. Le sevrage démarre lorsqu’il y a 2 kg de concentrés consommés (pesée des refus). Durant cette phase post-sevrage, le lot reçoit une ration sèche à volonté à base de paille, foin, mélasse, soja, maïs grain, minéral. Réalisée sur l’exploitation, son coût est calculé à 118 €/t.

Dehors dès la première année

Au-delà de 6 mois, toutes les génisses vont à l’herbe en période de pâturage. Chaque lot dispose de ses propres parcelles. L’éleveur utilise le pâturage tournant avec un paddock tous les cinq à six jours. Il ne raisonne pas selon une surface par génisse mais selon un tonnage. « Il faut 3,3 tonnes de poids vif par hectare. » Bovin croissance pratique une pesée tous les trois mois et l’éleveur en effectue au moins une entre-temps, grâce à un parc de contention.

Au pâturage, les génisses de moins de 15 mois sont complémentées avec 1,5 kg de maïs grain et du minéral. Celles de plus de 15 mois ne reçoivent pas de complémentation mais passent en ration d’hiver lorsqu’il n’y a plus d’herbe. Les prairies sont composées de ray-grass anglais, fétuque, dactyle et trèfle. La fétuque résiste davantage en période estivale. « Le lot de juillet affichait un GMQ moyen de 1,3 kg avec du pâturage en plat unique », se réjouit le producteur. En hiver, la ration comprend de l’ensilage de maïs, du soja et de la paille dont la quantité est adaptée selon le lot.

Inséminations dès 12 mois

Côté parasitisme, la gestion des parcelles par lot évite la contamination. Les bouses sont analysées au début juillet et octobre, à raison de 5 à 6 génisses par lot. Celui-ci est soigné si le résultat est positif. Il n’y a pas eu de traitement depuis deux ans. Le coût s’élève à 15 € par analyse, contre 6 à 8 € par génisse pour les soins.

Pour l’éleveur, la reproduction est une phase cruciale. Les premières chaleurs sont repérées dès 10 mois et les inséminations (IA) démarrent à 12 mois, « dès lors que la génisse pèse 200 kg à 6 mois ». Les paddocks, proches de la maison, leur sont réservés, et Stéphane utilise des colliers de détection des chaleurs.

Les résultats sont au rendez-vous : 80 à 85 % de réussite en première IA, 98 % après la deuxièmee IA et 1,1 paillette par génisse pour un vêlage moyen à 24 mois. Cette conduite permet de livrer des animaux conformés en limitant les charges. « Le potentiel d’un animal, c’est 80 % d’élevage et 20 % de génétique », conclut-il.

Isabelle Lejas

Le nouveau bâtiment, fonctionnel depuis début octobre, a coûté 120 000 €. Il abrite trois lots de génisses. Les animaux ne se croisent pas pour accéder à leurs paddocks de pâturage.
Le lot des génisses de 8 à 9 mois dispose d’un parc renforcé avec quatre rangs de barbelés et une clôture électrifiée.
Le contexte

Stéphane Brizard est installé à Bruz, en Ille-et-Vilaine. L’élevage est composé de l’exploitant et d’un salarié à temps partiel (20 %) pour les cultures.

L’atelier génisses compte une nurserie (32 places), une ancienne stabulation laitière (120 places) et un bâtiment neuf de 2019 (100 places). Deux sites de pâturage.

75 ha de SAU, dont 30 ha de céréales (blé, triticale), 15 ha de maïs et 30 ha de prairies

« Abaisser le coût du renouvellement »

« Plus les génisses vêlent tôt, plus elles ont de chances de faire une carrière longue. Le renouvellement du troupeau est un poste onéreux. Pour un élevage de 100 VL, entre un taux de renouvellement de 25 et 40 %, le différentiel de coût est de 10 000 € par an (le montant d’élevage étant supérieur au prix de réforme, et la production laitière d’une primipare étant inférieure de 1 000 kg à une multipare). Le coût journalier d’une génisse autour de la période de reproduction est de 1,70 €. Pour un troupeau de 60 VL, un retard de cycle (21 jours) pour un renouvellement de 20 génisses s’élève à 715 €. Les statistiques du contrôle laitier donnent un âge moyen au premier vêlage de 28 mois, soit six cycles de retard par rapport à un âge de 24 mois. Le surcoût est ainsi proche de 4 300 €. »

Martial Chesnais, animateur groupe génisses Ceta 35

Le récap
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Cet article est paru dans La France Agricole

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