Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Jouer la palette des pommes de haut de gamme

réservé aux abonnés

Arboriculture - Jouer la palette des pommes de haut de gamme
« Nos parcelles en bio et nos nouvelles plantations sont entièrement fermées avec des filets à mailles fines contre le carpocapse », expliquent Laurent Martinet, Olivier Dutertre et Christophe Ochs (de gauche à droite). © Brun Conditionnement

Dans le Tarn-et-Garonne, les SCEA Brun Production et Dublanc ont planté 65 ha de variétés de pommes haut de gamme, prisées des consommateurs.

En 2011, Olivier Dutertre, Christophe Ochs et Laurent Martinet, tous trois spécialistes en arboriculture, ont créé la SARL Brun Conditionnement pour reprendre la SCEA Brun Production, à Asques, dans le Tarn-et-Garonne. En âge de prendre sa retraite, Roland Brun souhaitait transmettre ses 70 ha de vergers et sa station fruitière. L’année suivante, à Mas-Grenier, à 20 km de là, la SCEA Dublanc et ses 25 ha étaient à vendre. Une opportunité que les trois hommes ont également saisie pour développer leur activité. Ex-salarié de Brun Production, Olivier Dutertre est en charge des vergers. Laurent Martinet, qui fut directeur d’une coopérative fruitière à Nantes, dirige la station fruitière. Et Christophe Ochs, issu d’une famille d’importateurs de fruits et légumes, gère les finances et commercialise la production via la SARL Albafruit, à Moissac.

Des vergers couverts

« Au départ, notre idée était juste de faire aussi bien que Roland Brun, nous n’avions pas de projet d’agrandissement, raconte Laurent Martinet. Finalement, plusieurs extensions successives nous permettent d’exploiter désormais 146 ha de pommiers et 14 ha de kiwis. En 2012, nous produisions 2 500 t de pommes, aujourd’hui, nous sommes à plus de 6 000 t et nos plantations récentes ne sont pas toutes en production. À terme, nous devrions atteindre 8 000 t. » Pour leurs nouveaux vergers, les arboriculteurs ont choisi de développer des variétés haut de gamme, qui se vendent bien et sont économiquement intéressantes. Ainsi, plus de 50 % de la surface totale est-elle implantée en chanteclerc, envy™, jazz™, joya® et pink lady®. De plus, un bloc isolé de 15 ha est conduit en bio avec des variétés résistantes à la tavelure, telles que juliet®, pixie ou story.

Tous les vergers sont irrigués par goutte-à- goutte, microjets, ou aspersion pour lutter contre le gel. L’ensemble est couvert de filets paragrêles. « Nos parcelles en bio et nos nouvelles plantations sont aussi entièrement fermées avec des filets à mailles fines contre le carpocapse. Nous espérons qu’ils seront également efficaces contre les autres insectes susceptibles de faire des dégâts, poursuit Laurent Martinet. Selon le coût des arbres et la densité de plantation, l’implantation d’un hectare de verger irrigué et couvert revient à 45 000 €.

Brun Conditionnement a, par ailleurs, agrandi sa station fruitière. L’extension a permis d’ajouter un hall de précalibrage, une nouvelle ligne d’emballage de pommes et une de calibrage de kiwis et de prunes. Les pommes peuvent rester jusqu’à un an en chambre froide sous atmosphère contrôlée. Au fur et à mesure des demandes des clients, elles sont calibrées, triées, convoyées dans l’eau et reconditionnées en palox en plastique, puis stockées dans un magasin automatisé, bâti sur 600 m² et 24 m de hauteur. Finalisé début 2020, celui-ci est doté du procédé HD Cold (lire l’encadré). Il est équipé de racks, traversés par deux allées, le long desquelles se déplace un robot transtockeur. Les palox sont scannés à l’entrée, puis pris en charge par le bras du transtockeur qui les dépose à l’emplacement choisi.

Un Magasin automatisé

Première entreprise en France à posséder un tel outil pour gérer son stock de pommes, Brun Conditionnement dispose de 1 400 emplacements pouvant contenir chacun une pile de trois palox, soit environ une tonne de fruits. « Le magasin automatisé nous permet de connaître l’état de nos stocks en temps réel et d’éviter les pertes de fruits, détaille Laurent Martinet. En outre, son taux de remplissage est bien supérieur à celui d’une chambre froide habituelle, qui ne s’utilise qu’à 50 %. »

Brun Conditionnement a investi 6 M€, ces trois dernières années, dans ses vergers et sa station. Avec les apports d’autres producteurs du département, elle devrait stocker 16 000 t de fruits en 2020. Ses installations étant conçues pour traiter 20 000 t, elle a encore de la marge pour se développer.

Florence Jacquemoud

Le contexte

Tarn-et-Garonne : Asques, Mas-Grenier et Moissac.

Quatre structures : SCEA Brun production, SCEA Dublanc, SARL Brun conditionnement, SARL Albafruit.

SAU : 146 ha de pommes, 14 ha de kiwis.

Effectif : 45 ETP et 55 saisonniers en septembre-octobre.

Production 2019 : 6 000 t de pommes, 300 t de kiwis.

Conservation naturelle sans perte

Le magasin automatisé est équipé de la solution brevetée de froid industriel HD Cold, conçue par la société tarn-et-garonnaise DPKL.

Ce procédé permet de stocker les fruits en froid normal pendant six mois, voire davantage en atmosphère contrôlée, sans forcément utiliser de traitement post-récolte. Contrairement au système de froid classique, il se passe totalement de dégivrage, ce qui évite une montée en température dans la chambre froide.

« Les fruits sont gardés à un peu plus de 1 °C, avec une hygrométrie proche de 100 %, exempte de brouillard ou de dépôt d’air liquide, si bien que l’on supprime le stress hydrique, explique Benoît Duparc, créateur de DPKL. Ainsi, notre système réduit la déshydratation, il n’y a donc plus de perte de poids et les stress oxydatifs abîmant les fruits sont réduits. »

Le récap
Les points positifs
  • Bonne rentabilité des variétés haut de gamme.

  • Confort, rapidité de travail et moins de pertes de fruits avec le magasin automatisé.

  • Moins de traitements au verger et en post-récolte.

Les points négatifs
  • Ces variétés nécessitent plus d’interventions manuelles dans les plantations, leur coût de production est élevé.

De la cueillette à la distribution

Pour éviter que les pommes ne perdent en qualité dans le magasin automatisé, les premières rentrées sont aussi les premières expédiées.
Pour éviter que les pommes ne perdent en qualité dans le magasin automatisé, les premières rentrées sont aussi les premières expédiées.
Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !