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Élever des poulettes en volières

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François Terpant et son frère Bruno viennent d’opter pour l’élevage des futures poules pondeuses en volières. Un système qui concilie confort de travail, bien-être animal et de meilleurs débouchés que la cage.

«Depuis que je me suis installé à la suite de mon père en 2002, j’ai arrêté, avec mon frère, la production de poulettes en cages dans plusieurs bâtiments vétustes, n’étant plus en adéquation avec la charte sanitaire sur les salmonelloses. Il était urgent de réorienter notre système d’élevage », indique François Terpant, à Hostun, dans la Drôme. L’éleveur est depuis longtemps convaincu que l’avenir du métier passera par la volière. « Ce mode d’élevage surfe sur deux vagues : celle du bien-être animal et celle de l’efficacité économique. C’est également le système le plus polyvalent. Les poules qui en sortent peuvent pondre n’importe où : plein air, volières, cages aménagées… Cela assure de meilleurs débouchés. »

François et son frère Bruno ont démarré la construction de leur bâtiment en mars 2018 et l’ont achevée en décembre de la même année. Les premiers poussins âgés d’un jour sont arrivés en janvier dernier. « C’est le premier élevage de poulettes en volières créé dans les régions Rhône-Alpes et Provence - Alpes-Côte d’Azur », indique François.

Cet édifice de 1 500 m2 est isolé des autres poulaillers de l’exploitation pour des raisons de sécurité sanitaire. Il est composé de quatre rangées de volières de trois étages fixes, soit 1 600 modules pour 60 000 poulettes. Il est équipé des dernières technologies : une colonne de lavage d’air, une piscine de récupération des poussières, un système de brumisation (voir infographie).

« Afin de réduire les nuisances olfactives et les émissions d’ammoniac, nous avons également installé un système de séchage des fientes, permettant d’obtenir plus de 80 % de matière sèche. Ces déjections sont évacuées par des tapis toutes les semaines et stockées dans une aire appropriée avant d’être épandues sur nos terres ou vendues à d’autres agriculteurs. » Le bâtiment est chauffé à l’aide de quatre canons à gaz à air pulsé. « La volière nous permet de consommer moins de gaz qu’un système d’élevage au sol. Notre consommation avoisine 3 t par lot en hiver et 1 t en été. »

Adapter la lumière

Pour François, « être éleveur de poulettes en volières demande davantage de compréhension de l’animal et implique de rompre avec ses habitudes. Il faut inciter les volailles à se percher, les préparer à vivre dans un volume et non une surface, leur apprendre à se déplacer pour aller pondre dans le nid. Aujourd’hui, j’ai l’impression de redevenir éleveur. Notre rapport avec les bêtes est meilleur qu’en élevage en cages. Leur bien-être est amélioré car elles retrouvent leur comportement naturel. »

Si les fondamentaux ne sont pas bousculés (programme lumineux, alimentation, prophylaxie sanitaire), des adaptations sont cependant nécessaires. « Il convient notamment de régler les sources lumineuses aux besoins des poulettes. Du premier au centième jour, en phase de croissance, les volailles sont éclairées avec des leds blanches à 4 000 kelvins pour les inciter à boire et à manger. Elles le sont ensuite avec des leds jaunes à 2 700 kelvins pour les stimuler et, ainsi, favoriser le système hormonal et la ponte. Le soir, seules les lumières dans les volières restent allumées pour inciter les bêtes à aller dans le nid et se percher. Une fois toutes rentrées, le dispositif s’éteint automatiquement. »

Les poulettes sont élevées jusqu’à cent vingt jours, à l’issue desquels elles sont prêtes pour leur transfert en élevage de ponte. Les frères Terpant élèvent entre 2,4 et 2,5 bandes de 60 000 poulettes par an. L’investissement pour leur nouveau bâtiment s’élève à 1,2 M€, aidé à hauteur de 80 000 € via un PCAE et de 30 000 € par les Fermiers du Sud-Est, avec qui le contrat d’intégration court sur douze ans. L’intégrateur fournit les poussins, l’aliment, et assure un suivi technique et la commercialisation des animaux.

Camille Penet

Le récap
Les points positifs
  • Comportement naturel des animaux.

  • Confort pour l’éleveur, qui travailleà hauteur d’homme.

  • Meilleure homogénéité des lots.

Les points négatifs
  • Surcharge de travail pour la mise en placedu matériel et la surveillance.

  • Gestion d’automatismes plus complexes.

Le contexte

L’EARL Les Bruyères est située à Hostun, dans le nord de la Drôme. Elle est composée de deux associés : François Trepant et son frère Bruno.

L’exploitation compte 80 000 poulettes en cageset 60 000 poulettes en volières, en intégration avec les Fermiersdu Sud-Est.

La SAU est de 60 hectares, dont 40 ha de noyers et 20 ha de grandes cultures (blé, maïs, colza).

Une éducation en plusieurs étapes

Le jour de leur arrivée, une centaine de poussins sont enfermés ensemble dans un même module situé à l’étage du milieu. Pour leur apprendre à manger, l’aliment est posé sur des alvéoles en carton et dans la mangeoire. L’eau leur est distribuée par pipettes. Le dixième jour, la moitié des animaux de chaque module est déplacée au niveau inférieur. Le vingt-huitième jour, les cloisons des modules sont retirées et les portes ouvertes. Des marchepieds et des échelles sont également installés. Les premiers sont retirés à J35 et les deuxièmes à J49. Les perchoirs s’éloignent progressivement des nids. Le troisième étage est ouvert au cinquante-sixième jour. Les poulettes se déplacent alors aisément à tous les étages. Le passage de la lumière au blanc chaud (leds jaunes) a lieu à J100.

« L’élevage en volières est une autre façon de travailler. Nous observons davantage nos poulettes », indique François Terpant. L’investissement pour le poulailler de 1 500 m² s’élève à 1,2 million d’euros. © Camile Penet
Avant de rejoindre un élevage de ponte, les poulettes apprennent à manger, boire, déambuler dans le bâtiment, voler. © Camile Penet
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Cet article est paru dans La France Agricole

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