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Efficacité maximale dans la porcherie

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Jean-Yves Corbel allie performances techniques (29 porcs vendus/truie/an) et efficacité au travail, avec 15 h/truie/an, soit 3 h/truie/an de moins que la moyenne bretonne.

Avec à peine plus de 15 h de travail par truie et par an, Jean-Yves Corbel figure parmi les naisseurs-engraisseurs de porcs les plus efficaces au travail (voir encadré). À la tête de 240 truies, l’exploitant flirte avec les records au niveau de ses résultats techniques avec, notamment, 29 porcelets sevrés par truie par an. « Le nombre de porcelets sevrés reste primordial pour moi, car il est déterminant pour le revenu, souligne-t-il. Je ne tiens pas le compte précis de mon temps passé auprès des animaux. »

Comme Jean-Yves, les exploitants les plus efficaces n’ont pas toujours conscience de leur performance. La bonne organisation du ou des bâtiments est souvent un élément déterminant pour gagner du temps. Dans le cas de Jean-Yves, la construction récente de son bâtiment, en 2001, constitue un atout important. Les deux blocs de la porcherie sont conçus pour que les déplacements soient limités (voir infographie). Pour rejoindre la maternité, par exemple, les truies gestantes n’ont qu’un couloir à traverser. « Tout est à sa place dans les couloirs, rien ne traîne, ajoute Thierry Bellec, de la chambre d’agriculture. Les cases sont de plain-pied. La présence de portillons facilite le passage d’une salle à une autre. » Les trajets sont courts. Il y a peu de bifurcations et peu de variations lumineuses qui peuvent ralentir la progression des animaux. En trois minutes, les transferts sont réalisés, soit quatre à six fois plus vite que la moyenne des exploitations enquêtées.

Des animaux en confiance

La distribution de l’alimentation automatisée dans la plupart des salles (sauf en quarantaine) constitue un atout important pour l’organisation et une pénibilité réduite. Jean-Yves prend néanmoins le temps de faire le tour des auges et abreuvoirs tous les jours. « J’en profite pour caresser les animaux et leur parler, indique-t-il. Surtout en quarantaine. Il est important que les animaux se sentent en confiance tout au long de leur carrière pour être dans les meilleures dispositions possibles pour réaliser les performances de production que l’on attend. »

Le tri des truies en fin de gestation aussi est automatisé. Les femelles, en liberté dans la salle depuis 2013 pour être en conformité avec la législation, sont alimentées grâce à trois Dac. La veille de l’entrée en maternité, Jean-Yves pousse une barrière pour diviser l’espace en deux. Puis il programme la sélection des truies prêtes à mettre bas. « Le lendemain matin, elles sont toutes dans le parc à part », souligne-t-il. Exceptionnellement, il arrive qu’il en manque une. Elle est cependant facilement repérable, car tous les animaux d’une même bande sont porteurs d’un même trait de couleur.

Concernant le nettoyage des salles entre les bandes, un poste chronophage, le bâtiment de Jean-Yves présente des atouts. Dans la verraterie, par exemple, les trappes situées dans le caillebotis à l’arrière de chaque truie facilitent le nettoyage avec une raclette. Des vannes pour « brancher » le nettoyeur à haute pression sont présentes dans chacune des salles. En plus du gain de temps, ces aménagements réduisent la pénibilité. Pour autant, Jean-Yves ne ménage pas son temps au niveau du lavage et se positionne très largement au-dessus de la moyenne. Il s’astreint au nettoyage des préfosses à la sortie de chaque bande dans le but de préserver une bonne ambiance sanitaire et les résultats techniques.

La mise bas, un des postes les plus gourmands

D’ailleurs, Jean-Yves ne cherche pas spécialement à gagner du temps. « Ma priorité, c’est la productivité, explique-t-il. C’est pourquoi je prends le temps d’observer les animaux, surtout en maternité. Cela me permet de déceler précocement les problèmes. » Jean-Yves se positionne au-dessus de la moyenne (1,63 h contre 1,25 h en moyenne). « C’est une phase stratégique, ajoute-t-il. Il faut prendre le temps, sinon les résultats peuvent vite dégringoler. » L’exploitant s’organise toutefois pour concentrer les mises bas sur les trois premiers jours de la semaine en administrant un « déclencheur », dès le dimanche soir. Pendant ce début de semaine, les journées sont longues, de 6 h 30 à 22 h 30. À midi, ils se relaient avec Bruno, son salarié à plein-temps, pour le déjeuner. Mais dès le jeudi, les mises bas sont terminées. Bruno et Jean-Yves retrouvent un rythme moins soutenu. « Les tâches entre nous sont bien réparties, on ne se marche pas sur les pieds ». Encore un atout pour ne pas perdre de temps.

Marie-France Malterre
Le contexte

En 2001, Jean-Yves Corbel s’est installé à Plomeur (Finistère) à la tête de 240 truies naisseur-engraisseur. Il emploie un salarié à plein temps. L’absence de cultures constitue un atout pour l’organisation du travail.

Son bâtiment est conçu pour faciliter les transferts d’animaux. Résultat, son temps de travail par truie s’affiche parmi les plus faibles de l’enquête bretonne.

Les résultats technico-économiques restent la priorité de l’exploitant, lauréat de quatre Cochons d’Or (c’est-à-dire parmi les 40 meilleures exploitations françaises.)

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Des élevages de taille moyenne très performants

Jean-Yves Corbel a participé en 2014 à une enquête de la chambre d’agriculture de Bretagne sur le temps de travail. « Celle-ci a montré que la moyenne du temps de travail s’élevait à 18 h 12/truie/an, indique Thierry Bellec de la chambre régionale d’agriculture. Ce chiffre est en baisse de 12 % par rapport à l’enquête de 2003. De fortes disparités demeurent. L’augmentation du cheptel est le facteur principal de réduction du temps de travail. Pour autant des élevages de 200 truies, à l’image de celui de Jean-Yves Corbel figurent parmi les plus efficaces. L’automatisation des systèmes, ainsi que l’aménagement de bâtiments confortables sont les caractéristiques des exploitations les plus performantes. Reste que l’approche du temps de travail est très spécifique à chaque personnalité. Certains passent volontairement beaucoup de temps. »

Le récap
Les points positifs
  • Bâtiment récent et de plain pied

  • Circulation des animaux cohérente

  • Rien ne traîne dans les couloirs

  • Une seule production (pas de cultures)

Les points négatifs
  • Semaine de mise bas exigeante en surveillance (tôt et tard)

« Nous travaillons avec la radio dans toutes les salles de la porcherie. Cela participe au confort de travail », indique Jean-Yves Corbel (à dr.), ici en compagnie de Thierry Bellec de la chambre d’agriculture. © Photos : M.-F. Malterre
Trappes. Dans la verraterie, les trappes permettent de gagner du temps sur le raclage.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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