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Diversifier la production de fruits

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20 à 30 % de la production de fruits de l’entreprise est transformée par des prestataires extérieurs. © Photos : Ch.Sarrazin

L’arboriculteur arlésien Stéphan Charmasson ne produisait que de la pomme. Il y a quatre ans, il a décidé de se lancer dans la poire et d’autres fruits, qualifiés d’alicaments : la grenade, le kaki et la baie de goji.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Stéphan Charmasson ne fait pas les choses à moitié. En 2016, cet arboriculteur de la commune d’Arles (Bouches-du-Rhône) a lancé un vaste chantier de diversification de son verger de pommes. Cette année-là, il a racheté 6 hectares de poiriers et a implanté de la grenade sur 9 ha. L’année suivante, il a introduit le kaki (7 ha), le kiwi (2 ha) et la baie de goji (3 ha) et la variété locale d’amande, la Lauranne. En 2018, il a mis en place des jujubiers, des néfliers, des nashis (poires japonaises) et des feijoas, connus également sous le nom de goyaviers du Brésil. L’an passé, c’est au tour du figuier d’être établi sur le Mas Daussan. L’hiver prochain, l’arboriculteur plantera des fruits à noyau : pêchers, cerisiers, pruniers, abricotiers, et du raisin de table. Si bien qu’au cours des cinq dernières années, la superficie de l’exploitation aura augmenté de 40 à 80 hectares. Pour s’agrandir, le producteur a racheté des parcelles voisines. Tout est cultivé en bio depuis 2015.

« Avant d’opérer ces plantations, nous avons diversifié la gamme de nos pommes, relate-t-il. Nous sommes passés d’une poignée de variétés – golden, gala et granny – à vingt-cinq aujourd’hui. » Avec, parmi les principales arrivées, ariane, story, chanteclerc, opale, reinette grise du Canada, dalinsweet et garance. La plupart d’entre elles sont résistantes à la tavelure et faiblement sensibles aux maladies cryptogamiques telles que l’oïdium. Elles sont donc bien adaptées à la conduite du verger en bio. De plus, en mixant les variétés, le Mas Daussan a étendu le calendrier de récolte du 20 juillet à la fin novembre.

Même chose avec la poire. « Le verger que nous avons repris comportait essentiellement des guyots et des williams, explique Stéphan. Il y a trois ans, nous en avons arraché une partie et nous les avons remplacées par des variétés résistantes au feu bactérien : harrow sweet, harrow love, carmen… Elles vont entrer en production cette année. La cueillette s’étalera ainsi de la mi-juillet à fin novembre. »

Présence dix mois sur douze

Les nouveaux fruits de l’exploitation permettront à l’agriculteur d’être présent sur le marché quasiment dix mois sur douze. Autrement dit, du mois de mai avec les fruits à noyau, jusqu’au mois de mars avec les kiwis. Autre intérêt, la grenade, la baie de goji, le kaki ainsi que la figue… font partie « des alicaments » et sont très demandés par les consommateurs.

Comme pour la pomme et la poire, l’arboriculteur a marié plusieurs variétés au sein de chaque espèce. Il cultive ainsi huit variétés de grenades, acored, ER et parfianka étant les principales. « Nous proposons des acidulées, des douces, des très ou faiblement colorées, ainsi que des fruits à pépins mous pour la transformation en jus », détaille-t-il. Cette année, il en a récolté 50 tonnes, soit un rendement moyen de 12,5 t/ha, ce qui correspond à la productivité moyenne du grenadier.

Ses nouveaux arbres fruitiers exigent, toutefois, une taille spécifique. À titre d’exemple, le kaki fructifie sur le tiers terminal des bois de deux ans. Un ingénieur agronome a été recruté il y a trois ans afin de former et d’encadrer les équipes.

Stéphan Charmasson a également connu des déconvenues. « La baie de gogi est un buisson qui produit dès la première année de plantation, explique-t-il. Mais, les rendements n’ont pas été au rendez-vous. De plus, les fruits ne parviennent pas à maturité au même moment. Pour les récolter, il faut passer à plusieurs reprises, ce qui a un impact sur les coûts de production. » Il a donc arraché la moitié des plantations un an après leur mise en place.

L’arboriculteur espère qu’à terme, l’addition de ces différentes espèces contribuera à diminuer la pression de certains ravageurs. D’après lui, le forficule du pêcher est le meilleur prédateur du puceron du pommier. Un autre atout de la diversification.

chantal sarrazin

100 % de vente en direct

Stéphan Charmasson commercialise l’intégralité de sa production en direct. Parmi ses clients privilégiés figure Biocoop, au travers du groupement de producteurs Solébio, mais aussi Les Nouveaux Robinson ou encore les enseignes de la grande distribution classiques. De 20 à 30 % de la production est transformée. « Nous ne laissons aucun fruit dans les vergers, souligne-t-il. Nous faisons des compotes avec les fruits peu abîmés, des jus avec ceux plus abîmés et des jus fermentés, cidres et pétillants avec les très abîmés. »

L’arboriculteur vend le litre de jus de pomme 2 euros et les 3 litres de jus de grenade 5,30 euros. Il invente aussi des recettes. Sa compote de pommes aux baies de goji a remporté un franc succès. Stéphan a le projet de s’équiper dans du matériel lui permettant de sécher ses fruits.

Le récap
Les points positifs
Les points négatifs
Stéphan Charmasson a commencé par diversifier sa gamme de pommes. Aujourd’hui, il en cultive vingt-cinq variétés.
Le contexte

• SARL Mas Daussan à Arles (Bouches-du-Rhône).

2 000 t de fruits, dont 90 % de pommes. Dix salariés à temps plein.

• Surface : 82 ha, dont pommiers : 43 ha, grenadiers : 9 ha,

kaki : 7 ha, poiriers : 6 ha, pêchers : 3 ha, raisin de table : 2,5 ha,

kiwi : 2 ha, amandier : 2 ha, goji : 1,5 ha, figuier : 1 ha, cerisiers : 1 ha, abricotiers : 1 ha, pruniers : 1 ha, feijoas : 0,5 ha, jujubiers : 0,5 ha, néflier : 0,5 ha, nashi : 0,5 ha.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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