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Deux troupeaux laitiers pour exploiter toutes les surfaces

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Complémentarité - Deux troupeaux laitiers pour exploiter toutes les surfaces
Au Gaec du Galastre, David Bourrier (à gauche) et Manuel Fournier produisent du lait de vache et du lait de chèvre, transformés pour partie en fromages par Manuel. © Frédérique Ehrhard

Au Gaec du Galastre, les vaches et les chèvres se complètent au pâturage et élargissent la gamme de produits transformés.

«En trois ans, les chèvres ont bien travaillé ! Elles ont reconquis des pâtures dans des zones non-mécanisables où les genêts et les ronces dominaient, et où les vaches n’allaient plus », retrace Manuel Fournier, éleveur au Malzieu-Forain, en Lozère.

À la fin de l’année 2017, il s’est associé avec David Bourrier, qui avait repris la ferme de ses parents deux ans auparavant. Ils ont alors envisagé deux options : augmenter le nombre de vaches laitières ou créer un deuxième troupeau avec des brebis ou des chèvres. « Nous avons finalement opté pour les chèvres, car ce sont d’excellentes débroussailleuses », explique Manuel, qui apprécie, par ailleurs, leur caractère affectueux.

Achat de femelles pleines

Pour démarrer rapidement la traite, la transformation et la vente, il a acheté 17 chèvres pleines, dans le Cantal, déjà habituées au pâturage. Puis il a gardé des chevrettes pour augmenter l’effectif, actuellement de 32 chèvres. « Pour les loger, j’ai aménagé un ancien poulailler de 200 m2 que j’ai bien isolé, car ce sont des animaux qui craignent le froid », note-t-il.

« Les chèvres sont de bonnes débroussailleuses. »

La traite des chèvres dure de février à novembre. Leur ration durant l’hiver, par jour et par tête, est constituée de 2,4 kg de foin de prairie naturelle et 400 g de foin de luzerne. « À la traite, je complète avec 700 g de concentré, associant 200 g de céréales, 300 g de tourteau et 200 g de drèches de maïs », détaille Manuel. La mise à l’herbe stimule la lactation. « Je commence à les sortir fin avril, en constituant de grands parcs où les chèvres trouvent à la fois des zones embroussaillées et de l’herbe. Cependant, le plus souvent, elles commencent par les ronces ! »

Nouvelle stabulation

Les vaches laitières, pour l’instant logées dans une étable entravée dans le village, vont bientôt déménager dans la nouvelle stabulation. Celle-ci est située au milieu des pâtures. « Ce sera plus simple pour pratiquer un vrai pâturage tournant. Mon objectif est de leur faire consommer de l’herbe jeune afin de gagner en production de lait autonome », indique David.

Leur ration hivernale est constituée de 20 kg bruts d’ensilage d’herbe, 3 kg d’enrubannage, 6 kg de foin de première coupe et 2 kg de regain, complétés par 2 kg de céréales, 1 kg de tourteau et 3 kg de concentré énergétique (maïs, blé et orge). Elles pâturent ensuite de mi-avril à novembre, d’abord sur les prés de fauche qu’elles dépriment, puis dans les pâtures les plus accessibles. « Elles ne reçoivent alors que 3 kg de foin et du concentré à la traite, 2 kg de céréales, 0,75 kg de tourteau et 2 kg de correcteur », précise-t-il.

Lorsqu’il fait sec l’été, les vaches trouvent de l’herbe dans les pâtures boisées en complément des regains. Les chèvres repassent derrière elles trois semaines après pour consommer les refus. « Avec ces deux troupeaux, nous utilisons au mieux toutes les surfaces. Et quand les chèvres auront fini de bien débroussailler les pâtures, nous gagnerons encore en autonomie fourragère », relève Manuel.

Accroître la production

Le prochain challenge est d’augmenter la production de lait de chèvre afin de répondre à la demande en fromages. « Les ventes progressent et, en 2020, j’ai été en rupture sur certains produits en fin de saison », observe Manuel. Il a commencé à réformer les chèvres les moins productives et, cet hiver, il a recalé la ration. « Mon objectif est de passer de 1,6 à 2 l par chèvre et par jour afin d’arriver à transformer 15 000 l », affirme-t-il.

La transformation offre des possibilités de revaloriser le lait de vache. « L’an dernier, la coopérative nous a demandé de réduire les livraisons à cause du Covid-19. Manuel a alors transformé 1 500 l en tommes », rapporte David. Ces fromages ont séduit une partie de la clientèle et se sont vendus sans problème. « C’est un atout d’avoir une gamme plus large. Désormais, nous allons communiquer sur les deux laits », ajoute Manuel.

Frédérique Ehrhard

Des laits bien valorisés en transformation

Avec la nouvelle stabulation, où les génisses sont déjà installées, David va gagner du temps au quotidien.
Le contexte

• Associés en Gaec, David Bourrier et Manuel Fournier élèvent 35 vaches montbéliardes et 32 chèvres alpines à 1 100 m d’altitude, au Malzieu-Forain, en Lozère.

• SAU de 125 ha dont 7 ha de seigle et triticale, 15 ha de prairies temporaires multi-espèces, 40 ha de prairies permanentes et 63 ha de pâtures.

• Le lait de vache est collecté par Sodiaal.

• Manuel transforme le lait de chèvre et une partie du lait de vache. Il valorise ces produits en circuit court.

Des travaux en entraide

Avec des vaches et des chèvres, un atelier de transformation et une boutique à la ferme, le travail ne manque pas ! David et Manuel conduisent chacun leur troupeau et assurent ensemble les récoltes de fourrages. Ils peuvent également compter sur l’aide de Stéphanie, la sœur de David. Celle-ci s’est installée, à titre individuel, sur 30 ha de pâtures de la ferme familiale. Elle y élève une quinzaine de vaches charolaises et produit en complément des poulets en bio. David et Manuel effectuent pour elle toutes les tâches nécessitant un tracteur. En retour, la jeune éleveuse aide David à traire et à faire téter les veaux. Durant l’été, elle relaye aussi Manuel, qui est mobilisé par la vente. « Les jours où je dois assurer à la fois la transformation et les marchés, elle s’occupe de la traite et de l’emprésurage du lait », apprécie-t-il.

Le récap
Les points positifs
  • Des surfaces reconquises grâce aux chèvres.

  • Des pâtures groupées et bien utilisées par les deux troupeaux.

  • Une gamme de fromages plus large avec les deux laits (chèvre et vache).

Les points négatifs
  • Des bâtiments et une salle de traite pour chaque espèce.

  • Davantage de travail avec deux troupeaux.

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