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Des v eaux sous la mère pour valoriser un petit troupeau

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Travail. « Il ne faut que 35 minutes pour faire téter une quinzaine de veaux », notent Stéphane (à g.) et Gérard Lafitte, deux des trois associés du Gaec Génibrel. © Frédérique Ehrhard

Au Gaec Génibrel, les trois associés ont développé la production de veaux et allégéle travail auprès de leurs 35 vaches, grâce à la construction d’un nouveau bâtiment.

«En 2016, lorsque je me suis installé en Gaec avec mes parents, nous avons développé la production de veaux sous la mère afin de dégager un revenu supplémentaire. Et pour alléger le travail, nous avons construit un bâtiment équipé d’une salle de tétée », explique Stéphane Lafitte.

À côté des cultures de vente, ses parents produisaient déjà des veaux sous la mère avec un petit troupeau constitué d’une vingtaine de blondes d’Aquitaine et de limousines, ainsi que de quelques laitières servant de nourrices. « Les vaches étaient à l’attache dans une étable déjà bien remplie. Il n’était pas possible d’agrandir le troupeau sans investir », note-t-il.

Renouvellement acheté

Le nouveau bâtiment, construit en 2017 pour un coût de 160 000 €, offre quarante-cinq places en stabulation libre paillée. « Il est plus facile d’y repérer les vaches en chaleur. Nous avons réduit l’intervalle entre les vêlages, et nous comptons progresser pour approcher un veau par vache et par an », souligne Stéphane. La luminosité devrait aussi y contribuer, en favorisant le retour précoce en chaleur.

Pour obtenir davantage de veaux, le Gaec insémine toutes les mères avec des taureaux typés viande, et achète le renouvellement à des éleveurs sélectionneurs. « Nous cherchons des génisses bien conformées, dont le père a un bon index pour la production de lait », précise Gérard. à l’insémination, les associés choisissent des taureaux Inra 95 pour les nourrices, et des blonds ou des limousins pour les allaitantes. « Nous privilégions la conformation bouchère, mais nous regardons aussi la facilité de naissance. Il faut parfois aider les vaches. Pour simplifier la surveillance, nous avons installé une caméra au-dessus des box de vélage », détaille Stéphane.

En deux ans, le troupeau a atteint trente-cinq mères. Lors de son installation, Stéphane a apporté 25 ha de prairies, ce qui a permis de rester autonomes en fourrages. « Nous achetons de la luzerne sur pied à des voisins en bio. Cela évite d’utiliser du correcteur azoté », note le jeune éleveur. Les allaitantes et les nourrices, conduites ensemble, reçoivent du foin de prairie temporaire et de luzerne en stabulation. Elles pâturent d’avril à novembre. Celles qui allaitent reçoivent aussi du concentré durant la têtée.

La salle de tétée, en forme de U, est très fonctionnelle (lire l’encadré ci-contre). « Il n’y a plus besoin d’attacher et de détacher les vaches, ni d’amener les veaux. Nous ne mettons que trente-cinq minutes pour faire boire une quinzaine d’animaux, contre une bonne heure auparavant », note Béa. Si nécessaire, une personne, aidée du chien, s’occupe seule de cette tâche. « Cela nous donne de la souplesse pour nous relayer durant les pics de travail ou le week-end », apprécie Stéphane. Pour gagner du temps au quotidien, les associés se sont aussi équipés d’une pailleuse distributrice.

L’ambiance dans le nouveau bâtiment, haut et bien aéré, est meilleure que dans l’ancienne étable. « L’été, il y fait plus frais. Les veaux poussent mieux », relève Béa. Abattus autour de cinq mois, ils donnent des carcasses de 155 kg de moyenne, qui correspondent au cahier des charges du label rouge. « Toutes les barrières sont en acier galvanisé. Les veaux ne trouvent plus de fer à lécher. Nous obtenons un meilleur pourcentage classé en 1 avec une viande très claire », constate Gérard. En conformation, les veaux des allaitantes se classent surtout en U, et ceux des nourrices en R.

Une viande plus claire

Avec des vêlages étalés sur l’année, le Gaec livre chaque mois deux à trois veaux au groupement du veau fermier du Lauragais. Les prix, fixés à l’avance dans une grille, dépendent du classement de la carcasse. « Pour un animal classé en 1 pour la couleur, U pour la conformation et 2 pour le gras, le prix est de 7,50 €/kg. Il descend jusqu’à 5,50 €/kg pour un veau classé en 2R2 », précise-t-il.

En améliorant le poids et la couleur, le prix moyen par veau du Gaec a progressé. Il se situe à 1 050 € par tête. Et avec plus de veaux vendus, le chiffre d’affaires a déjà doublé. Pour 2018, 34 650 € sont attendus. « À terme, avec quarante-cinq mères, l’élevage devrait fournir la moitié du revenu, avec des prix qui restent stables comparés à ceux des céréales », apprécie Stéphane.

Frédérique Ehrhard

Le récap
Les points positifs
  • Bonne valorisation grâceà des veaux lourdset une viande claire.

  • Gain de temps et davantage de veaux vendus grâceau nouveau bâtiment.

Les points négatifs
  • Astreinte de la tétée, mais possibilité de se relayer.

  • Trois heures aller-retour pour amener les veaux à l’abattoir.

Une salle de tétée fonctionnelle

Les trois associés ont opté pour une salle de tétée en forme de U, installée à côté de la stabulation. Les trois côtés disposent de vingt-huit places au cornadis. Au milieu se trouvent six cases collectives pour les veaux. « Nous faisons entrer les mères d’abord. Une fois qu’elles sont bloquées au cornadis, où le concentré les attend, il suffit de lâcher les veaux. Ils trouvent rapidement leurs mères, car le plus souvent, celles-ci s’installent aux mêmes places », rapporte Béa.

En se tenant au milieu du U, il est facile de visualiser tous les animaux et de surveiller si tout se passe bien. « Le plus délicat est de faire rentrer les veaux dans leur case à la fin de la tétée. À ce moment-là, il faut être deux ou se faire aider du chien », relève Gérard.

Le contexte

Le Gaec Génibrel est situé à Monthaut, dans l’Aude. Les associés, Gérard, Béa et Stéphane Lafitte, y produisent des veaux sous la mère. Ces derniers sont commercialisés sous le label rouge Veau fermier du Lauragais.

Le cheptel : 27 vaches limousines, blondes et aubracs, 8 abondances et simmentals.

94 ha de surfaces fourragères : 45 hade prairies temporaires, 45 ha de pâtureset 4 ha d’orge et de triticale.

106 ha de cultures de vente : semencesde maïs, tournesol, colza et pois chiche,blé dur et tournesol de consommation.

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Litière. La paille est stockée sur un plancher au-dessus des cases à veaux. Il suffit de la faire tomber pour pailler lors de la tétée. © Frédérique Ehrhard
Votre analyse du marché - Veaux

L’offre reste limitée

Le niveau de l’offre reste faible sur l’ensemble des marchés européens. La semaine passée, les veaux naissants ont souffert de la chaleur, avec une mortalité plus forte et des animaux en moindre forme sur les marchés. Dans les ateliers d’engraissement, les performances ont été impactées, et la mévente dans les magasins a engendré des reports de sortie.
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