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Des v aches de boucherie à vendre toute l’année

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Bâtiment.Jean-Baptiste (à gauche) et Jean-Louis Mandrou réservent cette stabulation de 32 places aux vaches ayant vêlé en octobre. Ils prévoient de l’agrandir. ©

Avec un troupeau jeune et de bons résultats de reproduction, Jean-Louis Mandrou et son fils Jean-Baptiste engraissent assez de femelles pour satisfaire leurs clients.

À l’EARL Mandrou, à Lescure, dans l’Ariège, tout est fait pour faciliter le retour en chaleur des vaches et optimiser la productivité numérique, qui atteint un veau par vache et par an. « Nous soignons la préparation au vêlage, explique Jean-Louis Mandrou. Nos sols sont pauvres en cuivre et en zinc, et nos vaches manquent de ces deux éléments. » L’éleveur leur en apporte donc en complément, de même que des vitamines, avant les vêlages. « Les mères ont ainsi plus de vitalité, plus de force pour expulser leur veau, et elles récupèrent mieux après », constate-t-il. Une alimentation équilibrée leur permet ensuite de bien allaiter leur veau, tout en récupérant du poids. « Elles doivent arriver à la période de reproduction en état, sans être trop grasses non plus », note Jean-Baptiste. En janvier, les vaches qui avaient vêlé en décembre recevaient une ration quotidienne par tête de 15 kg d’ensilage d’herbe et de méteil, 10 kg d’ensilage de maïs, 6 kg de foin, 800 g de correcteur azoté et 100 g de minéraux.

70 % du troupeau est inséminé. « Pour ne pas rater les retours en chaleur, nous observons les vaches deux fois par jour, au moment où elles sont au cornadis », précise Jean-Louis. Un tiers des vêlages sont groupés sur octobre, et deux tiers sur décembre et janvier. « Celles qui ne sont pas pleines en décembre peuvent se rattraper en mars et avril. Par contre, celles qui se décalent trop sont mises à l’engraissement et vendues rapidement. »

Un troupeau jeune

Toutes les femelles sont élevées jusqu’au premier vêlage, qui intervient en moyenne à trente-quatre mois. Avec un taux de renouvellement de 30 à 35 %, l’âge moyen du troupeau est de quatre ans et neuf mois. « Ainsi, nous ne manquons pas de jeunes vaches à engraisser pour approvisionner régulièrement nos clients, deux bouchers et un chevillard local, précise Jean-Louis. Dès que nous en vendons une, nous la remplaçons par une autre, pour avoir toujours huit à dix bêtes en préparation. »

La finition dure d’un à quatre mois. L’hiver, ces vaches reçoivent 10 kg de maïs grain humide, 8 kg de foin et 4 kg de correcteur azoté. Le coût de cette ration est de 3,70 € par vache et par jour. Du printemps à l’automne, des céréales remplacent le maïs. Le coût descend alors à 3,50 €. Mais l’été, la croissance ralentit dès que la température dépasse 30 °C dans le bâtiment.

Avec des terres profondes, où le maïs donne facilement 80 à 90 q/ha sans irrigation, des fourrages de qualité et une bonne gestion du pâturage tournant, les 127 hectares de surface fourragère suffisent à nourrir tout le troupeau. « Nous n’achetons que le correcteur azoté pour les mères, l’aliment complet des veaux distribué jusqu’au sevrage, et un peu de paille », ajoute Jean-Louis.

Des carcasses de 490 kg

Les trente vaches vendues chaque année ont des carcasses de 490 kg de moyenne, et assurent 60 % du chiffre d’affaires. « Le prix payé par nos deux bouchers, de 5 €/kg, reste stable, poursuit-il. C’est un atout ! Pour les fidéliser, nous veillons à leur fournir une qualité régulière. Cette année, nous avons adopté un correcteur à 24 % de protéines, contenant des graines de lin. À 430 €/t, il nous coûte 100 €/t de plus que celui utilisé auparavant. Mais la viande est plus rouge, et persillée. »

Les jeunes mâles vendus comme reproducteurs sont bien valorisés. Les broutards, un peu moins. « Pour les revaloriser, nous avons avancé une partie des vêlages en octobre. Nous les commercialisons dès avril, à 325 kg vif de moyenne. En 2017, ils sont partis à 2,83 €/kg, contre 2,61 €/kg pour ceux de juillet. » Pour écouler davantage de broutards à la meilleure période, les éleveurs prévoient d’agrandir la stabulation qui accueille les trente vaches ayant vêlé en octobre. « Ces vêlages, qui se font au pré, posent moins de problèmes sanitaires. En faisant vêler vingt vaches de plus à cette période, nous déchargerons d’autant le bâtiment de cent places qui accueille les vaches vêlant en hiver, ainsi que les génisses. Actuellement, il est saturé », explique Jean-Louis.

Les éleveurs envisagent aussi de repousser les broutards. Pour l’instant, ceux-ci partent à six ou sept mois, à un poids moyen de 325 kg. En remplaçant le blé destiné à la vente par du maïs, l’exploitation pourrait les nourrir quelques mois de plus. Avec un excédent brut d’exploitation de 55 000 €, elle est déjà rentable. « Mais pour accompagner l’installation de Jean-Baptiste, nous voulons encore progresser, en tirant mieux parti de l’existant plutôt qu’en nous agrandissant », affirme Jean-Louis.

Frédérique Ehrhard
Engraissement. Le dos des charolaises est tondu à l’entrée en finition. Elles suent moins et profitent plus. Et les bouchers apprécient mieux les filets.
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Des taureaux typés élevage

Jean-Louis Mandrou choisit, auprès de la Coopelso, des taureaux d’insémination avec un bon index de facilité de naissance. « En 2017, 81 % des vêlages ont eu lieu sans aide, et le reste avec une aide facile », note l’éleveur. Il veille aussi à choisir des reproducteurs avec un bon index laitier, et fins d’os pour préserver le rendement en viande. « Ils sont plutôt typés élevage. Je ne veux pas avoir de vaches trop lourdes. Au-delà de 500 kg de carcasse, elles ne correspondraient plus aux attentes de mes clients. » Il regarde aussi de près l’index sur la docilité. Avec ces critères, il est bien placé pour répondre à la demande des éleveurs de races rustiques à la recherche d’un taureau charolais pour du croisement. « Nous arrivons à en vendre chaque année une dizaine, que nous dressons au licol avant de les livrer à leur acheteur. »

Le contexte

À Lescure, dans l’Ariège, Jean-Louis et Jean-Baptiste Mandrou élèvent 80 charolaises inscrites au herd book. Jean-Baptiste, actuellement salarié de l’exploitation, s’installera en Gaec avec son père en mars prochain.

SAU de 134 ha : cultures de vente (6 ha de blé, 1 ha de tournesol semence) et surface fourragère (7 ha de céréales, 12 ha de maïs, 15 ha de prairies temporaires, 93 ha de prairies permanentes, ainsi que 4 ha de méteil en dérobée entre deux maïs).

Débouchés  : les mâles sont vendus en broutards ou en reproducteurs, et les jeunes vaches finies pour la boucherie.

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Le récap
Les points positifs
  • Troupeau jeune et productif

  • Mères de gabarit homogène

  • Prix stables pour les vaches de boucherie

  • Demande locale pour les reproducteurs

Les points négatifs
  • Bâtiment saturé, ce qui accroît les risques sanitaires

  • Foncier morcelé sur deux sites

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Cet article est paru dans La France Agricole

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