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Des rations plus efficaces pour les brebis laitières

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Alexandre Mirman programme son robot pour distribuer la ration complète des agnelles en deux fois, et celle des brebis en lactation en trois fois.

Alexandre Mirman s’est équipé d’une mélangeuse et d’un robot distributeur. Il gagne du temps au quotidien, et ajuste mieux l’alimentation en fonction de ses lots d’animaux.

«Depuis 2017, nous sommes équipés d’une mélangeuse ainsi que d’un robot pour nourrir nos brebis. Tout en gagnant du temps au quotidien, nous avons amélioré l’efficacité des rations », affirme Alexandre Mirman, agriculteur au Gaec de Longuelouve à Saint-Georges-de-Lévéjac, en Lozère.

Afin de s’affranchir des tourteaux, l’exploitation mise depuis trente ans sur le foin de luzerne séché en grange. Auparavant, celui-ci était distribué en vrac grâce à une remorque et quatre tapis d’alimentation. « Lorsque nous voulions donner des fourrages en bottes, c’était compliqué. Et comme les brebis traversaient le couloir d’alimentation pour aller à la traite, nous ne pouvions les nourrir qu’après avoir fini de traire, ce qui allongeait l’astreinte », se souvient-il.

Aujourd’hui, le Gaec de Longuelouve est équipé d’une mélangeuse fixe, alimentée par deux stockeurs de fourrages, et d’un robot suspendu à un rail qui circule au-dessus des tapis d’alimentation. « Dans les stockeurs, je mets du foin en vrac et des bottes », indique l’éleveur. Une fois l’association faite, la mixture est transférée au robot, qui reçoit également des céréales ou de l’aliment pour agnelles par trois vis venant des cellules de stockage. Celui-ci finit le mélange puis distribue la ration sur le tapis prévu à cet effet.

Les apports de céréales sont mieux fractionnés. « Je n’en donne plus que la moitié à la traite, en deux fois. L’autre moitié, intégrée à la ration, est répartie en trois fois. » Dans la mélangeuse, Alexandre ajoute de l’eau pour humidifier les fourrages. De ce fait, les brebis ne peuvent plus trier. « Avec le foin réparti en vrac, elles laissaient souvent les tiges. Désormais, elles mangent tout. Elles consomment ainsi plus de fibres, ce qui rend meilleur la rumination et la matière utile du lait, qui a progressé de 5 g/l », relève-t-il.

Pour augmenter encore l’équilibre de la ration, l’agriculteur a ajouté des drêches de maïs en 2019. « Elles apportent l’énergie qui manque. Les brebis en lactation puisent moins dans leurs réserves, et restent en état », souligne Nathalie Rivemale, de la chambre d’agriculture de la Lozère.

« Soutenir la lactation »

La mélangeuse et le robot pèsent avec précision les ingrédients. « Les rations, mieux ajustées aux différents lots, sont plus régulières. C’est important pour soutenir la lactation tout au long de la saison », note Alexandre. Au printemps, le pâturage couvre la moitié des besoins. L’été, quand l’herbe se fait rare, le troupeau reste en bergerie. « C’est plus facile pour organiser la lutte. Je garde de l’enrubannage de ray-grass ou de méteil pour cette période. Le robot s’occupe de la distribution, je peux me concentrer sur les foins et les moissons ». Lorsqu’il est nécessaire d’acheter des fourrages à cause de la sécheresse, comme cette année, ils sont incorporés dans la ration sans charge de travail supplémentaire. « En septembre, j’avais de l’enrubannage d’herbe dans un stockeur et de la paille d’avoine dans l’autre, pour compléter le pâturage des repousses de luzerne ».

Cet automne, Alexandre va utiliser la première coupe de foin jusqu’à la fin de l’allaitement, et mettre de côté le regain pour le début de la traite en janvier. « Je n’ai pu en récolter que sur un quart des prairies. Je vais le faire durer en complétant avec de la luzerne déshydratée en brins longs. J’en ai déjà réservé un camion, et il en faudra un deuxième ». Il prévoit 10 000 € d’achats en plus. « En année ordinaire, je suis autonome. Mais après trois ans de sécheresse, je me demande ce qui est normal ! »

L’éleveur va continuer à miser sur la luzerne, qui tire parti du moindre orage pour repousser. Afin de renforcer ses stocks, il prévoit d’implanter des dérobées après la récolte du ray-grass ou de l’orge. Si cela ne suffit pas, il envisage de diminuer l’effectif pour retrouver de la sécurité au niveau fourrager. « Mais pour que cela reste jouable économiquement, il faudra que le prix du lait progresse ! »

Frédérique Ehrhrard

Le contexte

• Alexandre Mirman est installé avec sa mère à Saint-Georges-de-Lévéjac, en Lozère. Le Gaec de Longuelouve produit 133 000 l de lait destinés au Roquefort AOP entre janvier et juillet.

• Le troupeau compte 400 brebis lacaunes et 120 agnelles.

• La SAU est composée de 100 ha de parcours et 100 ha de terres labourables, dont 20 ha de céréales, 45 ha de luzerne et sainfoin, 5 ha de ray-grass italien et 30 ha de prairies multi-espèces.

Moins d’astreinte avec le robot distributeur

Le Gaec de Longuelouve a investi 150 000 € dans la distribution de l’alimentation. « C’est un coût important. Mais au quotidien, nous avons réduit l’astreinte d’une bonne heure », note Alexandre. Le matin, il ne lui faut que dix à vingt minutes pour remplir les stockeurs de fourrages. Il peut ensuite se consacrer à la traite. « Quand j’ai fini, je n’ai plus qu’à m’occuper des jeunes agnelles et des béliers. Le soir, je repasse voir si tout va bien. Mais je finis plus tôt ma journée. Et le week-end, j’ai davantage de temps libre », apprécie l’éleveur. Il a aussi réduit la pénibilité du travail. « Je n’ai plus besoin de défaire des bottes de fourrages à la main pour les mettre sur les tapis d’alimentation, ni de transporter de seaux de céréales. »

Le récap
Les points positifs
Les points négatifs
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Cet article est paru dans La France Agricole

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