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Des parcours arboréspour le bien-être des volailles

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« Les poulets explorent toute la parcelle et consomment l’herbe. Nous n’avons pas besoin de broyer », déclare Stéphanie Portas (à gauche) en compagnie de Sylvie Monier, de la Mission haies d’Auvergne-Rhône-Alpes © Photos : M.-F. Malterre

Stéphanie Portas implante des haies chaque année pour ses poulets et chapons label rouge fermier d’Auvergne. Les animaux explorent davantage la prairie et la mortalité due au picage est moins marquée en fin de lot.

Pour Stéphanie Portas et Olivier Renaud, les arbres sur les parcours des poulets et chapons sont primordiaux. Le couple, à la tête de 6 poulaillers à Cérilly, dans l’Allier, respecte largement le cahier des charges des volailles label rouge fermier d’Auvergne imposant au moins 20 arbres par bâtiment (4 400 poulets), et effectue chaque année de nouvelles plantations.

À force d’observation, l’agricultrice s’est rendu compte que la haie avait un impact positif sur le bien-être des volailles et la rentabilité de l’atelier. « Les alignements d’arbres et d’arbustes favorisent la sortie des animaux », assure-t-elle. En leur absence, ils restent sur le pas de la « porte ». Ils n’osent pas s’aventurer à découvert sur la prairie, sachant que la mise à disposition du parcours est, elle aussi, réglementaire du 41e jour d’âge au 42e jour, date à laquelle ils partent à l’abattoir.

Pas plus de 15 m à découvert

« Les poulets sont des animaux forestiers qui préfèrent l’ombre au soleil, rappelle Sylvie Monier, de la Mission haies Auvergne Rhône-Alpes. Ainsi, près de la haie, la buse, qui est un prédateur redoutable pour les jeunes poulets et les chapons, a moins de latitudes pour les attraper. C’est pourquoi les jeunes volailles ne s’aventurent pas plus de 15 m à découvert. »

La diminution du picage est un autre point positif constaté par Stéphanie. Elle l’attribue en partie à la présence des haies. « Le phénomène se produit surtout en fin “d’engraissement”, explique-t-elle. Souvent, lorsqu’il fait chaud, par exemple, les animaux ont tendance à rester dans le bâtiment à se piquer les plumes. Il nous est arrivé de perdre 130 poulets en deux jours, la veille du ramassage. C’est une perte “sèche”, car ils ont consommé beaucoup d’aliments. » Avec les arbres, les volailles sont moins stressées. Elles sont davantage dispersées sur la parcelle et moins confinées dans le poulailler. « Les arbres sont plus efficaces que les chaînes, perchoirs et autres bidons que nous installons dans le bâtiment pour éviter ces problèmes, estime l’agricultrice. Comme les animaux sont moins tendus, cela peut avoir un impact positif sur la croissance et l’indice de consommation. » Sans compter qu’ils mangent toute l’herbe des parcours. « Il est difficile d’évaluer les économies d’aliment, mais cela nous dispense de passer le broyeur car tout est consommé », explique l’éleveuse. Et lorsque les poulets sont moins « collés » au bâtiment, les risques sanitaires sont plus limités (1).

Concernant le positionnement des arbres, de nombreux schémas de plantation sont possibles. « Nous tenons compte de l’orientation des bâtiments, souligne Sylvie Monier. La haie constitue également un excellent brise-vent. Elle protège une surface équivalent à quinze fois sa hauteur et le bâtiment. Les déperditions de chaleur de celui-ci sont moindres. L’économie en frais de chauffage va jusqu’à 30 %. »

Les parcours combinent bosquets, arbres et haies. Ces dernières en peigne, par exemple, comprennent quatre à cinq haies basses perpendiculaires au bâtiment sur 5 à 10 m de long, toujours implantées à moins de 15 m des trappes. Par conséquent, les animaux peuvent se cacher dès la sortie du bâtiment. « Chez nous, ces haies aident les poulets à rejoindre l’alignement des acacias au fond de la parcelle. C’est aujourd’hui un de leur “territoire” favori, car nous avons déplacé un grillage 5 m derrière ces arbres de haut-jet. ». En fonction, de la position du soleil, ils se placent d’un côté ou de l’autre. « Les arbres facilitent la circulation des volailles et diluent l’impact des fientes, souligne Sylvie Monier. Leur système racinaire superficiel très large capte aussi les nitrates issus des déjections. »

Marie-France Malterre

(1) Lire La France agricole  n° 3783 du 25 janvier 2019, p. 32.

Le contexte

Stéphanie Portas s’est installée en 2014 sur une exploitation à côté de celle de son compagnon Olivier Renaud à Cérilly, dans l’Allier.

À eux deux, ils gèrent 6 poulaillers de 400 m2 chacun (4 400 poulets dans chaque) et 160 charolaises sur une surface de 320 ha.

Dans les poulaillers, ils élèvent des poulets et des chapons label rouge fermiers d’Auvergne.

Des achats groupés pour les arbres

Tous types d’arbres et d’arbustes peuvent être plantés. Les espèces fruitières conviennent également. Stéphanie et son compagnon Olivier ont choisi des essences du bocage. Chaque année, ils enrichissent les plantations et participent à une commande groupée via le syndicat des volailles fermières d’Auvergne (Syvofa), qui aide au financement. Les plants coûtent un euro environ. « Le soin à l’installation est gage de réussite, précise Sylvie Monier, de la Mission haies Auvergne Rhône-Alpes. Travail du sol, arrosage et protection sont à prévoir. Durant les premières années, un grillage est indispensable pour éviter que les poulets et les chapons n’abîment les arbres fragiles. Il est important d’en choisir un suffisamment solide, sinon ils peuvent le « picorer » et pénétrer dans la bande plantée. À force de gratter, ils risquent de déraciner les plants. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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