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Des légumes de plein champ intégrés dans un système allaitant

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Bio - Des légumes de plein champ intégrés dans un système allaitant
« Notre système présente des atouts pour cultiver des légumes mais leur place restera limitée du fait de la déclivité du terrain », explique Jonathan Berson. © Anne Mabire

Jonathan Berson, éleveur en Vendée, s’est lancé dans la production de pommes de terre et de poireaux. Il approvisionne une filière locale en agriculture biologique.

Jonathan Berson est éleveur à La Flocellière, dans le Haut-Bocage vendéen. À quelques encablures du point culminant (290 m) de ce département, il exploite 125 ha et gère un troupeau de 90 mères blondes d’Aquitaine. La ferme compte 18 km de haies et 107 ha de prairies. « L’élevage est la clé de voûte mais, depuis cinq ans, je produis également des pommes de terre et des poireaux », explique Jonathan, actionnaire - avec sept autres éleveurs - de la société « Le Champ du Possible », une SAS créée pour développer localement la production et la commercialisation de légumes biologiques.

2,3 ha de pommes de terre

À condition de faire attention à la charge de travail, « notre système de polyculture-élevage présente des atouts pour ce type d’activité ». De fait, la pression sanitaire est moins forte, celle des adventices plus faible. La présence de l’élevage assure aussi l’autonomie des apports en fumier. « Par contre, la topographie limite le choix des parcelles. Du fait de la déclivité, 40 ha maximum se prêtent à la production légumière. C’est encore moins si on croise ce critère avec le taux de matière organique ou la proximité d’une route. »

« Contre le doryphore, la rotation reste notre seul atout. »

Cette année, Jonathan cultive 2,3 ha de pommes de terre : de la Cephora pour laquelle il a choisi une parcelle avec un précédent poireau, et la variété Allians implantée derrière une luzerne. Après un apport de fumier (30 t), l’agriculteur a labouré la parcelle en luzerne et passé le cultivateur puis le rotavator dans celle des poireaux. Dans les deux cas, un passage de herse étrille a été réalisé 10 à 15 jours après la plantation (10 avril). « J’ai effectué un pré-buttage à la levée et les plants seront de nouveau buttés fin juin début juillet. » En cours de culture, l’agriculteur effectue cinq passages de bouillie bordelaise contre le mildiou, à raison de 2 kg de préparation/passage/ha. « Pour gérer les doryphores, notre seul atout reste la rotation depuis l’arrêt, l’an dernier, de Novador­. Il existe toujours un autre produit à base de pyrèthre mais il n’est pas sélectif. » En pratique, Jonathan attend donc cinq ans avant de revenir sur la parcelle.

Relocaliser le stockage

Sur l’exploitation, les pommes de terre sont récoltées autour du 10 septembre, avec des rendements moyens de 30 t. Mises en palox, elles sont expédiées et stockées à Saint-Nicolas-du-Pelem (Côtes-d’Armor). « À l’exception des poireaux, tous les légumes produits pour “Le Champs du Possible” prennent cette direction. Nous n’avions pas d’autre alternative au démarrage de l’activité, mais pour gagner en cohérence et en réactivité commerciale, nous travaillons aujourd’hui à relocaliser cette étape », précise le producteur.

15 % d’argile pour le poireau

Sur une roche mère granitique, l’exploitation de Jonathan Berson présente des sols très hétérogènes. « Cela va du sableux à l’argileux mais, pour le poireau, je ne dépasse pas 15 % d’argiles. Il faut des parcelles qui ressuient bien. » Comme les pommes de terre, le poireau est planté à 75 cm d’écartement. La culture est binée deux à quatre fois. « Contre la mouche, son principal fléau, j’utilise des produits à base d’huiles essentielles qui ont un effet répulsif. La solution du filet - utilisé en maraîchage - n’est pas adaptée au plein champ. » La récolte des poireaux commence début novembre au rythme de 2 t/semaine. La SAS « Le Champ du Possible » est équipée d’une laveuse, installée chez l’un des éleveurs actionnaires. À l’arrachage, les poireaux sont mis en palox et transportés sur ce site. Ils y sont lavés et, selon les clients­, effeuillés ou/et coupés.

« En pleine saison, nous employons jusqu’à six personnes. La main-d’œuvre disponible sur les exploitations est prioritaire et nous complétons avec des intérimaires. »

Anne Mabire

Le récap
Les points positifs
  • Autonomie en apports de fumier.

  • Moindre pression des adventices et des maladies.

  • Challenge technique pour l’agriculteur.

Les points négatifs
  • Interventions sur légumes en conditions humides fragilisant la structure des sols.

  • Choix de parcelles restreint du fait de la topographie.

Le contexte

Jonathan Berson

exploite 125 ha et élève 90 vaches blondes d’Aquitaine.

Il y a cinq ans, pour approvisionner une filière locale en AB, il a introduit des légumes de plein champ dans sa rotation.

Cette année, il a planté 2,3 ha de pommes de terre et 1,3 ha de poireaux. Ces légumes sont produits et vendus via une SAS dont il est l’un des actionnaires.

Vendre avant de produire

La SAS « Le Champ du Possible » a été créée en 2016 par quatre agriculteurs du nord de la Vendée installés en bio, et Fleury-Michon. Les producteurs détiennent 70 % de son capital, l’industriel 30 %.

Cette année, les huit exploitations engagées ont mis en culture 18 ha de pommes de terre, 3,5 ha d’oignons, 3,3 ha de poireaux, 2 ha de carottes et, pour la première fois, 70 ares de courges.

80 % des volumes étaient vendus avant leur mise en culture. Outre Fleury-Michon, la SAS approvisionne Système U, un Esat (1) et quelques maraîchers.

La société porte tous les investissements en matériels. Elle a ainsi acheté un semoir et une arracheuse de carottes, ainsi qu’une laveuse.

(1) Établissement et service d’aide par le travail.

Une charge de travail compatible avec l’élevage

Cette année, Jonathan a planté deux variétés de pommes de terre : Cephora (ici photographiée le 15 avril) et Allians. © Anne Mabire
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Cet article est paru dans La France Agricole

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