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Des cartes pour moduler la fertilisation et les semis

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à cause de la sécheresse, la parcelle de colza est enherbée. Dominique Roy va devoir analyser et rectifier la carte biomasse, délivrée par le drone, avant de fertiliser. © Aude Richard

Depuis six ans, Dominique Roy s’est équipé pour optimiser ses apports en fonctionde son type de sol.

«Apporter la bonne dose au bon endroit » est le leitmotiv de Dominique Roy. « L’objectif n’est pas de faire des économies, mais d’optimiser chaque euro investi », explique l’agriculteur, qui cultive 205 ha, au sud-est du Loiret. Dans les années 1990, Dominique améliore le drainage de ses champs et se rend compte de l’hétérogénéité de ses sols. Du fait qu’il dispose de grandes parcelles, six îlots représentant 70 % de sa surface, il met en place du guidage et arrête le labour. Il se penche sur l’historique de la ferme pour mieux comprendre ses sols et sa carte de rendement.

Adapter les préconisations

En 2013, il participe à la mise en place d’un groupe sur l’agriculture de précision, accompagné par la chambre d’agriculture du Loiret. Toute son exploitation est cartographiée. La conductivité est utilisée pour délimiter les zones de variabilité intra-parcellaire, puis un pédologue caractérise le type de sol de chaque zone. Un sondage à la tarière pour 1 à 1,5 ha est nécessaire. Deux cartes sont remises à l’agriculteur : une de sol et une de réserve utile. Ce travail énorme a duré deux ans. Le coût avoisine 45 €/ha, avec une subvention partielle du conseil départemental.

Depuis cinq ans, le céréalier s’appuie sur sa carte de sol pour ajuster la fertilisation de fond. Le besoin en éléments fertilisants a été cartographié en fonction de la rotation. « Sur une parcelle, j’avais de très bons rendements, mais l’analyse révélait une forte carence en phosphore. J’ai fourni les apports nécessaires en me fiant aux analyses et en laissant une bande-test. Au bout de cinq ans, j’ai vu la différence avec le témoin », explique Dominique. Phosphore, potasse, calcium nécessitent un passage chacun, avec une dose variant de 0 à 100 kg/ha. Dominique a opté pour un épandeur avec pesée et un boîtier Trimble, qui commande la modulation.

Pour apporter la juste dose d’azote, le céréalier emploie un drone et mesure la biomasse. Dominique sait d’ores et déjà que le décryptage des cartes du drone sera difficile. « Avec la sécheresse, les colzas ont mal levé. Certains endroits de la parcelle sont enherbés. En se fiant uniquement aux images de biomasse, je devrais mettre moins d’engrais, alors que les colzas en réclament plus. Il faut adapter les préconisations selon le contexte et continuer à observer ses parcelles. »

Trois doseurset deux consignes

En parallèle, Dominique teste, avec la chambre d’agriculture, la modulation de densité de semis de maïs en fonction de la réserve utile. L’exploitant n’a pas accès à l’irrigation et plus la réserve est faible, moins il sème de graines. La densité varie entre 50 000 et 110 000 grains par hectare, avec une bande-témoin à 82 000 grains. Cela lui permet de baisser les charges de semences de 60 €/ha.

En 2018, un nouvel essai a été réalisé pour moduler la densité de semis sur blé. « Même si c’est moins intéressant qu’en maïs, passer d’une dose de 220 à 350 gr/m² permet d’aller chercher quelques points de rentabilité et d’alléger l’organisation du chantier », note Sylvain Deseau, animateur du groupe à la chambre d’agriculture. Dominique couple cette modulation avec une fertilisation localisée (phosphore, soufre, azote) lors du semis. Cette dernière est, elle aussi, ajustée grâce à un semoir Weaving DG 6000, avec trois doseurs et deux cartes de modulation.

L’agriculteur souhaite aller plus loin et changer aussi la variété en fonction du type de sol. Avec la chambre d’agriculture, il a mis en place un test sur du blé avec une variété hybride et une lignée (voir infographie). Mais pour l’instant, il n’a pas le matériel pour moduler trois consignes. Bien que l’agriculture de précision demande un investissement financier, à 50 ans, Dominique l’envisage comme un trésor pour la transmission de son exploitation. « Les données des sols auront plus de valeur qu’un tas de ferraille », conclut-il.

Aude Richard

« Deux consignes prises en compte »

« Les semoirs sont d’ores et déjà en capacité technique de prendre en compte deux consignes : l’une pour la densité de semences, l’autre pour les variétés. Cette compatibilité devrait se généraliser avec le temps. Si nous prenons l’exemple d’un essai de « double modulation », semences et variétés, il faut compter, en frais supplémentaires, environ 12 820 euros : 6 590 euros pour l’option double caisse, 3 380 euros pour la console Touch 1200 par rapport à la console de base (E-Manager). Les clés d’activation pour faire de la modulation coûtent 1 060 euros avec la localisation GPS et 1 180 euros avec la section de contrôle. Il faut ajouter 610 euros pour une clé d’activation afin de lire deux cartes. »

Sylvain Deseau, conseiller machinismeà la chambre d’agriculturedu Loiret

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Cet article est paru dans La France Agricole

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