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Conduire des bœufs biopour valoriser ses surfaces en herbe

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« De la naissance jusqu’au sevrage, mes veaux ne reçoivent aucune complémentation. » © Photos : L. Pouchard

Kévin Redondaud, éleveur de charolaises dans l’Allier, valorise la totalité de ses mâles en bœufs en agriculture biologique. Étant parvenu à l’autonomie alimentaire, cette production lui confère simplicité de conduite et valorisation à la vente.

En 2013, Kévin Redondaud reprend, hors cadre familial, un élevage en charolais dans l’Allier, converti en agriculture biologique (AB) depuis 1999. Dans la suite logique de son prédécesseur, il valorise ses mâles en taurillons et broutards. « Ces productions, essentiellement conduites en bâtiment et très friandes de concentrés, ne correspondaient pas à la vision que je me faisais de l’AB », explique-t-il

« L’autonomie alimentaire.est la clé »

C’est pourquoi, en 2016, Kévin décide de vendre progressivement ses mâles en bœufs chez Unébio via Sicagieb. Un an plus tard, ces derniers représentent la totalité de sa production. « Nous encourageons le marché de bœufs, moins soumis aux aléas et plus rémunérateur en comparaison à celui de taurillons », relève Justine Madet, responsable achats Unébio. Sur 30 bœufs vendus en 2018, la moyenne d’âge était de 33 mois pour un poids carcasse de 454 kg. Dix bœufs ont également obtenu une prime de qualité bouchère. Le prix unitaire par tête était de 2 169 €, soit 4,78 €/kgc.

« Le passage en bœufs m’a permis d’abaisser le nombre de vêlages par an. La conduite est plus facile et la valorisation supérieure », indique l’éleveur, satisfait de son choix. Les vêlages sont globalement groupés sur les mois de novembre et décembre. Les mâles sont castrés, au bout de deux à trois semaines, à l’élastique. Ils sont mis en pâture dès que la pousse de l’herbe est suffisante, en mars, puis sevrés en septembre. Au premier hiver, les châtrons reçoivent une ration à base d’ensilage d’herbe, de paille et de maïs. « Une fois à l’extérieur, je conduis mon lot en pâturage tournant, sur quatre à cinq de mes parcelles les plus éloignées, avec un changement une fois par semaine », explique l’exploitant. Sur la deuxième année de cycle en bâtiment, les animaux reçoivent la même ration que les plus jeunes.

Après l’âge de deux ans, les mâles sont remis à l’herbe en mars et, entre avril et mai, ces derniers sont complémentés au champ de 1 kg de triticale-pois. « J’augmente graduellement la quantité jusqu’à atteindre 5 kg de céréales par tête en juillet-août, indique Kévin. Pour jauger leur état d’engraissement, je réalise des pesées durant l’hiver. Une fois les bêtes dehors, j’estime leur état de finition à l’œil. Les sorties s’échelonnent ensuite à partir de septembre. Les charolais présentent de bonnes performances de croissance, cependant, le dépôt de gras est plus difficile et la durée de finition, plus longue que celle des femelles. »

Pour améliorer la précocité et la conformation de ses bœufs tout en conservant de bonnes aptitudes maternelles, l’agriculteur achète des taureaux inscrits en station et génotypés. « Je recherche aussi des taureaux sans cornes, puisque le cahier des charges en AB interdit l’écornage à l’âge adulte », complète-t-il. Malgré un système bien établi, les récentes sécheresses sont venues jouer les trouble-fêtes. « Je tente de diversifier au maximum mon assolement afin de maintenir mon autonomie alimentaire, mais la conduite “tout à l’herbe” de mes bœufs entre 1 et 2 ans semble de plus en plus compromise. Les performances de reproduction de mes femelles ont aussi été affectées, engendrant un étalement des vêlages. »

Une fois par an, l’éleveur et 12 autres dans l’Allier partagent leur expérience au sein d’un groupe de développement en AB, animé par la chambre d’agriculture. L’occasion de faire un point sur leurs pratiques et de trouver des leviers d’action face aux difficultés.

Lucie Pouchard

La majorité des bœufs de Kévin ont une note d’état d’engraissement de 3, pour des conformations allant de R = à U-.
Le contexte

Kévin Redondaud est à la tête de 66 charolaises, à Haut-Bocage (Allier).

La surface totale de son exploitation est de 155 hectares (ha) dont :

• 20 ha de céréales et de méteil grain.

• 5 ha en maïs ensilage.

• 70 ha de prairies temporaires, dont 50 ha en mélange de légumineuses prépondérantes.

Expert
« Anticiper la commercialisation pour orienter au mieux les animaux »

« Sur le secteur Auvergne Limousin, 444 bœufs ont été commercialisés en 2018. La moyenne d’âge est de 37 mois pour un poids carcasse équivalent à 441 kg. Les charolais, plus lourds, atteignent un poids moyen de 457 kgc. Nos objectifs pour la filière bœuf de race à viande sont un poids compris entre 380 et 450 kgc et un âge à l’abattage inférieur à 42 mois. La note d’état d’engraissement visée est de 3, pour une conformation minimum R=. Notre grille tarifaire est stable et, pour la mise en place d’un contrat bœuf, nous proposons une prime de 0,10 €/kgc. Peuvent s’y ajouter une prime de planification de 0,30 à 0,50 €/kgc si l’éleveur anticipe la sortie de ses animaux trois mois à l’avance, et une prime qualité bouchère de 0,15 €/kgc. »

Justine Madet, responsable de secteur Unébio (Achats bovins - Auvergne)

Le récap
Les points positifs
Les points négatifs
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Inquiétudes pour la rentrée

L’activité cette semaine et celle du 15 août seront limitées en termes de volume, mais l’accroissement de l’offre avec des ventes d’animaux liées à la sécheresse est assez inquiétant pour la rentrée.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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