« Les ZNT riverains occupent un bon kilomètre de mes 160 ha de céréales, colza, féverole (en semis direct depuis un an) et cultures industrielles, conduites en TCS (1) et conventionnel. Comme j’avais déjà développé le miscanthus depuis quelques années sur l’exploitation, j’ai eu l’idée de continuer dans cette voie pour valoriser ces espaces de non traitement. Je n’ai finalement pas poursuivi dans le miscanthus pour plusieurs raisons, la première étant que je ne voulais pas prendre le risque d’avoir un trop fort salissement des bandes lors de la première année d’implantation. Mon autre souci est qu’après les récoltes d’avril, la culture met deux à trois mois pour se redévelopper : ce laps de temps correspond souvent à mes périodes de traitement. Pour une parcelle, je me suis donc rabattu sur une bande enherbée que je compte mettre en fleurs les années où il y aura de la pomme de terre. Il s’agit d’une solution par défaut car non valorisable. Je m’inquiète aussi des abus de riverains, comme les dépôts de tonte.

Une aide du GIEE

Il y a un mois, j’ai planté des saules sur d’autres ZNT riverains de l’exploitation, ainsi que le long d’un chemin communal : ce n’est pas obligatoire aujourd’hui mais c’est une manière pour moi d’anticiper d’éventuelles contraintes supplémentaires. Avec ces plantations, mon objectif est de continuer la diversification, sachant que j’ai d’ores et déjà une garantie immédiate de débouché avec une chaufferie située au Havre. Il pourrait y avoir d’autres possibilités, comme un retour au champ pour apporter de la matière organique ou encore un partenariat avec des entreprises fabricant des fascines (2). Si j’ai pu implanter ces saules sans produits phytosanitaires, c’est aussi grâce au GIEE “Terre Eau Énergie 76”, qui a pu investir dans un outil de désherbage mécanique interrang spécifique à cette culture. Enfin, outre le fait que les ZNT riverains n’occupent en réalité pas une grande part de ma SAU, je me suis adapté rapidement grâce à une démarche de redécoupage de mon parcellaire, que j’ai commencé en 2017. Je comptabilise pour le moment 3 ha de bandes enherbées, 5 ha de miscanthus, 1 ha de saules et 2,5 km de haies, répartis sur l’exploitation. »

(1) Techniques culturales simplifiées.

(2) Branchages enchevêtrés utilisés par exemple pour retenir le sol et stabiliser les terrains.