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Royaume-Uni Vers une pénurie de main-d’œuvre ?

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« Les travailleurs originaires de l’Europe de l’Est sont imprégnés de ruralité. Ils savent que notre métier ©

98 % des travailleurs saisonniers agricoles au Royaume-Uni sont étrangers. Le vote d’un Brexit « dur » bouleverserait l’accès à cette main-d’œuvre compétente. La profession s’inquiète.

La date du Brexit est fixée au 29 mars 2019. Dans un pays où plus de 98 % de la main-d’œuvre agricole saisonnière est originaire d’autres pays européens, la profession retient son souffle. En juillet 2017, le National Farmer’s Union (NFU), syndicat majoritaire des agriculteurs britanniques, appelait à ce que « la capacité de l’agriculture à produire une alimentation sûre et abordable ne soit pas affectée » par une réduction du flux migratoire. Des agriculteurs cherchent d’ores et déjà des solutions pour être moins dépendants de cette main-d’œuvre étrangère.

UTILISER DES ROBOTS

À Cornouailles, au sud-ouest de l’Angleterre, des maraîchers se sont rapprochés de l’université de Playmouth, afin de mettre au point un robot de récolte de choux-fleurs. L’objectif : que l’appareil, composé d’une main dotée de cinq doigts, munis de capteurs, soit opérationnel pour 2019. De même, à l’université d’Essex, des chercheurs ont créé un prototype de robot qui pourrait ramasser des fraises, alors que la production nationale n’a pas pu être totalement récoltée durant l’été, faute de salariés.

Il semble cependant difficile d’envisager le remplacement total des hommes, d’un point de vue technique et économique. La solution pourrait venir de l’embauche de Britanniques, mais la profession souffre d’une image peu valorisante. Le NFU constate que, malgré la publicité faite par les agriculteurs auprès des centres d’emploi locaux pour des postes vacants, peu de candidats postulent. Ou alors, ils abandonnent. Le travail sur les exploitations est perçu comme laborieux et mal payé.

« Certains sont convaincus que nous préférons employer des travailleurs étrangers, car ils ne rechignent pas à faire des heures pour une rémunération moindre. Nous avons pourtant des cueilleurs qui peuvent gagner 900 livres (1 015 euros) par semaine », confie Matthew Naylor, responsable d’une production de fleurs coupées et de pommes de terre pour la grande distribution.

Même si l’activité agricole devenait plus attrayante aux yeux des Britanniques, cela resterait insuffisant pour s’affranchir du travail des étrangers sur les exploitations. Matthew Naylor espère que les responsables politiques sauront « reconnaître la contribution apportées par ces hommes » à l’économie de son pays.

B. Quantinet et C. Legall

Un premier pas « insuffisant »

Une première réponse a été apportée aux inquiétudes de la profession le 6 septembre 2018. Le gouvernement a annoncé qu’il autoriserait les producteurs horticoles à embaucher 2 500 saisonniers en dehors de l’Union européenne pour les années 2019 et 2020. Une solution « clairement insuffisante », selon la principale organisation professionnelle des fruits rouges. Le besoin annuel de la filière horticole est estimé à quelque 80 000 saisonniers.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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