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L’agriculture traditionnelle est menacée

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La culture du quinoa devrait se développer dans les prochaines années. © S. CHAMPION

Face aux risques climatiques, de nouvelles plantes fourragères comme le quinoa, la camelineet le crambe devront remplacer les cultures d’antan.

Adieu carottes, choux, betteraves, colza et autres cultures promises à disparaître du paysage agricole néerlandais sous l’effet du réchauffement de la planète. « Une hausse des températures, des périodes de sécheresse et une salinité accrue des sols, tels sont les risques futurs pour notre agriculture traditionnelle », décrit René Smulders, chercheur à l’université agronome de Wageningen (WUR).

Les Néerlandais ont d’ores et déjà largement anticipé l’évolution nécessaire de leur agriculture sous l’effet du réchauffement climatique. « Nous planchons afin de mettre au point des espèces de raisins arrivant à maturité en août de façon à éviter les fortes pluies d’automne. Des recherches sur de nouvelles techniques pour fabriquer du vin sont aussi en cours car celles des vignerons français ne seront pas adaptées aux cépages qui pousseront ici », poursuit le chercheur. Les vignobles néerlandais pousseront plus au nord du pays dans dix ou quinze ans, avec de meilleurs rendements. De nouvelles cultures de fruits à l’air libre, comme les framboises et les myrtilles, devraient devenir monnaie courante dans quelques années.

Remplacer le colza

Du côté des plantes, le quinoa a toutes les chances de faire son apparition à moyenne échéance dans les champs du royaume. « Cette plante est particulièrement résistante à une forte salinité des sols », explique Robert van Loo, lui aussi chercheur à la WUR. Il rappelle que la montée des eaux maritimes de la mer du Nord va se traduire par une hausse en teneur de sel des terres du pays. « Même si une production de 4 t/h comme en Amérique latine reste hors d’atteinte, un volume de 2 t/h est envisageable », précise le scientifique. Quant au colza, qui résiste mal à la sécheresse, il devrait faire place à des plantes oléagineuses à l’instar de la cameline et le crambe réclamant moins d’eau.

« Ces espèces ayant un usage industriel, remplaceront des produits décriés comme les huiles de palme et de coco aujourd’hui importées », estime Robert van Loo. « Elles présentent aussi un avantage financier supérieur au colza dont les récoltes risquent d’être moins abondantes en cas d’étés caniculaires », explique-t-il. Pour sa part, la cameline permet de produire des huiles utilisées dans la fabrication de Nylon. De son côté, le crambe peut servir à la production d’additif pour les plastiques et les polymères. Enfin, ces deux plantes sont source d’amidon susceptible d’être utilisée pour l’alimentation du bétail. La WUR est d’ailleurs à l’œuvre pour pratiquer les mutations non génétiques nécessaires, afin que cet amidon soit au goût des animaux d’élevage.

Didier Burg, à Amsterdam

Élevage circulaire

Montrés du doigt pour la production de méthane engendré par leur bétail, les éleveurs néerlandais vont devoir changer leurs pratiques. Le recours à un élevage circulaire avec des méthodes de recyclage du lisier semble une porte de sortie, allant dans le sens d’une limitation des émissions de CO2, fixée dans l’accord de Paris.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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