Le premier bio-district a été créé en Italie dans les années 2000, au sein du parc national du Cilento, en Campanie. Il s’agit d’un territoire où plusieurs acteurs économiques et politiques s’accordent pour promouvoir l’agriculture biologique (AB), dans l’intérêt économique, environnemental, sanitaire et social du territoire.

C’est ce qu’a voulu le vice-président de la région des Marches, Mirco Carloni, en constatant que 22 % de la SAU était déjà certifiée AB, soit 104 500 ha provenant de 3 126 fermes. Lancé en avril dernier, 1 500 fermes y ont déjà adhéré, 3 coopératives, 3 lycées agricoles, 115 entreprises (transformateurs, commerçants, restaurants), 2 lycées touristiques et, côté politique, 26 communes, la chambre de commerce et d’industrie et 9 syndicats professionnels.

« Un outil marketing »

Mirco Carloni en est convaincu : « L’AB contribue aux paysages, à la gastronomie locale, à l’accueil à la ferme, autant de leviers pour dynamiser le tourisme local, sans compter la santé des habitants. » Mais il ne cache pas que « c’est avant tout un outil marketing », avec notamment la marque commune déposée “Distretto biologico unico delle Marche” permettant aux petits opérateurs dispersés de bénéficier d’une meilleure visibilité. La participation à des foires et salons, comme l’exposition universelle de Dubaï, qui se déroulera à partir du mois d’octobre, se fera sous cette bannière.

Maria Letizia Gardoni, présidente du principal syndicat agricole de la région, Coldiretti Marche, le reconnaît : « Les fermes AB de la région sont petites (10 ha en moyenne), dispersées et pratiquent souvent des productions de niche. Une marque commune permettra aux transformateurs et acheteurs de concentrer l’offre, pour une meilleure rémunération des agriculteurs. » Elle-même maraîchère bio à Osimo, elle ne souhaite pas pour autant stigmatiser l’agriculture conventionnelle. « Le bio est une opportunité, pas une obligation. En aucun cas, les Marches ne vont devenir un sanctuaire exclusivement biologique », assure-t-elle.

Le rôle des syndicats agricoles dans ce bio-district est d’informer et de former au cahier des charges AB (N.D.L.R. : en Italie, en matière de produits phytosanitaires, les syndicats assurent le conseil agronomique).

100 000 € pour la création

Massimo Fileni, de Fileni Alimentare, agrofournisseur, a adhéré dès le lancement, parce qu’il y voit un instrument d’économie circulaire. En effet, la demande en volaille bio est insatisfaite, car il lui faudrait plus de céréales bio pour intégrer plus d’éleveurs bio. Il espère ainsi se faire connaître et recruter davantage d’agriculteurs.

À ce jour, la région a mis 100 000 € dans la constitution de ce bio-district et promet que dans les appels d’offres de ses cantines (hospitalières et universitaires) des points supplémentaires seront attribués aux entreprises ayant leur siège social dans le bio-district.

Nadia Savin