Yannis Xidis est agriculteur à Olympie. En 2016, il a fondé avec Thanassis Bakoyorgis, directeur technique, et Grigoris Panagopoulos, lui aussi agriculteur, l’entreprise Olympian Hemp, voyant une opportunité dans la culture du chanvre et la production de son extrait.

« Nous cultivons 5 hectares de variétés de chanvre certifiées par l’Union européenne, principalement de la Carmagnola, de la KC Dora et de la Futura destinées à la production de bourgeons pour en extraire l’huile. « Le chanvre est une plante qui s’adapte bien aux conditions du sol et au climat grecs, note Yannis Xidis. Cela pousse comme une mauvaise­ herbe. »

Bonnes conditions climatiques

Le but de la production : extraire l’huile, ce qui nécessite un travail considérable. « Pour nous assurer que les bourgeons sont exempts de graines, nous effectuons une sélection méticuleuse au stade de la floraison afin d’aboutir uniquement à des plantes femelles. La cueillette des plants mâles se fait à la main », poursuit le producteur. Cette main-d’œuvre a un impact sur le coût d’exploitation du chanvre et donc sur la valeur marchande du produit final.

« L’huile extraite du bourgeon et des feuilles est vendue jusqu’à 20 euros les 10 millilitres », explique Yannis Xidis. L’attrait principal de l’huile est sa substance connue sous le nom de cannabidiol (CBD) qui s’est bâtie une réputation de bien-être, ce qui en fait un produit populaire. « Nous produisons environ 100 kilos d’extrait d’huile à partir de trois tonnes de bourgeons. Nous sommes actuellement les seuls extracteurs d’huile de chanvre dans le pays. Nous procédons également à la transformation pour le compte d’autres agriculteurs. »

Pour le moment, la société Olympian Hemp ne vend son huile de CBD que dans les magasins de détail, mais ses fondateurs souhaiteraient l’exporter.

300 hectares dans le pays

La culture de chanvre représente aujourd’hui autour de 300 hectares à travers le pays. Elle fait face à des controverses et la réglementation qui l’encadre est lourde. En cause : sa similitude avec celle du cannabis pharmaceutique. Yannis Xidis insiste: « Les variétés de chanvre sont différentes de celles du cannabis et le chanvre ne contient que très peu de traces de THC », la substance qui fait du cannabis une drogue.

Depuis juin 2020, la loi impose de nouvelles restrictions qui pourraient rendre, à terme, la production de chanvre non viable pour les exploitants. Le nouveau seuil de THC autorisé dans la plante est fixé à 0,2 %. Pour Yannis Xidis, « la ligne est beaucoup trop facile à franchir. Deux jours supplémentaires de soleil et des températures plus élevées peuvent conduire à une augmentation de la teneur en THC à 0,3 ou 0,4. % » Les producteurs réclament une hausse de ce seuil à 0,6 %, qui est appliqué ailleurs dans l'Union européenne. La Suisse, plus en avance sur ce marché, utilise un seuil de 1 %.

Sofia Spirou