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Des éleveurs français soutiennent des producteurs laitiers

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Trois représentants des marques Fairebel, Fairefaso et Fairefrance. © E. Huet

Des producteurs français, rassemblés sous le label Fairefrance, souhaitent que les producteurs burkinabés puissent vendre leur lait à un prix rémunérateur.

« Quand le marché du lait ne va pas en Europe, les prix mondiaux sont à la baisse, et ce lait se retrouve chez nous et moins cher. » Le témoignage d’Ibrahim Diallo, président de l’UMPL (Union nationale des mini-laiteries et producteurs du lait local du Burkina Faso), illustre les difficultés rencontrées par les producteurs africains face à la poudre de lait européenne, qui est importée massivement en Afrique. Elle coûte moins cher que le lait local. Une fois importée, elle est réhydratée et enrichie à l’huile de palme. Finalement, ce processus de dumping « made in Europe » dérègle tout le marché local et empêche la mise en œuvre d’une filière lait au Burkina. Des projets voient le jour afin de lutter contre cette situation. Grâce au soutien de plusieurs organisations non gouvernementales étrangères, un réseau de 150 minilaiteries s’est mis en place dans le pays.

Investissement

Des agriculteurs français, rassemblés sous le label Fairefrance, ont pris conscience de l’impact négatif du lait européen sur la production de leurs collègues africains. Ils souhaitent qu’à l’instar du projet qu’ils ont mis en place en France, les Burkinabés produisent, à travers la marque Fairefaso, du lait à un prix rémunérateur pour eux et accessible pour les consommateurs. Fairefrance rassemble aujourd’hui un peu plus de 500 producteurs et va investir 10 000 euros dans un projet de minilaiterie au nord de Ouagadougou.

« Tous nos membres sont d’accord pour que notre projet soit étendu au-delà du continent européen. Le but est que les producteurs africains ne soient pas dépendants de nous », explique Adrien Lefèvre, vice-président de la SAS. À l’image de Fairefrance, la marque Fairefaso essaye aussi de se faire une place dans les commerces du Burkina. « Il faut que les consommateurs s’approprient cette marque et que nous apportions notre expérience aux producteurs africains ». La laiterie soutenue par Fairefrance rassemble quelque 400 producteurs et tourne à une moyenne de 1 700 litres de lait par jour.

Ce pont de solidarité entre la France et le Burkina Faso rappelle que les conditions des producteurs laitiers des deux continents restent critiques. Certains d’entre eux, à l’image des producteurs de Fairefrance, ont pourtant pris conscience que la solution à la surproduction européenne ne passait pas par un dérèglement du marché africain : « Nous avons un point commun, c’est que le prix qui nous est payé ne couvre pas nos frais de production. »

Emmanuel Huet

Un modèle belge

Fairebel, projet de lait équitable belge, né en 2009 après la crise, est à l’origine des projets solidaires Fairefrance et Fairefaso. À l’époque, des milliers de litres de lait avaient été versés en Wallonie. Les producteurs belges avaient alors reçu le soutien d’ONG et de représentants de producteurs laitiers africains. Depuis, le président de Fairebel s’est rendu à plusieurs reprises au Burkina et a montré la voie à suivre à Fairefrance pour soutenir les producteurs africains.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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