Depuis dix ans, Agricovert, coopérative belge à finalité sociale, a divisé son capital social en deux types de parts : celles souscrites par des producteurs fournisseurs et celles detenues par des consommateurs ou des fournisseurs à l’essai. « La période d’essai dure deux ans », explique Pia Monville, maraîchère et administratrice.

Points de vente variés

Chaque collège est représenté par cinq administrateurs. À ce jour, une trentaine d’agriculteurs sont associés coopérateurs au titre de la première catégorie, et 1 500 personnes le sont au titre de la seconde. Des consommateurs non adhérents – tiers non coopérateurs – peuvent également être clients. Agricovert compte un magasin, une boucherie, un atelier de transformation, trois présences hebdomadaires sur des marchés de plein air, un drive avec des points relais et une plateforme logistique qui fournit tous ces points de vente. « Ce système permet une stratégie structurée et consensuelle entre agriculteurs et consommateurs », explique Pia Monville.

Lorsque la coopérative a dégagé suffisamment de bénéfices pour investir, les consommateurs ont voulu une boucherie leur garantissant la traçabilité de la viande. Les agriculteurs préféraient la création un atelier de transformation. Au final, les deux projets ont été réalisés. Afin d’élargir la gamme – agrumes et avocats –, un partenariat a été conclu avec une coopérative sicilienne proche de la charte Agricovert, qui n’admet que les produits bio et des critères d’agriculture paysanne applicables aux fermes.

Un règlement intérieur permet de programmer les abattages et l’implantation des cultures, afin de gérer les volumes. En effet, la coopérative n’est pas tenue d’acheter plus que ce qu’elle a commandé.

Quant aux paysans, il leur est demandé de ne pas écouler plus de 30 % de leurs volumes par le biais d’Agricovert. Ils ne sont pas tenus d’assurer des permanences au magasin, mais de participer à au moins deux événements du collectif et aux trois quarts des réunions de leur collège.

Nadia Savin