Avec en moyenne 20 ha ou 24 têtes de bétail par exploitation, l’Autriche se caractérise par de petites structures familiales installées en moyenne montagne. Le pays compte 105 000 exploitations - fortement soutenues par le gouvernement et les aides Pac - sur une surface 8 fois plus petite que la France. Plus de 65 % des agriculteurs sont doubles actifs. Pour compenser de faibles revenus, ils se tournent vers le tourisme et les emplois communaux en zone de montagne, et vers l’industrie au sud.

25 h/semaine
à l'extérieur

Josef Matuschka est âgé de 37 ans. Il est double actif sur la ferme familiale. « Mon père était déjà pluriactif. L’exploitation de mon grand-père, traditionnellement de polyculture-élevage comme la grande majorité des fermes de l’époque, a profondément évolué avec l’arrivée de mon père et l’arrêt du bétail. Cela lui a permis de travailler à l’extérieur et j’ai suivi le même modèle. Nous cultivons une centaine d’hectares de céréales pour faire des semences, ainsi que du cumin et de l’orge de brasserie sous contrat. J’ai un travail de 25 h par semaine dans une firme de semences, où je gère la stratégie­ des essais. » L’employeur de Josef s’y retrouve parfaitement. Il a une personne compétente­, toujours opérationnelle, en ne la payant qu’à mi-temps.

Elmar Fischer Neuberger était ingénieur dans une entreprise à Vienne avec un temps partiel dans la petite ferme familiale. Ce fils d’agriculteur est devenu responsable des marchés et de l’innovation dans la ferme Adamah, à Glinzendorf, à 25 kilomètres à l’est de Vienne.

15 agriculteurs
à temps partiel

Cette exploitation est l’une des plus importantes fermes biologiques d’Autriche, avec 130 ha et 80 cultures. Elle embauche 30 personnes à temps plein et regroupe 15 agriculteurs à temps partiel pour les travaux des champs. Quatre se sont spécialisés dans la réception du public pour des activités ludiques.

Depuis vingt ans, cette structure n’a cessé de se diversifier : ferme pédagogique ouverte au public, magasin de vente directe et surtout commercialisation par internet. « Nous sommes désormais en mesure de satisfaire près de 7 000 clients chaque semaine, livré chez eux grâce à notre flotte de camions et camionnettes, explique Elma Fischer Neuberger. Notre cible principale est le centre de Vienne et la restauration hors foyer, en Autriche et en Slovaquie. La ferme permet d’offrir une gamme large de fruits et légumes, de la viande, du pain, des jus de fruits, et tout ingrédient bio, même non alimentaire, comme le dentifrice par exemple. » La commercialisation des produits de la ferme, mais aussi de denrées non alimentaires, et le développement de canaux de distribution variés sont les clés de la réussite de l’exploitation.

Christophe Dequidt