Depuis 2019, la grande distribution allemande s’est accordée sur un label bien-être animal. Des milliers d’exploitants participent à des programmes d’amélioration des conditions d’élevage financés par une contribution reversée par les supermarchés. Le gouvernement fédéral a décidé de rendre l’étiquetage obligatoire à partir de 2023 avec un label d’État. La filière porcine, très importante outre-Rhin, a été choisie pour ouvrir le bal.

Cinq niveaux d’exigences

Le label gouvernemental pour la viande de porc comprendra cinq échelons. Il reprend, avec des critères plus sévères, la grille de la grande distribution et la coiffe d’un cinquième niveau consacré au bio. La plus basse catégorie correspondra au minimum légal d’espace en batterie (0,75 m2 par animal). Pour prétendre au 2e niveau, les porcs devront disposer de 20 % d’espace de plus que le standard de base. Le 3e niveau combine une exigence de place (46 % d’espace de plus par rapport au minimum légal) et l’ouverture d’au moins un pan entier du bâtiment pour que les cochons soient en contact avec l’environnement extérieur. La 4e catégorie requiert que les animaux soient en plein air ou dans une courette au moins huit heures par jour et qu’ils disposent de 86 % de place de plus qu’en 1re catégorie.

 

Les autorités compétentes tiendront un registre à partir des déclarations des éleveurs et mèneront des contrôles. Il sera possible de déclarer plusieurs catégories différentes pour la même exploitation.

Financement à trouver

Le dispositif concernera dans un premier temps la distribution en supermarché, en boucherie ou en ligne pour des produits frais ou surgelés, emballés ou non, issus d’animaux élevés en Allemagne. « Il n’y aura aucun effet d’entraînement si aucun calendrier fixe n’est communiqué pour les produits transformés, les autres canaux de distribution ou la volaille et le bœuf », s’inquiète Joachim Rukwied, le patron du principal syndicat DBV. Le gouvernement compte en dire plus à l’automne avec l’ouverture de la procédure parlementaire.

 

D’ici là, les ministères concernés et la coalition vont se pencher sur cette première mouture. Au sein de la majorité, les libéraux regrettent que le label ne s’inspire pas de celui des supermarchés. Ils craignent une certaine confusion car les différents macarons pourront cohabiter sur les étiquettes.

 

Reste la question du financement. Le ministre fédéral de l’Agriculture, Cem Özdemir, a obtenu un milliard d’euros pour soutenir l’amélioration des conditions d’élevage sur la période 2023-2026. « C’est bien pour un début mais cela ne suffira pas », estime l’écologiste. La grande distribution se chargeant de financer le passage du 1er au 2e échelon, le besoin de fonds concerne les catégories supérieures. Pour l’ensemble des filières, une commission d’experts préconisait en 2020 une enveloppe annuelle de 1,2 milliard pour le milieu de la décennie et le double à partir de 2030.