Le gouvernement néo-zélandais ambitionne d’atteindre la neutralité carbone du pays à l’horizon 2050, un objectif ancré dans la loi depuis novembre 2019. Pour l’atteindre, des changements dans les pratiques agricoles sont attendus, notamment au sein des élevages, alors que les surfaces pastorales couvrent 40 % du pays.

Séquestration du carbone

Du côté de la profession agricole, des voix s’élèvent pour que soient reconnus les services rendus par les exploitants à l’environnement.

Beef + Lamb New Zealand, organisme représentant les éleveurs bovins et ovins, a souhaité analyser la situation actuelle des exploitations en termes de gaz à effet de serre qu’elles génèrent, par rapport à la quantité de carbone potentiellement séquestrée. Selon des données officielles du gouvernement, les émissions de CO2 provenant des élevages bovins et ovins sont de 16 537 kilotonnes par an. Il ressort d’une étude indépendante de l’université d’Auckland, d’octobre 2020, que les surfaces d’élevage du pays, recouvert à plus de 20 % de bois et forêts, séquestrent entre 10 394 et 19 665 kilotonnes de CO2. Ainsi, 63 à 118 % des émissions agricoles seraient compensées par cette séquestration. « Les élevages bovins et ovins sont en bonne voie pour atteindre la neutralité carbone », s’est réjoui Beef + Lamb NZ.

En bonne voie peut-être, mais des efforts supplémentaires doivent être fournis, selon la commission indépendante sur le changement climatique, mise en place par le gouvernement pour l’aider à atteindre ses objectifs environnementaux. Ses premières recommandations ont été publiées le 1er février.

« Les agriculteurs peuvent procéder à des changements au plus vite, s’ils reçoivent un soutien suffisant », estime-t-elle. À défaut de nouvelles technologies permettant de réduire sensiblement les émissions, pour le moment, la commission propose que le nombre d’animaux des élevages laitiers, ovins et de bovins viande soit réduit pour chacun d’environ 15 % par rapport aux niveaux de 2018, d’ici à 2030. Elle suggère aussi de convertir chaque année, à compter de 2025, 2 000 hectares de surface d’élevage en horticulture. L’accent est également mis sur une politique de reforestation massive (lire l’encadré).

En revanche, le rapport n’évoque pas l’intérêt des activités agricoles pour l’environnement. Un constat que regrette Beef + Lamb NZ : « Les agriculteurs auraient aimé voir une plus grande reconnaissance de la séquestration déjà en cours dans l’agriculture. » L’organisme rappelle que, depuis 1990, les émissions de gaz à effet de serre des élevages ont été réduites de plus de 30 %. « Nous sommes le seul secteur en Nouvelle-Zélande à enregistrer une telle réduction », scande-t-il. Bertille Quantinet