«Sur le plan économique, le secteur représente toujours moins de 1 % de l’industrie agroalimentaire au Brésil, mais plusieurs indicateurs montrent que l’attente des consommateurs évolue, et qu’ils considèrent le bio comme une nourriture plus sûre pour leur santé et plus respectueuse de l’environnement », explique Ming Liu, directeur exécutif d’Organis, le Conseil brésilien pour la production biologique et durable.

+ 10 % par an depuis cinq ans

Selon le ministère de l’Agriculture, plus de 18 000 unités de production sont enregistrées dans le pays, aussi bien des exploitations que des associations de producteurs. Leur nombre a augmenté de près de 10 % par an au cours des cinq dernières années. Les principaux aliments bio produits au Brésilsont les fruits, le miel, les noix et les huiles végétales. Si les exportations de matières premières jouent un rôle important dans l’essor du bio, le marché intérieur en est le principal débouché, avec un taux de croissance de 25 % entre 2017 et 2018.

« Nous avons commencé à produire des produits biologiques en 2016 », déclare Rafael Ferreira, spécialisé dans la production de l’açaï, un fruit cultivé dans la région amazonienne. « La certification bio nous a permis de vendre de l’açaï dans de nombreux pays et d’accéder à de nouveaux marchés, poursuit-il. En 2017, ce fruit représentait autour de 5 % de nos ventes globales. Aujourd’hui, nous sommes proches des 50 %. »

S’il a fallu du temps pour que la réglementation bio se fasse une place au Brésil, plusieurs programmes nationaux de soutien se sont succédé depuis 2004. Le gouvernement permet aux petites exploitations familiales de vendre leurs produits aux écoles publiques et aux hôpitaux, grâce à un système moins bureaucratique. « Nous travaillons à faire évoluer la législation et réfléchissons à des incitations fiscales, notamment pour les agriculteurs qui se chargent de la transformation de leurs produits. Nous en sommes, pour le moment, au stade de la réflexion », confie Ming Liu.

Pour certains, le bio n’est pas une histoire récente. Le projet Sitio do Moinho, basé dans l’état de Rio de Janeiro, a débuté en 1989. Il s’étend sur 7 hectares. Les légumes ont été les premiers produits implantés, des paniers étaient alors proposés à la consommation. Fabio Ramos raconte : « Au fil du temps, la demande des consommateurs a été de plus en plus importante et nous avons adapté notre offre. Aujourd’hui, nous vendons nos produits grâce à des magasins locaux et à la livraison à domicile. En parallèle, nous nous sommes associés à différentes institutions de recherche, afin d’améliorer nos techniques de production. Nos produits suscitent un intérêt croissant et le défi consiste à répondre à cette demande. »

La filière espère que le gouvernement nouvellement élu se souciera des attentes des consommateurs. Lorena Lopez