Sept mille éleveurs l’utilisent. Commercialisé depuis 2014, le logiciel de gestion Herdwatch a été créé par un Français. Fabien Peyaud a vécu toute son enfance à Chânes, un hameau de Béligneux, dans l’Ain. En 1996, il part faire ses études en Irlande. Il a un coup de cœur pour le pays et décide d’y poser ses valises.

Contre la paperasse

Dix ans après son arrivée, il est engagé comme responsable informatique dans une coopérative agricole qui aide les agriculteurs à recruter, se faire remplacer et se former. Il découvre le secteur qui va rapidement l’inspirer. En constatant, effaré, la dose de paperasse à laquelle les exploitants sont confrontés, il se lance dans la mise au point d’un logiciel de gestion. Avec succès : le système Herdwatch est commercialisé depuis 2014.

Le logiciel donne ainsi la possibilité de mieux gérer le troupeau, les tâches administratives, ainsi que les traitements phytosanitaires. « En Irlande, 99 % des troupeaux mangent de l’herbe, ce dernier volet est donc très important pour les éleveurs », explique Fabien Peyaud.

Concrètement, le logiciel aide à l’identification des veaux à la naissance, au suivi sanitaire, à la gestion des mouvements du troupeau, la traçabilité des traitements, la gestion du cycle reproductif et au suivi des pesées. Tout cela, à partir d’une simple application disponible sur tout support et qui ne nécessite pas de connexion.

« Aujourd’hui, avec l’application, on a évalué auprès de nos utilisateurs un gain de temps de deux heures et demie par semaine. C’est important car, en Irlande, beaucoup d’éleveurs allaitants travaillent en plus à côté. » Le gain est financier également : « En Irlande, on a en moyenne un veau tous les 399 jours par vache. Grâce au module de suivi de la gestion de la reproduction, nos utilisateurs sont passés à 367 jours. » L’historique complet permet aussi aux éleveurs de gagner en précision et de diminuer le risque de maladies.

Enfin, l’idée de Fabien Peyaud est de rendre son logiciel accessible à tous. Il propose un coût de 11 euros par mois pour un troupeau de 50 vaches. Un tarif qu’il prévoit de baisser d’au moins 3 euros à court terme.

Autre défi de ces prochaines années : la mise au point de capteurs au sein des troupeaux, ainsi que la possibilité d’une comparaison entre utilisateurs, même anonymes.