«Merci à celles qui nous ont précédées », s’enthousiasmaient les jeunes agricultrices qui témoignaient ce 22 février, au Sénat. Elles remerciaient leurs aînées de s’être battues pour que les femmes disposent d’un statut juridique sur l’exploitation. Même si, selon Jacqueline Cottier, de la commission nationale des agricultrices de la FNSEA, « au moins 5 000 femmes travaillent encore sans aucun statut, autant dire au noir ». Et la crise en pousse d’autres à l’abandonner pour économiser des cotisations.

Leur faciliter la vie

Autres anomalies : les banquiers leur prêtent moins et sur une durée plus longue ! Elles possèdent moins de foncier. Car les familles favorisent la succession des fils. Les femmes s’installent sur de plus petites surfaces (inférieures de 45 %). Elles en tirent parti en diversifiant davantage. Nathalie Marchand, de l’association « Agriculture au féminin », tempérait : « Ne nous cantonnez pas à la diversification. Nous sommes aussi à la production. Il faut aider les femmes à monter en compétence. » Car plutôt mieux formées que les hommes, elles ont moins recours aux formations continues. Rendre vivable le métier, c’est faciliter leur vie quotidienne avec des places en crèche, des services de remplacement accessibles quand elles se forment, s’engagent ou quand elles accouchent (45 % ne profitent pas des remplacements pour congés maternité). Enfin, la retraite des agricultrices reste désespérément faible à 600 euros.

Aujourd’hui, les agricultrices accèdent davantage aux responsabilités. Mais pas trop, faute de temps. Et parce qu’il faut bousculer les hommes, conjoints et élus. « Sans paysannes, nos territoires mourraient », concluait Nathalie Marchand