«Il s’agit de mesures douloureuses mais nécessaires. » Le commentaire de la fédération laitière néerlandaise NZO résume le sentiment de résignation au sein du secteur. Une remise en ordre de la filière laitière dès cette année va se traduire par la disparition d’un millier d’exploitations aux Pays-Bas et une réduction de 4 à 8 % du cheptel. Sans compter des mesures pour brider la production de lait.

Résultat d’un accord signé par l’ensemble des organisations sectorielles, y compris la coopérative laitière FrieslandCampina (1), cette cure d’amaigrissement entend remédier aux excès liés à la disparition des quotas laitiers européens en 2015. Devançant l’échéance, les Néerlandais se sont lancés plusieurs années durant dans une course à la production. Une situation qui a provoqué une pollution aggravée des sols. Épinglés par Bruxelles pour avoir dépassé trois ans d’affilée les plafonds de production de phosphates autorisés, les Pays-Bas doivent aujourd’hui rectifier le tir. La mesure phare de ce dispositif, comprenant plusieurs volets, concerne les sanctions pécuniaires guettant les exploitants ayant grossi leur cheptel depuis 2015. Ceux qui ne le réduiront pas percevront 90 % de moins du prix garanti du lait pour chaque vache surnuméraire. En revanche, une prime annuelle de 1 200 euros sera accordée pour chaque tête de bétail supprimée. De son côté, FrieslandCampina a prévu de réduire de 90 % le prix garanti du lait sur les volumes produits excédant un plafond déterminé par avance avec les exploitants. Temporaire, la mesure prendra fin en mars 2017.

Un quota de lisier

Outre ce plan d’urgence destiné à respecter les normes européennes dès cette année, le nouveau système de quotas de lisier entrera en vigueur en 2018, soit un an plus tard que prévu. Des limites de production de lisier vont être fixées pour chaque exploitation en fonction de la taille du cheptel rapportée à la superficie des terres. Les élevages trop intensifs seront contraints de réduire leur troupeau.

Ce dispositif à tiroirs vise à contrer la menace de la Commission européenne de suspendre la dérogation dont bénéficient les Pays-Bas leur permettant de produire davantage de lisier. Du fait de particularités géologiques, les sols néerlandais absorbent davantage de phosphates qu’ailleurs, d’où un relèvement des seuils autorisé par Bruxelles. Cette particularité permet aux Néerlandais d’augmenter leur production laitière. Si cette exception disparaissait, les revenus des éleveurs laitiers fondraient d’un tiers.

(1) 70 % de la production laitière aux Pays-Bas, avec 14 000 exploitations affiliées.