Le diagnostic est sans appel. « Les fonctionnaires du ministère de l’Agro-industrie ont fait un mauvais diagnostic et leur réponse a été complètement inadaptée », pointe la Confédération des associations rurales de Buenos Aires et La Pampa (Carbap) dans un communiqué publié mi-décembre.

Avec une baisse cumulée des prix d’environ 30 %, portant le litre de lait à 2,5 pesos argentin (0,15 euro), l’année 2016 avait déjà mal commencé pour les éleveurs laitiers. Dans la foulée, la libéralisation du marché des changes en début d’année, qui a provoqué une dévaluation de 40 % du peso argentin, a fait bondir les coûts de production.

Ce fut ensuite le tour de l’ouverture des exportations, qui a fait monter les prix du maïs de 150 % sur le marché intérieur. Enfin, pour ne rien arranger, les principales régions productrices de lait ont subi de graves inondations, à deux reprises, en avril et décembre 2016. Résultat : déjà mal en point, les éleveurs sont désormais à genoux.

Soins palliatifs

La mise en place de fonds d’aides, tout comme la création d’un Observatoire de la filière laitière n’ont pas suffi à sortir le secteur de l’ornière. « Ce sont des soins palliatifs qui reviennent à donner une aspirine à un malade qui a besoin, au minimum, d’une salle de soins intensifs, se lamente la Carbap. Les producteurs qui ont survécu continuent de percevoir un prix qui ne permet pas de couvrir leurs coûts. »

Étouffés, les petits éleveurs ont eu recours à l’endettement, subissant de plein fouet la hausse des taux d’intérêt impulsée par la Banque centrale d’Argentine pour contrer l’inflation. « Le processus de destruction du cheptel laitier national, de disparition d’élevages et de concentration progressive de l’activité s’accentue », constate la Confédération d’éleveurs.

Au ministère, le surplus de lait en poudre, les prix internationaux et les dégâts provoqués par les inondations, ont tour à tour été invoqués pour justifier une situation de plus en plus critique. Mais « on voit aussi que la brèche se réduit entre ce qui a été produit en 2016 par rapport à 2015. Passé les premiers mois de 2017, on sera en mesure de dépasser la production de 2016 », assure Alejandro Sammartino, sous-secrétaire en charge de la filière.