Avec un chapitre agriculture de huit pages, les écologistes sont ceux qui accordent le plus de place à la thématique dans leur programme, parmi les partis principaux en lice aux législatives. Ils capitalisent sur les expériences réalisées au fil de la dernière décennie à la tête de ministères régionaux chargés des questions agricoles.

Leur orientation pour une agriculture plus respectueuse de l’environnement et des ressources donne le ton au sein de la classe politique. Toutes les formations s’inscrivent dans la réorientation de la Pac et son abandon progressif des aides directes vers une rémunération du service écologique.

Bien-être animal, un enjeu majeur

Sans aller, comme les Verts, jusqu’à viser 30 % de surfaces bio en 2030 ou une baisse de la TVA sur les produits alternatifs à la viande ou au lait, le camp conservateur (CDU/CSU) d’Angela Merkel, tenant traditionnel d’une agriculture « productiviste », a effectué partiellement sa mue.

Ses cinq pages de propositions sont dans la lignée de la « stratégie terres arables 2035 », publiée fin août par la ministre chrétienne-démocrate, Julia Klöckner. Si le propos est assez vague, l’accent est mis sur l’accompagnement de la transition vers une agriculture plus verte.

Le bien-être animal fait l’objet de multiples propositions. Il y a consensus sur l’introduction d’un label européen dédié sur les emballages, pour orienter les consommateurs. L’unanimité entre les quatre partis potentiellement appelés à gouverner, avec le jeu des différentes coalitions possibles, rend probable le soutien de Berlin à toute initiative européenne sur le sujet. Le focus commun n’empêche pas de retrouver des approches propres à chaque famille politique.

Régulation du foncier

Concernant les conditions d’élevage, la CDU/CSU veut adopter des mesures d’incitation pour la construction de bâtiments plus modernes, assorties d’une garantie d’utilisation de quinze ans, indépendamment de l’évolution des normes.

Les sociaux-démocrates (SPD) et les Verts prônent, eux, une limitation du nombre de bêtes selon la surface. Pareil sur la limitation des transports d’animaux (8 h pour le SPD, 4 h pour les Verts, critères plus vagues chez la CDU/CSU).

Pour les conservateurs, le prolongement de cette approche passe par une protection des standards européens dans les accords commerciaux signés par Bruxelles.

La gauche met aussi l’accent sur le prix du foncier. Il est question de réguler les transactions pour écarter les investisseurs étrangers au secteur, coresponsables d’une folle croissance des prix. Les écologistes veulent obliger l’État fédéral à ne plus vendre ses terrains au plus offrant, mais à des acteurs agricoles­ locaux.

De son côté, la droite préconise une hausse des aides aux jeunes agriculteurs et un réexamen du statut protecteur du loup, en raison de la recrudescence d’attaques de troupeaux.

Luc André