La faillite du courtier berlinois BMG a cueilli à froid, début mars, des centaines d’éleveurs laitiers. L’entreprise centenaire achetait environ 3 % de la production nationale. En plus de la perte du produit de la vente des livraisons de février, les exploitants se sont retrouvés au pied du mur pour placer ailleurs, dans l’urgence, leur production.

L’appel à l’aide, lancé par les syndicats agricoles, a été entendu par la nouvelle ministre fédérale de l’Agriculture, Julia Klöckner. Les éleveurs concernés peuvent, en cas de problème de trésorerie, contracter un prêt garanti par l’État. Le gouvernement a également invité les autres laiteries à reprendre les volumes en souffrance.

60 M€ de pertes

La filière s’est mobilisée, mais les prix sont inférieurs à ceux du marché spot, car les exploitants doivent payer eux-mêmes le transport jusqu’à l’acheteur. Le syndicat BDM, qui réclame désormais des mesures structurelles pour le marché du lait en Europe, chiffre à 60 M€ les pertes des éleveurs. Si BMG ne trouve pas de repreneur, les éleveurs perdront un des rares acteurs alternatifs du secteur. Les exploitants affiliés aux laiteries traditionnelles sont obligés, par des contrats rigides, de livrer leur lait, même si le prix ne couvre pas leurs coûts de production.

Installé dans le nord-est du pays, Hans-Jürgen Paulsen, responsable du syndicat Bauernbund et fournisseur de BMG, met en cause la responsabilité de l’Union européenne, qui déstocke à bas prix, depuis décembre, du lait en poudre dans un marché déjà tendu. « Dans ces conditions, un courtier honnête n’a aucune chance », regrette-t-il…

De notre correspondant, Luc André