La question à se poser est : quelle est la nature de mon bail ? Est-ce un bail de neuf ans ou suis-je dans le cadre d’une location de petite parcelle ? La distinction est importante car le statut du fermage est moins protecteur du fermier dans le second cas, notamment en matière de durée de bail. Vous devez vous référer au contrat signé entre les parties.

Si le bail est de neuf ans, il ne peut pas être résilié comme bon vous semble en cours de bail. Il faut un juste motif (défaut de paiement des fermages, agissements du fermier de nature à compromettre la bonne exploitation du fonds, changement de destination agricole du bien loué…). La vente n’en fait pas partie, d’autant que, dans ce cas, le fermier bénéficie d’un droit de préemption. À la fin du bail, il se renouvelle automatiquement par tacite reconduction pour neuf ans. Le propriétaire peut s’opposer au renouvellement du contrat mais, là encore, cette disposition n’est permise que dans un cadre strict (fermier âgé…). L’une des solutions pour un bail de neuf ans est d’obtenir un accord amiable du locataire, mais il ne peut pas lui être imposé.

S’il s’agit d’un bail de petite parcelle, il sera plus simple de récupérer celle-ci. Ce type de bail n’est pas soumis au statut du fermage quant à son prix, sa durée, son renouvellement et son droit de préemption (lire p. 68). La durée du bail écrit est fixée librement, la durée du bail verbal étant celle nécessaire pour que le preneur en recueille les fruits (article 1774 du code civil). Autrement dit, le bail de petite parcelle, conclu verbalement ou sans indication de durée, est censé être établi pour la durée nécessaire à la récolte, en principe une année culturale. En revanche, le congé est nécessaire même en cas de bail verbal. Selon l’article L.411-52 du code rural (qui renvoi à l’article 1775 du code civil), il doit être donné six mois avant le terme. Le bail écrit, quant à lui, cesse de plein droit à l’expiration du terme fixé sans qu’il soit nécessaire de donner congé.

En cas de litige, c’est le tribunal paritaire des baux ruraux qui est compétent.