Quel bilan après une première campagne incluant la variété Ramdam ?  

Le bilan est bon. Sans l’épisode de canicule, qui nous a valu un échaudage, il aurait été excellent. Malgré ce handicap, nous avons récolté 57 q/ha sur 10 hectares semés en Ramdam (350 grains/m²) et 55 q/ha sur 5 hectares moins propices à la culture, semés avec une autre variété. Ramdam s’est révélé plus précoce à l’épiaison, plus résistant aux maladies et plus résistant à la verse. Le battage n’a posé aucun problème, bien que ma moissonneuse ne soit pas des plus performantes. Enfin, nous avons récolté 6 tonnes de paille à l’hectare pour les deux variétés. Ramdam n’était pas très haut mais sa densité importante.

Est-ce une culture exigeante ?  

Nous sommes en zone de montagne, sur des terres plutôt pauvres. Nous accompagnons donc la plante, mais les charges restent raisonnables. Nous avons réalisé un apport d’engrais de fond, avec de la chaux (600 kg/ha), et un apport précoce d’engrais azoté et soufré (300 kg/ha à 26   d’azote) en février. Puis nous avons ajouté, en deux passages, 90 unités d’ammonitrate. Un herbicide en prélevée et un unique fongicide complètent la stratégie. Pour notre région, Ramdam était un bon compromis entre rusticité et potentiel de récolte. Stratégiquement, c’est une espèce irremplaçable pour nous, autant pour la litière que le fourrage et l’alimentation en grains.

© P. Pélissier

Nous valorisons sur l’exploitation tout le potentiel du triticale, de l’épi à la tige.

Comment se positionne le triticale en termes de charges d’exploitation ?

Grâce à lui, nous achetons moins d’aliment. Notre capacité de stockage en silos nous permet de conserver le grain à part, avant de l’aplatir. Mélangé à 50 % de complément (correcteur azoté), il est donné aux broutards à partir de trois mois, aux bêtes à l’engraissement et aux génisses de deux ans, pour leur croissance. Utilisée comme fourrage, la paille du triticale me permet aussi d’améliorer l’engraissement des vaches de réforme. 5 kg par jour améliorent la rumination et assurent une meilleure régularité de l’engraissement, quand les lots de foin sont par définition hétérogènes.

L’utilisation pour la litière compte-t-elle aussi ?

C’est décisif. En litière accumulée, il nous faudrait 35 ha de triticale pour être autosuffisant. Mais une récolte de 6 t/ha de paille est déjà bien supérieure à celle du blé et réduit nos achats. La quantité est au rendez-vous, mais aussi la qualité. J’ai observé que la paille du triticale fait un meilleur paillage. Son pouvoir absorbant est supérieur à la paille de blé (un peu comme l’orge qui n’est pas adapté à nos régions). Cela vaut bien un asséchant de litière !

Agri-Obtentions

 

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