Et si vous leviez un peu le pied, à quelques années de la retraite ? Déléguer ses travaux culturaux permet une transition en douceur sans ne rien lâcher : on reste décisionnaire, on maîtrise ses choix, mais on se dégage un peu de temps, on ne s’encombre plus des tâches les moins intéressantes. Une formule particulièrement intéressante en attendant de trouver un repreneur.

Cette sous-traitance des tâches peut concerner notamment les travaux de préparation du sol, des semis, traitements phytos, épandages ou, plus fréquent encore, les chantiers de récolte.

Pour l’agriculteur, ce n’est pas seulement une façon de réduire son volume de travail. À quelques années du départ, c’est aussi un moyen de réduire ses investissements dans de l’agroéquipement. La sous-traitance permet en effet de préserver sa trésorerie de l’achat de matériel et des coûts associés, tout en réalisant des économies sur différents postes comme le carburant, l’entretien ou les amortissements.

Déléguer les travaux culturaux, c’est aussi s’assurer un haut niveau de technicité. L’entreprise de travaux agricoles (ETA) dispose en général de matériel très performant qui le plus souvent n’est pas à la portée de l’exploitant. Ce matériel de précision permet de faire des économies d’intrants : semences ou produits phytos. Et puis certaines machines sont devenues de plus en plus techniques, pas toujours simples à utiliser. C’est ce que constate Christian Savary, expert en agroéquipement à la chambre d’agriculture de Normandie. « Une tonne à lisier avec pendillard, c’est assez technique, c’est assez encombrant, le gros avantage de la délégation c’est que l’on a un vrai spécialiste qui connaît son matériel, observe le technicien. Et en termes de débit de chantier, c’est beaucoup plus performant ».

Un seul interlocuteur

On peut pousser la logique jusqu’au travail à façon. L’entreprise Linkinfarm propose une solution complète : travaux agricoles, coordination, gestion des intrants et récolte, stratégie culturale, et même suivi administratif. L’agriculteur n’a donc plus qu’un seul interlocuteur, ce qui simplifie l’organisation, surtout lorsque l’on fait appel à plusieurs ETA. Le chef de culture salarié de la start-up coordonne les travaux, assure les tours de plaine réguliers, vérifie que les cultures soient conduites de manière optimale. « Il veille à ce que les travaux soient réalisés au bon moment avec la machine la plus adaptée aux conditions du jour, résume Philippe Fournier, fondateur de Linkinfarm. C’est lui qui passe les commandes d’intrants et organise les chantiers, en faisant appel à l’un des quelque 800 prestataires de travaux agricoles partenaires. L’agriculteur peut de son côté suivre l’ensemble des travaux réalisés et les comptes rendus de tours de plaine sur une interface web. Il peut aussi y retrouver tous ses budgets, prévisionnel et réel.

« On s’adapte à l’agriculteur »

Pour nous, l’objectif c’est que la conduite des terres soit maitrisée et rentable ». L’agriculteur, qui connaît ses sols mieux que quiconque, reste néanmoins le patron. Chaque année, l’assolement idéal est convenu avec le chef de culture qui estime la rentabilité. Tout cela est un peu à la carte en réalité : « On peut travailler avec l’agriculteur dans les itinéraires culturaux, et s’il aime bien labourer par exemple, il peut conserver cette partie du travail, indique Philippe Fournier. On est en capacité de tout faire nous-mêmes, mais on s’adapte ».

L’agriculteur reçoit périodiquement des appels de fonds sur la plateforme de Linkinfarm pour payer les chantiers réalisés par les ETA et les achats d’intrants. La start-up facture sa prestation 100€/ha pour les céréales ou oléo-protéagineux, et jusqu’à 250 € pour des cultures spécifiques à plus forte valeur ajoutée.

Contrats de trois ans

Le contrat type de travail à façon est signé pour une durée de trois ans avec tacite reconduction, mais peut être arrêté chaque année en cas de besoin, s’il est dénoncé avant la date anniversaire.

La délégation des travaux devrait progresser significativement dans les années à venir. La tendance est déjà à l’œuvre : Le nombre d’exploitations cultivées « à façon » a augmenté de 53 % ce six dernières années. Par ailleurs, un agriculteur sur trois partira à la retraite dans les trois années à venir, et même un sur deux d’ici 2030. Face aux difficultés à trouver un repreneur, l’externalisation des travaux de cultures est une tendance qui pourrait bien s’imposer massivement.

Publi-rédactionnel rédigé par LINKINFARM