Le pois d’hiver a longtemps pâti d’une trop grande fragilité, et donc de mauvais rendements. Comparé au traditionnel pois de printemps, qui a bénéficié d’un effort de sélection plus précoce, il a cumulé un temps les handicaps rédhibitoires : mauvaise résistance au froid, sensibilité à la verse et aux maladies… Mais l’effort de sélection engagé il y a une vingtaine d’années porte ses fruits. Les progrès génétiques changent la donne et permettent d’envisager une culture du pois d’hiver prometteuse en termes de rendement et plus économe au niveau de la ressource hydrique.

La grande variabilité génétique du pois d’hiver, mondialement répandu, offre la possibilité de croiser de nombreuses lignées aux caractères très spécifiques.

Un rendement de qualité

Engagé au début des années 2000, le progrès du rendement en pois d’hiver se traduit aujourd’hui par un gain de près de 12 q/ha en moyenne. La sélection a permis d’obtenir des gousses plus généreuses pour un rendement en grains amélioré. La qualité n’est pas en reste, avec un PMG en progrès et une teneur en protéines stable. « Ces avancées ont ouvert l’accès à de nouveaux débouchés, tels que l’amidonnerie, longtemps réservée au pois de printemps », constate Matthieu Floriot, sélectionneur protéagineux chez Agri-Obtentions.

Le gel et la verse

La sélection s’est attachée également à maîtriser les facteurs influençant la régularité du rendement. Les variétés sont moins sensibles au froid et au gel, et restent exemptes de dommages, véritables portes d’entrée aux maladies aériennes (ascochytose et bactériose). Les plants sont d’autant plus vigoureux en sortie d’hiver et leurs ramifications plus nombreuses expliquent en partie le gain moyen de 12 q/ha évoqué plus haut.

La verse reste le handicap majeur de cette plante liane. « Entre 2004 et 2018, la résistance à la verse s’est considérablement améliorée et la hauteur à la récolte des pois d’hiver a gagné 20 à 30 cm », avance Matthieu Floriot. Les effets positifs de cette résistance à la verse sont nombreux : la propagation de l’anthracnose est réduite et une meilleure photosynthèse assure le transfert de l’azote des feuilles vers les graines. En fin de cycle, la résistance à la verse réduit la perte des grains entrés en contact avec le sol, mais aussi l’usure des machines et les risques de casse.

Le progrès ne dispense pas des bonnes pratiques

La bonne conduite de la culture assure de profiter pleinement des progrès génétiques dont bénéficie le pois d’hiver. Trois règles d’or s’imposent :

  • Le semis doit être réalisé à bonne profondeur (risque de gel pour les graines en surface).
  • La densité de semis doit être mesurée, pour permettre vraiment de la résistance à la verse. Les nouvelles variétés, comme Fresnel et Furious, valorisent un meilleur potentiel avec des densités moindres.
  • En conventionnel, la protection de la tige doit être suffisamment précoce, pour atteindre le pied de la plante.

Agri-Obtentions

 

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