Un adage se vérifie souvent en agriculture : le premier euro gagné est celui qui n’est pas dépensé. Ainsi, les cultures associées qui visent la production de fourrage augmentent l’autonomie protéique des élevages. C’est un constat fort et une réalité économique, de nature à réduire les charges de l’exploitation. Les associations fourragères, appelées méteils (par exemple pois fourrager/triticale), permettent de diversifier l’alimentation du troupeau et de sécuriser l’approvisionnement, tout en équilibrant la valeur du fourrage : plus d’azote (MAT avec une récolte précoce) ou plus de matière sèche (MS en récolte tardive).

Une interculture qui se pâture

Une pratique d’autant plus avantageuse que le prix des semences associées est inférieur à celui des semences de maïs, par exemple, et que le méteil peut se contenter d’une conduite simplifiée : zéro azote et zéro phyto. Il est, en outre, propice, en cas de récolte précoce, à une culture en dérobé de maïs. Une manière de maximiser le potentiel d’aliments produits sur une parcelle, tout en minimisant le recours aux compléments azotés.

Dans cette même logique, en faveur de l’autonomie alimentaire, il faut noter que, contrairement à une simple moutarde, une interculture constituée d’espèces fourragères associées peut être ensilée ou pâturée.

En bio, la culture du blé en association peut faire la différence et apporter le pourcent de protéines qui le rend panifiable.

Objectif grain : du rendement et de la protéine

Quand l’objectif est le grain, oui, l’association est productive. La pratique dit que le rendement pondéré de chaque espèce associée est supérieur à son rendement de référence en monoculture. « La force de la complémentarité entre espèces d’une part et les qualités variétales d’autre part, les deux combinés permettent aussi de lisser les effets indésirables des aléas climatiques. Rien de tel pour sécuriser un système, surtout en bio ! », confirme Matthieu Floriot, sélectionneur dans les Yvelines (78). Ainsi, le rendement du pois peut être garanti par l’effet tuteur d’une céréale à paille et le défaut d’azote de celle-ci compensé par la présence de la légumineuse. « Le grain de céréale peut ainsi gagner 1 à 1,5 % de protéines ! Un gain parfois suffisant, dans le cas d’une association pois d’hiver/blé d’hiver pour rendre le blé panifiable », argue Matthieu Floriot.

L’avantage économique est ici avéré, même en comptant le surcoût lié à l’opération de tri à la récolte. S’il faut s’assurer de la proximité d’un silo équipé, force est de constater que les organismes collecteurs sont de plus en plus nombreux à s’équiper, jusqu’à choisir parfois le trieur optique.

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