Au moment de choisir ses variétés et de définir son itinéraire de culture, celui qui fait le choix de l’association ajustera les variables traditionnelles et réalisera l’implantation selon des règles bien spécifiques. Il faut établir ici ces grands principes, décisifs pour réussir, dans le cas d’une association d’une céréale avec une légumineuse.

  • Conditions pédoclimatiques : la disponibilité de la réserve hydrique (facteur limitant pour les légumineuses) et celle des reliquats azotés (facteur limitant pour les céréales à paille) doivent être jaugées. On peut ainsi ajuster les curseurs au niveau de la dose de semis, ou prévoir dans l’itinéraire technique l’apport qui s’impose (eau, azote).

  • Compatibilité entre espèces : la croissance en végétation doit impérativement être anticipée. Trois familles se dessinent, de la moins touffue à la plus fournie en biomasse :

- Orge d’hiver / pois d’hiver classique / blés tendres classiques ;

- Nouveaux blés bio / nouveaux pois d’hiver ;

- Triticale / pois fourragers / féverole.

On pourra mélanger les individus en adaptant les populations au semis pour éviter l’étouffement. Mais les mariages entre extrêmes (familles 1 et 3) sont déconseillés à moins de savamment jouer avec les densités. À chacun de trouver sa recette.

  • Dates de récolte : veiller au mieux à la synchronisation des dates de maturité.

  • Profondeur de semis : c’est la principale difficulté technique. Les matériels à double trémie se développent. En attendant, deux graines de tailles très différentes compliquent autant le semis qu’elles faciliteront le tri postrécolte. Il faut définir habilement un compromis pour la profondeur (pois + céréale à 3-4 cm), ou bien maîtriser la technique du sursemis (féverole à 5 cm), une option que peu osent.

  • Le semis d’une interculture d’été en association, qui inclut une légumineuse telle que la féverole, est facilité par l’absence de risque de gel. Les graines en mélanges peuvent toutes être semées en un passage, à faible profondeur.

Agri-Obtentions

 

Plus sur le dossier « Les cultures fourragères dans l’air du temps » :